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Dossier : Mondial 2018 de football

VIDÉOS - Joueur prodige, drogue, pétages de plomb : retour sur la vie hors du commun de Diego Maradona

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Par , France Bleu

Diego Maradona est mort à l'âge de 60 ans ce mercredi. Retour sur la vie du génial et controversé du footballeur argentin considéré comme l'un des plus grands joueurs de l'histoire du football, capable du meilleur comme du pire entre joueur prodige, cocaïne et frasques en tout genre.

Diego Maradona soulevant la Coupe du monde 1986 avec l'Argentine
Diego Maradona soulevant la Coupe du monde 1986 avec l'Argentine © Maxppp -

Il avait deux rêves dans la vie : "jouer une Coupe du monde et être champion". Diego Armando Maradona - qui  s'est éteint ce mercredi à l'âge de 60 ans - les a réalisés.

Né le 30 octobre 1960 dans les bidonvilles de Buenos Aires, en Argentine, "El Pibe de Oro" ("Le gamin en or", l'un de ses surnoms) a été un joueur hors du commun des années 80 et 90.

Le prodige argentin a brillé avec son pays avec qui il a remporté la Coupe du monde 1986 et ébloui de son talent avec notamment deux buts face à l'Angleterre en quart de finale le 22 juin 1986.

Côté ange : Maradona a inscrit selon la FIFA le plus beau but de l'histoire de la Coupe du monde. En partant de son camp et passant en revue toute la défense anglaise avant de tromper le gardien.  

Côté démon : dans ce même match, cet exploit a été précédé du premier but marqué également par Maradona à l'aide de la main, qui sera qualifiée par "El Diez" lui-même : la "Main de Dieu". Une personnalité "mi-ange, mi-démon", comme l'a qualifiée Michel Platini dans une interview au Parisien en 2009.

A l'aube de ses 16 ans, il a fait ses débuts professionnels avec l'équipe d'Argentinos Juniors avant de rejoindre en 1981 l'équipe de Boca Juniors. Il est transféré à Barcelone en 1982 avant de rejoindre en 1984 Naples, où il est une star éternelle. Sans oublier le maillot de l'Argentine où le n°10 lui est à jamais collé à la peau.

En dehors des terrains, Maradona est aussi l'une des personnalités les plus controversées du sport et de la société en raison de ses deux contrôles positifs en 1991 en Italie et en 1994 lors de la Coupe du monde aux Etats-Unis, de sa dépendance à la cocaïne et de ses relations peu recommandables.

Barcelone, période agitée

Arrivé en 1982 en provenance du club argentin de Boca Juniors, il n'aura pas particulièrement brillé au FC Barcelone (1982-1984). Même s'il est élu meilleur joueur dès sa première année et a marqué 38 buts en 58 matches, le public catalan retiendra de lui sa vie nocturne agitée avec ses virées en boîte nuit, son hépatite qui le tiendra éloigné des terrains tout comme sa blessure en 1983 après l'attentat d'Andoni Goikoetxea.

En 1984, le petit génie argentin retrouve son bourreau. Il a voulu se venger et a provoqué une bagarre générale contre l'Athletic Bilbao, lors de la finale de la Coupe du Roi. C'est la fin de son aventure catalane, direction l'Italie.

L'âge d'or napolitain

C'est dans le sud de l’Italie, pendant sept saisons, que l’Argentin a écrit sa légende. Arrivé au SSC Napoli en 1984, Maradona y restera sept saisons (1984-1991) pour devenir une star éternelle avec 115 buts en 259 matches. Les supporters italiens se sont reconnu dans ce joueur aux origines modestes qui est devenu une icône quasiment religieuse.

Jusqu'à la Coupe du monde victorieuse en 1986, la star argentine n'aura pas beaucoup marqué les esprits. Lors de la saison 1986-1987, il a permis à Naples d'être champion d'Italie pour la première fois de l'histoire du club, devant la Juventus de Turin de Platini, tenante du titre. Les Napolitains ont remporté également la Coupe d'Italie, réalisant ainsi un rare doublé. 

Lors de la saison 1988-1989, les Azzurri ont glané la Coupe de l'UEFA. Avant de la brandir, Maradona a croisé la route du bayern Muncih pour une séquence à jamais gravée dans les mémoires du football : la star s’échauffe en dansant alors que la sono du stade Olympique crache le célèbre air ''Live is life". Mythique.

En 1990, l'équipe de Maradona trône de nouveau sur l'Italie avec un deuxième Scudetto. A Naples, l’Argentin est toujours considéré comme un dieu vivant. 

L'OM en vue avant le déclin

À l'été 1989, le Marseille de Bernard Tapie veut recruter "El Pibe de Oro" mai se heurte au refus des dirigeants napolitains. Condamné à 15 mois de suspension suite à un contrôle positif à la cocaïne enregistré le 17 mars 1991 et arrêté en Argentine pour usage de cocaïne, c'est le début de la fin. 

