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Dossier : La saison 2020-2021 du SM Caen en Ligue 2

SM Caen - Pascal Dupraz : "Prenez les décisions, il n'y a rien de pire que d'être dans le flou"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Cotentin

Pascal Dupraz a fait un point avec la presse ce vendredi à la veille du premier match de préparation face au Paris FC. L'entraîneur du SM Caen n'a éludé aucun sujet : préparation, mercato ou encore les incertitudes liées aux discussions en interne sur l'avenir du club.

Pascal Dupraz à la sortie de la séance d'entraînement.
Pascal Dupraz à la sortie de la séance d'entraînement. © Radio France - Olivier Duc

Pascal Dupraz, votre équipe a suivi une journée de cohésion ce jeudi 9 juillet dans une ferme.

Pascal Dupraz : C'était très bien. On a été bien accueilli. Ce sont des journées conviviales. Les joueurs sont contents. Quand on vient d'un milieu rural, on ne se pose pas la question de la découverte mais beaucoup de joueurs sont des citadins. Pour certains, c'était la première fois qu'ils voyaient une vache ou un veau de près.

On a joint l'utile à l'agréable. Ils ont passé du temps ensemble. Ils ont entendu certains discours très éloignés de ceux d'un footballeurs professionnel. Les deux exploitants de la ferme se lèvent à 05h30 du matin et n'ont qu'une semaine de vacances par an. Les vaches sont à traire deux fois par jour et il n'y a pas de week-end. Et si tu fais grève, tu fais grève contre toi.

Est-ce que cela vous donne des indications sur les joueurs?

Oui, au travers des épreuves personne n'a lâché. Tout le monde a été investi. On sent aussi que le club est apprécié bien au delà du pourtour de la ville. Ce sont des journées apaisantes.

Cette préparation vous permet de voir tout le monde. Est-ce que des jeunes ou des moins jeunes vous surprennent dans le bon sens?

Oui. Je ne vais pas vous en dire d'avantage parce que je ne leur ai pas signifié ma surprise. Je suis là pour ça aussi. Je ne fais rien d'exceptionnel. Mon objectif est de tirer la quintessence de l'effectif que nous avons puisqu'on va sans doute aller vers un deuxième mercato sans recrue.  Je ne crois que ce que je vois. Or je vois la même chose qu'il y a quelques temps. Je le dis sans amertume.

Je voudrais revenir au cœur de ma mission : mon objectif quand je suis arriver c'était de contribuer au redressement du Stade Malherbe qui était en difficulté. je crois que nous l'avons redressé sur la séquence que nous avons coaché. Et puis il faut retrouver l'élite. C'était sans compter sur les problèmes qui cette fois-ci ne sont pas inhérents au terrain.

C'est un très beau club. Nous sommes trois à être venus vous rejoindre - quatre avec notre diététicien qui n'est pas là assez souvent - et on s'est pris d'amour pour le club. Et ce que nous voulons c'est lui faire du bien. Il faut que tout le monde lui fasse du bien. Et il y a beaucoup de monde qui veut lui faire du bien mais il y a encore des personnes qui sans le faire exprès lui font du mal. Il faut peut-être arrêter de lui faire du mal aussi.

Notre mission, c'est d'obtenir des résultats et on les obtiendra avec l'effectif dont on dispose. Maintenant c'est un peu trop tôt pour les cibler mais je vous montrerai les 27 joueurs du groupe A. Vous vous rendrez compte qu'il y a seize joueurs qui n'ont pas ne serait-ce que quelques matchs en Pro. Cet effectif est jeune mais on est là pour faire progresser tout le monde.

Vous aviez dit avoir besoin de six renforts?

Si je ne les ai pas et bien faute de grives on mange des merles. Il y a plein de choses que j'ai voulu dans ma vie que je n'ai pas pu obtenir. Il faut revoir ses ambitions personnelles ou ses souhaits à la baisse. C'est comme ça.

Je sais une chose. On a fini six ou septième sur le gap qu'on a coaché. Ce n'est pas dit qu'on le refera. Malgré tout, on a constaté des manques. Je ne suis pas le seul à l'avoir constaté. Il n'y a pas besoin d'être un expert du foot pour s’apercevoir qu'il y a un déséquilibre dans l'effectif qui est dû aux besoins et aux attentes du coach précédent et qui ne sont pas différentes des miennes en fait.

