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Téji Savanier (Montpellier Hérault) : "Les petits me regardent comme si j'étais Jésus"

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Par , France Bleu Hérault

Sa saison, son football, son parcours, son caractère, sa famille, son avenir, la sélection nationale ou encore ses tatouages et ses superstitions : le milieu de terrain de Montpellier se confie sur France Bleu Hérault. Téji Savanier à coeur ouvert au micro de Bertrand Queneutte et Geoffrey Dernis.

Téji Savanier est l'un des meilleurs milieux de terrain, en Ligue 1
Téji Savanier est l'un des meilleurs milieux de terrain, en Ligue 1 © Getty - Tim Clayton

Les jambes amochées par ses derniers duels livrés lors de la réception de Lorient en Ligue 1, Téji Savanier est arrivé détendu, en claquette à la sortie d'un entraînement, dans la vaste salle dédiée d'ordinaire aux conférences de presse. Ce jeudi 4 mars 2020, à dix jours du derby face à Nîmes, son ancien club, le sourire s'est rapidement dessinée sur ce visage aux yeux vert clairs, qui a tendance à fuir la lumière, les micros et les caméras, mais qui a accepté de se confier longuement sur France Bleu Hérault, pour 100% Paillade

ENTRETIEN : Téji Savanier avec Bertrand Queneutte et Geoffrey Dernis

Son retour à Montpellier

"Je n'avais pas la pression, au contraire, j'avais vite envie de commencer. Malheureusement, on connaît la suite, avec ma blessure en Angleterre, en amical. Mais je n'avais qu'une envie, c'était de commencer avec mon club (...) Aujourd'hui, je suis plus relâché qu'au début. La pression, je ne me la mets pas, ce sont juste des matchs de foot, faut les prendre avec du plaisir (...) Les chiffres (ndrl : à propos du montant de son transfert), c'est pas mon boulot. Moi, je suis venu pour jouer au foot, pour faire plaisir à tout le monde. Je suis un garçon... bon, pas qui aime faire la fête (rires), mais qui aime chambrer, faire des trucs comme ça. J'essaie de le retranscrire sur le terrain, j'espère que ça se voit et il faut continuer." 

Les chiffres, c'est pas mon boulot

Son modèle : Marco Verratti 

"Est-ce que je suis le meilleur aujourd'hui à mon poste en Ligue 1 ? Non, je ne pense pas. Verratti, c'est un grand joueur, un modèle. J'essaie de le copier dans tout ce qu'il fait sur le terrain. Il est meilleur que moi. Après, les journalistes font leur travail, mais je pense que c'est le meilleur milieu de terrain de Ligue 1."

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Arles-Avignon

"Quand je repense à Arles-Avignon, j'ai souffert. Il y avait 400 personnes au stade, du vent de fou. Mais je n'ai jamais baissé les bras. Je regardais la Ligue 1, et je me disais : pourquoi pas moi ? Pourquoi je ne jouerais pas dans ce championnat là ? Je suis parti à Nîmes, j'ai fait de très bonnes saisons. Et aujourd'hui, je suis là." 

Je suis l'homme le plus heureux

Son départ de Montpellier 

"On gagne la Gambardella, et l'année qui suit, il y en a dix ou onze qui signent pro. Nous, les joueurs nés en 1991, on savait qu'il n'y en avait que un ou deux qui allaient signer. Moi, ils ne m'ont rien proposé. Enfin si, un an amateur. Moi, je leur ai dit : ça fait dix ans que je suis au club. Si je vaux rien, tu me dis de dégager. Mais si je vaux quelque chose, tu me fais signer au moins un an en pro. À l'époque, ils n'ont pas voulu, c'est pour ça que je suis parti à Arles-Avignon, mais je ne regrette pas du tout mon choix. Je suis revenu ici, et je suis l'homme le plus heureux, pour l'instant." 