Transféré en Espagne au FC Séville (1992-1993), il retourne finir sa carrière en Argentine aux Newell's Old Boys (1993-1995) puis à Boca Juniors (1995-1997). Quasi obèse, rongé par la cocaïne : il ne retrouvera plus jamais le niveau qui fut le sien avant sa suspension.

L'Argentine, l'amour de sa vie

Quand on évoque le n°10 du maillot argentin, on pense plus facilement à Maradona plutôt qu'à Messi. Il faut dire qu'El Pibe del Oro a marqué de son empreinte son pays avec 91 sélections et 34 buts entre 1977 et 1994. Et surtout avec quatre Mondiaux disputés dont un remporté (1986) et un perdu en finale (1990).

Pour son premier Mondial en 1982, le prodige se venge lors du match de poule contre le Brésil en agressant Batista. Il est expulsé et l'Argentine est éliminée.

En 1986 au Mexique, il a 25 ans quand il emmène son pays soulever la Coupe du monde en finale face à la RFA (3-2). Brillant tout au long de la compétition, il a écrit sa légende en quart de finale face à l'Angleterre en inscrivant "le but du sciècle" et en marquant avec "la main de Dieu".

En 1990 en Italie, loin de son niveau lors de l'édition précédente, Maradona est parvenu tout de même à hisser son équipe en finale qui échouera cette fois face aux Allemands (1-0). L'hymne argentin est hué à Rome par les supporters, rivaux de Naples. Il a réagi en lâchant un "Hijos de puta".

En 1994 pour son quatrième et dernier Mondial aux Etats-Unis, il est de nouveau sélectionné avec l'Argentine. Il disputera deux matches le temps d’inscrire un dernier but d'anthologie contre la Grèce lors de sa dernière apparition avec le maillot albiceleste et... d'être contrôlé positif à l'éphédrine (proche chimiquement des amphétamines).

Maradona entraîneur

Il deviendra sélectionneur de l'Argentine en octobre 2008 pour conduire de manière assez laborieuse la sélection en quart de finale de la Coupe du Monde 2010, éliminée sèchement par l’Allemagne (4-0). Il est écarté du banc dans la foulée.

Par la suite, il entraînera dans des clubs des Émirats (2011,2012 et 2018) puis au Mexique (2018) où il a pris en main un club de 2e division, les Dorados de Sinaloa, propriété d'une puissante famille proche du pouvoir politique, mais qui est aussi soupçonnée de liens avec les narcotrafiquants.

Depuis septembre 2019, Diego Maradona avait pris les rênes du club argentin entraîneur de Gimnasia y Esgrima La Plata. Il avait, en juin dernier, prolongé son contrat pour une année supplémentaire.

La drogue en fil rouge

En dehors des terrains, Maradona a également fait souvent parler de lui. Et souvent en mal avec la drogue le plus souvent en fil rouge se sa vie. 

Il a avoué que c'est à Barcelone début des années 80 qu'il a commencé à rependre de la cocaïne. Lors de ses années en Italie, et "grâce" aux relations de son nouvel agent à Naples, il est protégé par la mafia napolitaine et fréquente la Camorra qui lui fournit sa cocaïne.

Ses deux contrôles positifs en 1991 en Italie et en 1994 lors de la Coupe du monde aux Etats-Unis sont synonymes de la fin de sa carrière européenne et internationale. Mais pas de sa dépendance à la cocaïne. En 1996, il a rejoint une clinique suisse pour une cure de désintoxication. La même année, il se lance dans une campagne antidrogue Soleil sans drogue afin de transmettre aux jeunes son expérience négative. Avant de replonger et d'être contrôlé positif à la cocaïne à Boca Juniors l'année d'après.

Victime de plusieurs malaises cardiaques, le cœur de l’Argentine s'est arrête de battre en 2007. "El Diez" a dû être hospitalisé durant 13 jours avant de sortir après avoir frôlé la mort.

Le 2 novembre 2020, Maradona avait été hospitalisé pour de l'anémie et de la déshydratation à La Plata, une ville située à 60 km de Buenos Aires et dont il entraîne le club local. Un scanner avait alors révélé la présence d'un hématome sous-dural, une poche de sang formée sous la boîte crânienne. Cela avait entraîné son transfert dans une clinique privée d'Olivos où il a été opéré le lendemain avec succès. Cependant, pendant la période post-opératoire, l'ancien N. 10 a connu des difficultés liées à un syndrome d'abstinence, en lien avec sa consommation d'alcool et de somnifères.

C'est son avocat qui a finalement annoncé la mort de l'idole ce 25 novembre, suite à une crise cardiaque à 60 ans.

Pétages de plomb

La vie de Maradona est également rythmée par des frasques. 

En 1994, avant le Mondial, il est limogé des Newell's Old Boy pour absences injustifiées. Harcelé par la presse, il a tiré à la carabine à plomb sur des journalistes et les a légèrement blessés devant sa villa de Rosario. 

