Football

Soupçons de matches truqués : Caen Nîmes, le point après la première journée d'auditions

Par Jean-Pierre Blimo, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Cotentin lundi 16 mars 2015 à 22:16

affaire caen nîmes joie des nîmois
affaire caen nîmes joie des nîmois © Fabrice FOURES MaxPPP

L'affaire Caen Nîmes est entrée dans une nouvelle phase ce lundi à Paris avec les auditions des protagonistes de ce match sur lequel existe des présomptions de trucage. Elles se sont déroulées dans un hôtel parisien, avec notamment des dirigeants et des joueurs caennais. La commission de discipline continue ce mardi avec entre autres, le président caennais Jean-François Fortin.

Pratiquement quatre mois se sont écoulés depuis la révélation de l’affaire le 18 novembre dernier dans la presse nationale, et notamment celle des écoutes téléphoniques qui mettraient en évidence une communication entre les présidents nîmois et caennais, à savoir Jean-Marc Conrad Jean-François Fortin.

Après deux mois de travail de la part du commissaire enquêteur mandaté par la LFP, la commission de discipline de la Ligue professionnelle a auditionné des joueurs et des dirigeants de plusieurs clubs qui ont eu affaire de près ou de loin à l’Olympique Nîmois en fin de saison dernière. Visionnage, lecture de rapport d'arbitre semblaient aussi au programme.

Parmi les clubs, l'olympique de Nîmes et le Stade Malherbe de Caen sont les plus impliqués, après le match du 13 mai dernier où les deux équipes avaient trouvé le bonheur au terme d’un score de parité (1-1) qui a envoyé Caen en Ligue 1 et maintenu Nîmes en Ligue 2.

Joueurs et dirigeants peu bavards

Côté caennais, le directeur général Xavier Gravelaine, mais aussi le directeur sportif Alain Cavéglia, l’entraîneur Patrice Garande et plusieurs joueurs se sont retrouvés ce lundi devant la commission. Pilou Mokkedel, bras droit du président Fortin à l'époque était également présent. Joueurs comme dirigeants sont restés très discrets au terme de cette journée.

L’ancien capitaine caennais Jean-Jacques Pierre a tout de même indiqué hors micro que " les joueurs ont appris cette affaire dans la presse et n’avaient rien à voir avec ça " . De son côté, Xavier Gravelaine est passé devant les journalistes en précisant brièvement que l’audition s'était "bien passée" .

L'avocat de Molla Wagué, lui s’est exprimé devant les micros.

"Rien n'est démontré, les joueurs sont complètement en dehors du problème. Le rapporteur et la Ligue font un travail très difficile, ils ont vraiment cherché à savoir quelle était la vérité. Ce qui est reconnu par tout le monde, y compris par le délégué, c'est qu'à partir de la 70e minute, les deux équipes ont arrêté de jouer, mais cela n'a aucun rapport avec le fait qu'il y aurait eu un arrangement avant" , explique Jean-Yves Foucard.

L'avocat de Wagué, qui joue désormais pour le club italien de l'Udinese poursuit: "par rapport à l'ampleur qui a été donnée, l'affaire se dégonfle considérablement. Il est clair qu'aucun des joueurs caennais n'était au courant. La ligue va statuer sur le plan des violations à l'éthique et à la morale dans le domaine du football et dans les règlements de la Ligue. Il y en a peut être quelques uns, mais en tout cas pas du côté caennais". 

Affaire Caen - Nîmes: avocat de Molla Wague Jean-Yves Foucard

"Rien n'est démontré, les joueurs sont complètement en dehors de tout ça. Compte tenu de l'ampleur qui a été donnée, l'affaire se dégonfle considérablement." – Jean-Yves Foucard, l'avocat du joueur caennais Molla Wagué

Certains avocats des parties en présence ont d'ailleurs souligné qu'il était** difficile de parler à cette commission alors qu'une affaire judiciaire était en cours. Un argument volontairement avancé dans la mesure où il ne s'agit durant ces deux jours que du volet sportif de l'affaire des matches présumés truqués. Le volet judiciaire extra-sportif, est en effet dans les mains de la justice pénale, dont le temps d'action n'est pas le même que celui de la LFP.  

Jean-François Fortin attendu ce mardi

Le président caennais Jean-François Fortin, qui s’est mis "en retrait"  de ses fonctions présidentielles en novembre dernier est attendu dans la journée pour passer lui aussi devant la commission de discipline, qui a prévu au total deux jours d’audience. Muet depuis le dénbut de l'affaire hormis un communiqué officiel relayé par le club, il 'est pourtant exprimé brièvement ce week-end devant les caméras de France 3 et dans la presse régionale.

Son message est clair: "les griefs contre Fortin manquent à l'appel" a t'il glissé devant la caméra, en ajoutant *"la seule chose que j'ai demandé, c'est que ce match soit gagné par au moins 3-0" . Une manière de conjurer le sort dans la mesure ou le retard des nîmois lors du match qui aurait du avoir lieu le 14 mars et non le 13 mai 2014, avait provoqué le report du match, et aurait dû selon le président caennais déboucher sur un match "gagné sur tapis vert  sur la marque de 3-0"*  en ajoutant**"* * toutes les auditions le conufirment que si j'ai tenu un propos, c'est celui là". **  

La commission avait également convoqué les dirigeants des clubs de Brest Dijon ou Istres, qui auraient également été approchés par le club nîmois en avril et mai 2014. Les auditions se poursuivront donc jusqu'à ce mardi soir, peut être très tard. Une communication pourrait être divulguée dans la foulée par la LFP, à défaut le 23 mars prochain.

Jean-Pierre BLIMO avec Nicolas FILLON

Affaire Caen - Nîmes: papier Nicolas Fillon