Les coups de pieds arrêtés

"Moi, je les ai beaucoup travaillés. À Arles-Avignon, je revenais l'après-midi avec un entraîneur et un gardien pour travailler les coups de pieds arrêtés, directs et indirects. Cela m'a servi et je continue de les travailler, il faut toujours s'améliorer, ne pas s'arrêter, et je pense que ça se voit aujourd'hui en championnat (...) Il faut répéter les mêmes gestes, essayer de la mettre toujours au même endroit (...) Je préfère faire marquer que de marquer moi-même."

Les bruits sur l'équipe de France ? Cela me fait plaisir, c'est un rêve, mais je n'y pense pas du tout. Il y a aussi l'Algérie, mais je n'y pense pas. Je me consacre à mon club

L'équipe de France et... l'Algérie 

"Cela me fait plaisir, mais après, il ne faut pas accélérer les choses. Il reste du chemin. C'est un rêve, mais je vous le dis, pour l'instant, je ne pense pas du tout à l'équipe de France. Aujourd'hui, je préfère faire des bons matchs avec mon club, puis on verra ce qu'il va se passer. Mais pour l'instant, je n'y pense pas du tout." 

"Je peux être aussi avec l'Algérie, parce que j'ai un grand-père qui est né an Algérie. Est-ce que j'y pense ? Franchement, non. Comme je l'ai dit, je me consacre à mon club, à essayer de tout donner. Après, on verra (...) Avec Andy, on en parle de temps en temps. Mais comme je vous l'ai dit, ce n'est pas un objectif. Moi, c'est de rester ici, de faire mes matchs, après on verra." 

Les années précédentes, je voulais rester près de ma famille. Maintenant, je suis prêt à aller voir autre chose (...) mais je suis bien ici, je suis chez moi

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Partir, un jour ? 

"Maintenant, je suis prêt à aller voir autre chose, mais aujourd'hui, je suis en contrat avec Montpellier. Les années précédentes, je voulais rester près de ma famille, parce que je suis très proche d'elle. Je vais essayer d'évoluer, sur ça. Pourquoi pas aller voir un autre championnat. Mais je le redis, je suis bien ici, je suis chez moi (...) Après, il ne faut pas regretter, dans la vie. Mon père me l'a toujours dit. D'ailleurs, pour l'instant, je ne regrette rien, dans tout ce que j'ai fait. On verra de quoi l'avenir sera fait, mais sans se prendre la tête." 

Si on ne fait pas la Coupe d'Europe en fin d'année, on sera déçus

La Coupe d'Europe

"Moi, je suis venu pour jouer des matchs. Si on ne fait pas la Coupe d'Europe en fin d'année, on sera déçus faut pas se le cacher. Mais bon, il restera encore des saisons derrière. Avec le temps, on peut y arriver. Si ce n'est pas celle-là, ce sera l'année prochaine (...) Choper une qualification pour l'Europe, c'est mon rêve aujourd'hui. Ce sera compliqué, mais les rêves sont possibles. Pourquoi pas le faire ? (...) Est-ce que je pourrais ne jamais la jouer ? Oui. Après, ce sera un choix de vie, j'en parlerai avec ma famille et il faudra bien réfléchir."

Le MHSC plus faible face aux "petits" adversaires ? 

"C'est sûr, on l'a remarqué aussi. Face aux gros, les matchs sont plus libres, il y a plus d'espace. Lorient, ils étaient tous derrière, ils jouent le maintien donc il y a un gros enjeu pour eux. Après, on n'arrive pas à comprendre pourquoi contre Lyon et Rennes, on arrive à faire des gros matchs, tactiquement et techniquement, et pas face à Lorient. C'est aussi la forme et la méforme des uns et des autres. Avec le temps, on va apprendre de tout ça." 