En 2009, alors sélectionneur de l'équipe d’Argentine, il a qualifié le pays pour la Mondial 2010 après avoir gagné contre l'Uruguay. Après ce match, Maradona se lâche lors d'une conférence de presse surréaliste face aux journalistes qui doutaient de lui : "Je m'adresse à ceux qui n'y ont pas cru, et je m'excuse auprès des dames : 'vous n'avez qu'à venir me s...'". (extrait vidéo à partir de 20 secondes).

En 2014, il a giflé un journaliste. En vacances avec sa famille, il a lâché "c’est l’un des premiers jours que je passe avec mon fils, arrêtez de me les briser".

En 2018, lors de la Coupe du monde 2018 en Russie, il a fait (encore) parler de lui. Lors d’Argentine-Nigeria (2-1), il a alterné danse avec une supportrice adverse, célébration euphorique, sieste alanguie, doigts d'honneur pour célébrer le but victorieux avant de faire un malaise devant les caméras du monde entier.

Rencontre avec Fidel Castro

Défenseur de plusieurs dirigeants politiques de gauche, Diego Maradona a rencontré Fidel Castro à Cuba en 1987. Devenu proche du "Lider Máximo", le Pibe de Oro le considérait "comme un second père".

En janvier 2000, il ira même traiter sa dépendance aux drogues sur l'île. Il offrira au peuple cubain et à Fidel Castro tous les bénéfices réalisés à Cuba lors de la sortie de son autobiographie en 2002.

La légende argentine s'était d'ailleurs fait tatouer le "Lider Máximo" sur sa jambe gauche.

© Maxppp -

Pelé son rival historique, Messi son héritier

Question sans réponse : qui est le plus grand joueur entre Maradona et Pelé ? La réponse dépendra de la vision du foot de la personne questionnée. Les deux géants du ballon rond se sont toujours escamotés par presse interposée comme le montrent ces déclarations de l’Argentin : _"Pelé devrait retourner au musée"_ou encore "Je n'aime pas les comparaisons avec lui à cause des choses stupides qu'il dit. Il n'arrête pas d'en dire quand il prend ses mauvaises pilules."

Au-delà de ces piques, ces deux joueurs hors du commun nourrissaient un profond respect mutuel au regard de leur carrière. 

Messi est-il l'héritier de Maradona ? Autre monument du football, Lionel Messi a été à plusieurs reprises adoubé par Diego qui le préfère à Cristiano Ronaldo. Beaucoup de similitudes dans le jeu entre ces deux joueurs prodigieux, un meilleur palmarès international pour "El Pibe de Oro", des stats affolantes pour "La Pulga" mais en revanche deux caractères à l'exact opposé. 

Le gamin à la tignasse brune qui rêvait de disputer une Coupe du monde et d'être sacré avec l’Argentine a réalisé ses rêves en jouant comme un Dieu. Tout en défrayant la chronique avec son côté maléfique. "El Pibe de Oro" est à prendre tout entier ou à laisser avec son pied en or capable de jongler avec n'importe quoi pour épater la galerie.

En 2019, le réalisateur britannique Asif Kapadia lui a consacré un documentaire "Diego Maradona”.

Le palmarès de Maradona

En sélection

  • Vainqueur de la Coupe du monde : 1986 (Argentine)
  • Finaliste de la Coupe du monde : 1990 (Argentine)
  • Vainqueur de la FIFA's 75th Anniversary Cup : 1979 (Argentine)
  • Vainqueur de la Coupe du monde des espoirs : 1979 (Argentine)
  • Vainqueur de la AFA 100th Anniversary Cup : 1993 (Argentine)
  • Vainqueur de la Coupe Artemio Franchi : 1993 (Argentine)
  • International argentin (91 sélections, 34 buts) entre 1977 et 1994, dont 21 matchs en Coupe du monde
  • 1 sélection dans l'équipe des Amériques en 1986, face à l'équipe FIFA

En club

  • Vainqueur de la Copa San Martin de Torres : 1980 Argentinos Juniors
  • Champion d'Argentine : 1981 Boca Juniors
  • Vainqueur de la Coupe du Roi : 1983 FC Barcelone
  • Vainqueur de la Coupe de la Ligue d'Espagne : 1983 FC Barcelone
  • Vainqueur de la Supercoupe d'Espagne : 1983 FC Barcelone
  • Champion d'Italie : 1987 et 1990 SSC Naples
  • Vainqueur de la Coupe d'Italie : 1987 SSC Naples
  • Vainqueur de la Supercoupe d'Italie : 1990 SSC Naples
  • Vainqueur de la Coupe UEFA : 1989 SSC Naples
  • Meilleur buteur du Championnat d'Italie : 1988 (15 buts) SSC Naples
La carrière de Maradona
La carrière de Maradona © AFP -
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