Football

Une affiche une histoire : Montpellier-Caen 2012

Par Didier Charpin, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) vendredi 14 octobre 2016 à 6:00

Alexis 'Air" Thébaux à la Mosson le 11 mars 2012
Alexis 'Air" Thébaux à la Mosson le 11 mars 2012 © Maxppp - Jean-Yves DESFOUX

Ce samedi le Stade Malherbe de Caen va défier Montpellier. Retour sur la même affiche pour évoquer la "déferlante" du 11 mars 2012, lorsque les Héraultais fonçaient vers leur premier titre de champion de France, avec les souvenirs d'Alexis Thébaux, remarquable ce soir-là devant le but caennais !

Montpellier et Caen se sont affrontés onze fois en Ligue 1 au Stade de la Mosson. Et c'est une destination qui ne réussit pas très bien aux Malherbistes : une seule victoire ! C'était lors du dernier match : le 23 janvier 2016. Les hommes de Patrice Garande s'étaient imposés 2 buts à 1. Sinon quelques résultatss nuls et plusieurs défaites avec un seul but d'écart avec ces deux équipes souvent très proches au classement. Mais il y aussi eu ce match du 11 mars 2012.... où Montpellier a surclassé le Stade Malherbe ! Il est vrai que cette année-là le club du président Nicollin faisait la course en tête du championnat alors que les Caennais étaient plutôt engagés dans la bataille pour le maintien.

« Air » Thébaux a longtemps retardé l’échéance

L'écart ne s'était pas vraiment vu en première période dans un match très ouvert. Par deux fois, Pierre-Alain Frau avait eu l’occasion de donner l’avantage aux Caennais. Montpellier s’était aussi créé des occasions mais la barre transversale (une fois) et -surtout- le gardien Alexis Thébaux avait permi aux Malherbistes de garder leur cage inviolée. Mais la seconde période avait été a sens unique.... avec une déferlante de tirs sur le but malherbiste ! Le gardien en a repoussé énormément dans des positions parfois peu académiques mais il a quand même dû s’incliner à trois reprises face à Aït Fana (51e) Camara (83e) et Giroud (90+1 p). A la fin du match la feuille des statistiques résumait le bombardement en règle de l’armada montpelliéraine : 33 tirs (soit une frappe toute les 3 minutes en moyenne!) dont 18 cadrés sans compter les quatre poteaux ou transversales ! Le gardien caennais a évité ce soir-là une déroute de son équipe.

Quatre ans et demi plus tard, Alexis Thébaux se souvient de cette soirée au Stade de la Mosson « Ah oui c’est le match où j’ai été le plus sollicité dans ma carrière » réagit l’ex caennais à l’évocation de cette confrontation contre la bande à Olivier Giroud (meilleur buteur du championnat 2012). « Pour rester concentré ce scénario est parfait. Mais c’est vraiment usant psychologiquement. J’avais fais un bon match mais pour moi le collectif est toujours primordial. Et on avait perdu ». D'autant plus que le Stade Malherbe allait être relégué à la fin de la saison. Pas à cause de cette défaite somme toute logique chez le futur champion, mais plutôt après une multitude de faux-pas contre des adversaires directs du bas de tableau : Dijon, Ajaccio, Valenciennes ou encore Sochaux.

Nostalgique de Caen

Alexis Thébaux est parti l'été suivant, après trois saisons en tant que titulaire dans les buts du Stade Malherbe. « J’avais l’opportunité de poursuivre en L1 avec une place de numéro 1 à Brest ». Alors agé de 27 ans, il a fait le choix -logique- de rester dans l’élite. Mais l’aventure bretonne a tourné au cauchemar avec une fin de saison 2012/2013 catastrophique et une nouvelle relégation en L2. Durant l’exercice suivant il est donc revenu à d’Ornano avec le maillot brestois et il garde un souvenir ému de l’accueil réservé par le public caennais : «Un accueil très chaleureux qui m’a touché. C’est là que je me suis dis avec le recul que j’avais peut-être fais une erreur de partir. Caen reste la période décisive et magique de ma carrière ! » confie le gardien formé à Nantes.

Alexis Thébaux aujourd'hui au Paris FC - Maxppp
Alexis Thébaux aujourd'hui au Paris FC © Maxppp - Anthony ROBIC

Aujourd’hui en National

Après trois saisons à Brest, Alexis Thébaux a été séduit par le projet du Paris FC pendant l'été 2015. Le club parisien venait alors de retrouver la L2 après 32 ans d'absence à ce niveau. Mais peu structuré il n'a pas pu s'y maintenir, malgré une -nouvelle- bonne saison de son gardien titulaire. Alexis Thébaux est donc tombé en National. Dur à accepter ! «Paradoxalement je suis en National alors que maintenant je suis à mon meilleur. J’ai progressé, techniquement et mentalement, par rapport aux saison précédentes». Mais le gardien n’est plus libre de son destin (sous contrat jusqu’en 2018) et cet été il est resté dans la Capitale malgré quelques «touches» avec des clubs de français et belges. «Même si ça ne c’est pas fait, c’est toujours rassurant d’être observé par les recruteurs» relève l’ancien caennais. Toujours compétitif il n'en reste pas moins collectif, il ne compte pas se servir des matchs de Coupe de France pour chercher à briller devant des clubs de L1 ou L2 si le Paris FC tombe sur ce genre d'adversaire. "La coupe c'est pour le gardien remplacent pour qu'il ait du temps de jeu" rappelle Alexis Thébaux.

En attendant.... il garde bien mémoire ce Montpellier-Caen de mars 2012. Pour beaucoup d'observateurs, l'un de ses matchs références en L1.

Une affiche une histoire : Montpellier-Caen 2012 - reportage intégral

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