Le combat, j'adore ça. Rentrer dedans, j'adore ça 

Son caractère sur le terrain : agressif et caractériel 

"Jusqu'à maintenant, j'ai toujours joué le maintien avec les clubs où j'étais. Des matchs comme ça (avec beaucoup de duels), ça ne me fait pas peur. Au contraire, je préfère. Tu mets les protèges tibias et tu rentres dedans tout le match. Ce sont des matchs qui me font plaisir. Le combat, j'adore ça. Rentrer dedans, j'adore ça (...) Je suis un joueur agressif et caractériel. Je ne vais pas m'en cacher, et je ne vais pas m'arrêter (...) C'est important de tester l'adversaire, de le chambrer, d'essayer de le faire craquer (...) À Arles-Avignon, j'avais déjà ce vice là. Et je l'ai face à n'importe quel joueur de Ligue 1." 

Les arbitres

"Avec eux, au début de ma carrière, c'était compliqué. Maintenant, j'essaie de me les mettre un peu dans la poche. Ça va un peu mieux. Il faut avoir du vice aussi avec les arbitres, c'est le jeu (rires). Si on peut se les mettre dans la poche en début de match, c'est mieux pour nous." 

À Nîmes ? L'équipe sera prête et il faudra leur rentrer dedans !

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Le derby 

"Ce match est dans la tête de tous les montpelliérains. Au match aller, c'est pas qu'on s'est fait humilier, mais on a perdu et on n'a pas joué. Le match de dimanche sera très important (...) Aux Costières, c'est la première fois que j'y retourne. J'ai mes repères, mais pas avec le même maillot (...) On va bien préparer ce match, ce sera un combat. L'équipe sera prête et il faudra leur rentrer dedans (...) J'ai joué une fois un derby aux Costières, avec Nîmes contre Montpellier. Je pense que c'est plus difficile pour moi d'aller jouer à Nîmes avec le maillot de Montpellier. L'émotion sera plus forte. Sans Nîmes, je ne serais pas là. Je les remercie. Mais pour moi, c'est le terrain qui compte. Aujourd'hui, je suis 100% Montpelliérain, et on va aller à Nîmes pour manger les crocodiles (...) Les Nîmois me connaissent. Aux entraînements, déjà, je leur rentrais dedans. Pas de soucis." 

Le thon 

"J'en mange tout le temps (sourire). Tout le monde me chambre, avec ça. À l'hôtel. Surtout Florent Mollet. Moi, je me régale avec ça. Avec mon thon en boîte."

Une voiture toute pourrie, le pot touchait par terre, il faisait un bruit horrible

Superstitions : feu rouge, musique, scénic 

"Le Scénic, ça fait un petit moment qu'on l'a pas utilisé. On va aller à Nîmes avec (rires). En fait, Andy est venu me chercher avec le Scénic d'un collègue. Une voiture toute pourrie, le pot touchait par terre, il faisait un bruit horrible. Le lendemain, il marque. Il me dit : bon, la semaine prochaine, on revient avec. Et là, c'est moi qui marque. On a continué, et pendant trois ou quatre semaines, ou je faisais une passe, ou lui il marquait. Voilà pourquoi le Scénic nous a suivis." 

"Quand je vais vers la Mosson, vers la Paillade, je commence à mettre une musique. Une chanson gitane. Les Gipsy Kings. Dès que j'arrive au feu rouge, j'appuie sur lecture. Dans mes écouteurs. Le morceau commence au feu rouge, et il se termine à l'entrée de la Mosson. C'est un truc que je fais depuis que je suis arrivé ici. Je l'ai fait une fois, et j'ai marqué contre Toulouse. Alors depuis, je le fais à chaque fois." 

