Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Toulouse, Bordeaux, Marseille, Le Havre : pourquoi les Américains achètent-ils du foot français ?

-
Par , France Bleu Occitanie

Le TFC est le quatrième club de football professionnel français à passer sous pavillon américain ces dernières années. Caen pourrait bientôt suivre. Pourtant les expériences ne sont pas concluantes pour l'instant. Alors pourquoi s'acharnent-ils ?

Olivier Sadran et Damien Comolli, ancien et nouveau présidents du TFC
Olivier Sadran et Damien Comolli, ancien et nouveau présidents du TFC © Radio France - Capture d'écran / Youtube Toulouse Football Club

Les Américains sont-ils devenus boulimiques des clubs de foot français ? La question se pose car le fonds d'investissement Redbird Capital Partners, qui vient de racheter 85% des parts du Toulouse Football Club à Olivier Sadran et qui ambitionne une remontée immédiate, est loin d'être le premier.

En Ligue 1 et Ligue 2 pour cette reprise le 22 août, pas moins de quatre clubs seront aux mains des Américains : Marseille, Bordeaux, Le Havre et donc Toulouse selon des modèles qui diffèrent. On vient aussi d'apprendre que le Stade Malherbe de Caen serait sans doute racheté par un fonds américain, Oaktree.

Des exemples pas forcément concluants pour l'instant

Dans le passé, Nice, Strasbourg et le PSG sont passés aussi sous pavillon états-uniens, sans succès. On se souvient que dans le cas parisien le club a frôlé la relégation en 2008 sans l'ère Colony Capital. Plus récemment les Américains ont donc investi à Bordeaux, deux fonds d'investissement même s'il n'en reste qu'un : King Street. Les actionnaires n'ont jamais pris la parole ni même rencontré les supporters.

De son côté, l'Olympique de Marseille a été racheté en 2016 par Frank McCourt. Bilan un peu plus positif qu'à Bordeaux tout de même :  plus de 200 millions d'euros dépensés, aucun trophée ramené sur la Canebière pour la première phase de projet, mais une qualification pour la Ligue des Champions l'an prochain.

Pourquoi les Américains persistent ?

Alors masochistes ces Américains ? Non parce que s'ils insistent, c'est qu'il y a de l'argent à gagner. C'est même la raison d'être d'un fonds d'investissement quand il achète Bordeaux ou Toulouse. L'objectif est de faire des bénéfices, dès la première année, à hauteur de 5 à 8%. L'homme d'affaire Franck Mac Court à Marseille aime peut-être le football. Mais s'il a dépensé plus de 200 millions d'euros en trois ans, c'est pour faire mieux que Colony Capital au PSG. 

Ce n'est pas le cas pour l'instant, mais si ces investisseurs américains misent sur des clubs français, ils parient aussi sur des villes. En l'occurrence la quatrième de France pour Redbird Capital, avec un attractivité démographique et une image de marque. Le risque est très faible. La vente de 85% des parts se serait conclue pour environ 20 millions d'euros (ndlr : chiffre non confirmé par le club). Un club de Ligue 1 qui fonctionne bien -c'est l'ambition des Américains et de Comolli à court terme- se valorise aujourd'hui à 100 millions. 

Enfin le marché français du football est plus ouvert que ses voisins anglais, italiens et espagnols trustés par les grandes fortunes mondiales depuis longtemps. Il est surtout beaucoup plus ouvert qu'en Allemagne où le passage d'un club sous pavillon étranger est tout simplement interdit.  

La modèle toulousain est différent et pourrait mieux fonctionner

Si l'objectif sportif est atteint, l'objectif financier le sera donc largement. L'autre particularité toulousaine, c'est d'avoir mis à la tête du club un véritable connaisseur du foot en la personne de Damien Comolli. Passé par Liverpool ou Tottenham, il évitera peut-être au TFC des erreurs qui peuvent coûter cher, comme le changement de logo qui a mis le feu aux poudres cet été chez les Girondins. À Bordeaux justement, où le gymnaste Frédéric Longuépée n'est pas reconnu pour sa connaissance du foot. Le Marseillais Jacques-Henri Heyraud est lui d'abord un homme d'affaire, diplômé d'Harvard et les supporters le lui reprochent souvent.

Pour Pierre Rondeau, économiste du sport, le modèle toulousain a ses chances : "Damien Comolli a toujours été dans ce milieu. Alors certes on pourrait me rétorquer qu'il n'a pas les bases et les qualifications dans tout ce qui concerne l'administratif... Alors peut-être qu'il va apprendre, peut-il qu'il aura avec lui quelqu'un, un vice-président ou directeur délégué façon Paris-Saint-Germain avec Leonardo et Jean-Claude Blanc. Mais c'est clair que Bordeaux et Marseille, eux, ils n'ont pas mis à leur tête des spécialistes du football".

La recette toulousaine du rachat américain est donc un peu différente, mais ce n'est pas une garantie de succès. En tout cas, les dirigeants du nouveau TFC se sont mis une certaine pression en annonçant la semaine dernière qu'ils visaient la remontée immédiate et une place dans le Top 6 de la Ligue 1 dans les années suivantes...

Choix de la station

À venir dansDanssecondess