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Football

Vente de l'ASSE : entre inquiétudes et attentes

lundi 14 mai 2018 à 17:37 Par David Valverde, France Bleu Saint-Étienne Loire

Les supporters de l'AS Saint-Étienne ne parlent que de cela depuis ce weekend : le club pourrait rapidement être cédé à un investisseur étranger pour une somme estimée entre 40 et 50 millions d'euros. Inévitable pour faire avancer le club mais dangereux pour son identité selon eux.

Les supporters de l'ASSE, très attentifs aux évolutions de leur club.
Les supporters de l'ASSE, très attentifs aux évolutions de leur club. © Maxppp - Maxppp

Selon le journal L’Équipe, c'est un Américain qui serait tout proche de prendre les commandes de l'ASSE, accompagné par le Franco-Américain Jérôme de Bontin, ancien président de l'AS Monaco et ex-manager général des New York Red Bulls. Aujourd'hui les observateurs de l'AS Saint-Étienne restent très attentifs à l'évolution du dossier. 

Stéphane Rocher : "Triste, inquiet et éventuellement content"

C'est une page qui va bientôt se tourner dans l'histoire du club qui n'est jamais passé sous capitaux étrangers. Nous avons demandé son avis à un descendant d'un des personnages les plus marquants de l'histoire de l'ASSE. Stéphane Rocher et le petit-fils de Roger Rocher, président du club pendant 21 ans, de 1961 à 1982 : "Je suis triste, inquiet et peut-être content. C'est vrai que c'est une page qui se tourne par rapport à l'histoire du club. C'est la première fois que le club va passer dans des mains autres que celles de mon grand-père, d'André Laurent ou de Roland Romeyer. Ce qui est inquiétant c'est que j'espère que ceux qui vont reprendre vont réussir à garder cette identité du club qui appartient un peu à tous les Stéphanois. Enfin, content. Éventuellement. A un moment donné il faut passer la vitesse supérieure si on veut exister dans le football moderne. Ça peut donc être bien pour le club si les moyens sont mis en gardant l'identité parce-que les Stéphanois en ont besoin."

Roger rocher, l'ancien président de l'ASSE. - Maxppp
Roger rocher, l'ancien président de l'ASSE. © Maxppp - La Tribune

"On leur expliquera aux Américains qu'ici ils ne sont pas chez eux !"

Sarah supporte les Verts depuis son enfance. Elle espère beaucoup de ce probable nouvel investisseur américain mais pas question de toucher à l'identité du club pour autant : "Cela peut permettre de faire venir de bons joueurs sans non plus parler de Neymar, Messi ou Ronaldo mais juste des bons joueurs, des Internationaux. C'est un club populaire qui doit le rester. C'est pour ça que j'ai toujours été contre un rachat par les Qataris. Les joueurs doivent venir pour jouer à Saint-Étienne, pas pour l'argent. Tu viens à Saint-Étienne, tu mouilles le maillot, tu te défonces et tu es heureux d'être là parce que les supporters sont heureux d'être là et te le rendent bien. Il faut regarder cette identité là. Le naming ? Ça c'est pas possible ! On leur expliquera aux Américains qu'ici ils ne sont pas chez eux. Il ne faut pas non plus qu'ils bouleversent tout." 

Frank McCourt propriétaire de l'OM depuis 18 mois. - Maxppp
Frank McCourt propriétaire de l'OM depuis 18 mois. © Maxppp - Maxppp

Marseille, la tournée à l'américaine

Dans cette opération on parle d'un profil "à la Frank McCourt" : un achat sec de l'ASSE par un homme d'affaire des États-Unis.  Frank McCourt, c'est le propriétaire de l'Olympique de Marseille qui 18 mois après son arrivée voit son club disputer la finale de la Ligue Europa mercredi soir.  Peut-on imaginer un destin stéphanois comparable à celui de l'OM ? Tony Selliez, journaliste de France Bleu à Marseille, a vu arriver il y  a 18 mois cette nouvelle équipe dirigeante en lieu et place du duo Margarita Louis-Dreyfus et Vincent Labrune. C'est le "Champions Project" qui est alors brandi, l'ambition de ramener les titres à Marseille mais aussi la Ligue des Champions. Dans la foulée il y a eu des investissements sportifs, un entraineur et des joueurs, et un retour sur investissement quasiment immédiat avec cette finale de Ligue Europa. "Si Margarita Louis-Dreyfus était encore là parce qu’elle n'avait pas trouvé à qui vendre l'Olympique de Marseille, c'est sûr que l'OM ne serait certainement pas en finale de Coupe d'Europe.  Quand McCourt a racheté l'Olympique de Marseille, le club était totalement déliquescent", analyse Tony Selliez. "C'est miraculeux de voir l'OM en finale aujourd'hui. Personne ne s'en plaindra mais ce qui est évident c'est que le projet avance encore plus vite que prévu".

Voilà pour le volet sportif mais il y aussi la partie commerciale marketing. Un investisseur ne place pas son argent dans un club de football sans espérer que ses dollars fassent des petits.  C'est le cas de Frank McCourt à Marseille, ce sera sans doute la même chose à Saint-Étienne.  Tony Selliez rappelle à ce sujet que "le projet de McCourt est d'avoir des fans, à l'américaine, des consommateurs, des animations autour du stade, et des clients qui viennent, payent et consomment. Ce sera très compliqué d'imposer cela à Marseille".

Et ce ne sera sans doute pas plus facile à Saint-Étienne qui cultive ces dernières années son image de club familial, qui pratique par exemple une politique de prix très abordables pour les abonnements à la saison.