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Quand je rentre au quartier, je ne suis plus un joueur de foot, je suis un petit gitan du quartier

Humilité 

"Moi, je suis rester le garçon que j'étais quand j'étais jeune : simple et humble. Je rentre chez moi, au quartier, c'est un truc normal pour moi, je suis fier, tout le monde le voit. Je suis fier d'être montpelliérain, d'être un gitan, d'être avec ma famille (...) Quand j'étais à Nîmes, j'avais une BMW, et quand je suis arrivé ici, tout le monde me cassait les bonbons et me disait : change de voiture, t'as une autre image, tu es ci, tu es ça. Moi, je répondais que non, que j'étais bien avec ma voiture. Bon, à l'arrivée, je les ai écoutés, j'ai quand même changé (rires). Mais moi, ça ne me dérangeait pas de rester comme j'étais. Moi, quand je rentre au quartier, je ne suis plus un joueur de foot, je suis un petit gitan du quartier. Je donne des conseils aux petits, je leur fait comprendre qu'il n'y a pas que le quartier dans la vie. Et ensuite, ça me fait plaisir de revenir ici (à Grammont) et de mouiller le maillot (...) Les petits du quartier, quand ils me regardent, on dirait qu'ils voient Jésus (...) Ils me demandent comment est tel joueur, comment est tel stade. Ca me fait plaisir de leur raconter." ÇSon portrait peint en grand au coeur de la Cité Gély ? "Au départ, j'avais un peu honte quand même (sourire). Mais bon, c'est une fierté. Il y avait même des vieux, ils venaient pour tirer une photo avec moi. Ça, c'est une fierté."

Je suis fier d'être montpelliérain, d'être un gitan, d'être avec ma famille 

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Marge de progression ? 

"Des fois, je m'énerve trop vite. C'est ça mon problème. Je me suis calmé, c'est vrai, mais contre Lorient, si je ne réfléchis pas un peu, je pète les plombs, je mets un tacle et hop : fin du match. Auparavant, je l'aurais mis le tacle. Je pense que je me suis amélioré sur ça. Je me suis amélioré, mais j'ai encore des efforts à faire. Ça peut me faire sortir de mon match pendant cinq ou dix minutes, et après, je me remets dedans (...) Comment j'ai travaillé ? C'est la famille. Mon frère m'a dit : calme toi, sinon quand tu vas rentrer à la maison, je vais te taper sur les doigts. Les mots de ma famille m'ont fait réfléchir. Je me suit dit : c'est ta famille qui le dit, c'est pas n'importe qui. Ils veulent ton bien, c'est important le les écouter (...) ma famille est très importante, quand je ne suis pas bien, je rentre et j'oublie tout. C'est quelque chose que beaucoup de footballeurs aimeraient avoir." 

Mon frère m'a dit : calme toi, sinon quand tu vas rentrer à la maison, je vais te taper sur les doigts

Les penalties manqués contre Lorient et Rennes

"Contre Rennes, je devais sortir à la mi-temps (à cause d'une blessure au genou). Sur le péno, je n'ai pas à eu l'appui que j'ai d'habitude. Mais après, ce n'est pas par rapport à mon genou, hein. Je savais que le gardien allait plonger sur le côté, je le tire au milieu.  Et voilà... à Lorient, pareil. Je vois le gardien partir sur le côté, là où je le tire à chaque fois. Du coup, j'ai voulu appuyer un peu plus (...) Mais je vais continuer de les tirer." 

Ses tatouages 

À propos de ses tatouages sur la jambe droite, au niveau de la cheville et du mollet : "Rien n'est impossible, il suffit d'y croire : c'est la phrase qui se trouve en dessous de mon portrait, sur la boulangerie (Cité Gély). Derrière, c'est pour mon oncle : des ailes d'ange et moi en train de fêter un but. Le ballon et mon numéro derrière. Mon oncle s'appelait Jacky, il est décédé quand j'étais au centre de formation de Montpellier. C'est à lui que je dédie mes buts, quand je lève les deux doigts vers le ciel (...) J'ai aussi une croix, la date de naissance de mes enfants. Après, il n'y en a plus. Ma femme m'a dit : tu n'en fais plus, parce que sinon... tu vas dormir chez maman (rires)". 

Choix de la station

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