Qui nous dit qu'on ne fera pas aussi bien et qui nous dit qu'on ne peut pas faire mieux? Ce qui est sûr et ce n'est pas pour me déplaire, s'il faut s'appuyer sur les jeunes on s'appuiera sur nos jeunes bien encadrés par les joueurs confirmés. Cela peut aussi donner lieu à de belles surprises aussi.

Vous dites vous attendre à un mercato sans recrue. Il est d'autant plus important dans ce cadre-là de conserver un maximum de joueurs?

Je pense que dans un deuxième temps on en perdra. C'est mon point de vue. Je suis clair avec les joueurs. Je suis prêt à redistribuer toutes les cartes à condition que personne n'altère le bon ordonnancement du groupe. Il n'y a pas de joueurs suffisamment fort ici pour bousculer à tel point la hiérarchie qu'on fasse fi de vertus de groupe. Celui qui n'est pas dans le clous ne peut pas jouer avec moi. Il ne peut pas exister.

Pour revenir à votre questions, certains des garçons ont peut-être envie de quitter le club mais ils ne le manifestent pas en tout cas en direct quand je les vois. Ils ont tous envie de faire le maximum. Ont-ils un double discours? Je n'en sais rien. Je m'en tiens à ce qu'on me dit. J'ai foi aux hommes.

Quelle a été votre réaction quand vous avez appris que la masse salariale du club allait être encadrée?

Navré. Je suis navré mais je me suis levé avec un enthousiasme débordant dès le lendemain. Cela me navre mais je peux vous dire une chose. Mon interlocuteur, c'est mon président. J'ai une grande confiance en Fabrice Clément. Il s'emploie, se démultiplie et fait un sacré boulot. C'est ce que je vois de mon petit terrain.

On vous connaît à travers votre carrière comme un coach de projet. Ce ne doit pas être évident de ne pas y voir clair?

Oui mais il y a pire. Il faut arrêter de lui faire mal. Les gens ne se rendent pas compte à quel point ils lui font mal. Encore quand c'est l'environnement extérieur qui fait mal mais c'est à l'intérieur pour des raisons que je ne peux pas évoquer. Je ne connais pas le fond du problème.

Il y a quelques temps de cela, je disais au président alors qu'on apprenait qu'on devait interrompre la saison, que quelques équipes allaient très bien négocier le virage du coronavirus. C'est anticiper, prendre de l'avance. A un moment on n'a pas anticipé mais maintenant on prend du retard.

C'est le constat que je fais mais sans amertumes et c'est l'implacable réalité. Et c'est de l’intérieur que l'on se fait subir ce retard. Vous pouvez me dire : "le foot va changer, les clubs vont moins recruter". Aujourd'hui, en Ligue 2, on recrute.

Je suis tout sauf pessimiste. Je suis extrêmement réaliste. J'ai de quoi travailler mais pas aujourd'hui dans le projet qu'on m'avait cité. Aujourd'hui je fais de la post-formation. Je vais continuer à le faire et je vais peut-être le faire d'avantage que je ne l'ai jamais fait. Mais ce n'était pas le projet du départ.

Est-ce que cette perspective vous contente?

Que voulez-vous que je fasse? Je ne vais pas pénaliser mon club d'avantage qu'il se pénalise. Si je considère qu'on se fait quelque fois un peu de mal de l'intérieur, c'est comme ça. C'est ma vision des choses. Par cette temporisation, ces temps de latences qui ne peuvent pas exister dans notre milieu. Les saisons se réussissent essentiellement au travers d'un mercato.

Quand vous prenez du retard et là on vient de s'en prendre un puisqu'on vient de se voir signifier que la masse salariale est encadrée. C'est une double sanction. Elle est trop élevée par rapport à ce qu'on nous a présenté puisqu'il faut dégraisser. C'est ce que l'on me dit. Mais une fois qu'on aura dégraissé il faudra dégraisser encore plus pour pouvoir recruter.

Un projet  de changement dans l'actionnariat pourrait aboutir prochainement. Est ce que vos espoirs peuvent résider là-dedans?

Non puisque je ne peux pas me prononcer. Je ne connais pas les tenants et les aboutissants. Je vous parle comme le coach principal du SM Caen engagé dans un championnat de Ligue 2 compétitif. Beaucoup de clubs ont suivi les affres de la relégation. Comptez le nombre de clubs qui ont joué en Ligue 1 avec des coachs de renom. C'est ultra compétitif. Nous en ce moment, on s'auto-mutile. C'est le constat que je fais mais très calmement. Je ne fais que le dire parce que je le constate. Simplement pour dire que je le vois quand même. Je vois clair. ce n'est pas pour ouvrir le parapluie.

Vous faites référence à cette transition qui prend trop de temps à vos yeux en haut du club?

Je ne sais pas. Quand on compare le foot au monde des affaires, ce n'est pas la même chose. Le foot et la manière de le diriger, c'est comme le terrain. Notre objectif c'est de maîtriser l'espace-temps sur le terrain. Gagner du temps pour réaliser techniquement. L'idéal aurait été de disposer de tout son effectif dès les premiers jours de la reprise. Et ça, ça fait des années que cela n'existe plus. Ça, on l'admet mais plus on va se rapprocher du premier match de championnat et plus on pourra considérer qu'on n'a pas bénéficié de l'avantage de cette longue plage sans football.

Si tout le monde ne recrutait pas cela irait mais vous voyez la concurrence se renforcer un peu?

Oui mais sans que cela m'affole pour autant. Le coronavirus ne va pas avoir un gros impact sur le football. Il va reprendre son cours. Il y a ceux qui vont rester à la traîne et ceux qui vont avancer.

Je n'ai pas envie de faire du mal au club. C'est un beau club. Je le trouve magnifique. J'ai juste envie de dire alors que j'en suis l'entraîneur qu'il ne faut pas le matraquer de l'intérieur. Arrêtez. C'est un magnifique club. Il faut en prendre soin. J'ai connu un club de la quatrième ville de France. Dans beaucoup de domaine, le Stade Malherbe Caen ne souffre pas de la comparaison.

Je peux vous donner un autre exemple. A Evian Thonon Gaillard, on s'est battu. je faisais parti des types qui se battaient. Résultat des courses, le club est en N3 aujourd'hui.

C'est une déclaration d'amour dans la difficulté?

Une histoire d'amour n'est jamais simple. En général elles finissent mal aussi. Ça, c'est la chanson. Je n'ai pas envie que cela se finisse mal. On a une feuille de route. Elle est modifiée, quoiqu'on me dise par rapport à celle qui m'avait été présentée au mois d'octobre. Je le dis sans méchanceté aucune. Encore une fois le président Fabrice Clément se démène. C'est un sacré baptême du feu pour lui.

Je peux appeler à la raison. J'en appelle à la raison et je dis dépêchez-vous. Prenez-les décisions. Il n'y a rien de pire que d'être dans le flou. Et ensuite voyons ce qui se passe. Prenez-en soin, ce club est vraiment sympa.

Côté sportif, quel groupe prendrez-vous pour jouer contre le Paris FC?

Je vais prendre 22 joueurs. Je vais en faire jouer 20 sûr, peut-être 22. On va donner 45 minutes par joueur pour que cela ait un peu de sens quitte à changer les effectifs entre les deux matchs.

Est-ce que Yacine Bammou peut rentrer dans votre préparation?

Oui bien sûr. je suis tout à fait clair : disposé psychologiquement de telle sorte à ne pas altérer la bonne marche du groupe. C'est valable pour Yacine et chacun d'entre eux. Le deal c'est qu'il se prépare et une fois qu'il a comblé son retard de préparation s'il est compétitif il sera logé à la même enseigne que ces coéquipiers.

Je n'ai pas d'état d'âme. Aujourd'hui, je n'ai pas de recrue. Je ne vais pas faire le bourgeois quand même. Je regarde partout. Toutes les bonnes attitudes seront encouragées. Cela peut donner naissance à un groupe encore plus soudé qu'il ne l'a jamais été.

Personne aujourd'hui ne peut dire si ce groupe-là, jeune, qui n'est pas celui espéré, ne va pas donner des sueurs froides à ces 19 adversaires.

Quelles sont vos attentes sur ce premier match?

Courir avec de l'adversité, mettre en place notre volonté d'être très présent à la récupération. sur ce match-là, il faut qu'on sorte avec la possession. Les matchs amicaux, on peut tous les perdre et être champion. On peut tous les gagner et descendre.

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