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XV de France | Sofiane Guitoune : "Ne pas se laisser abattre sinon on va s'enterrer"

Par Arnaud Carré, France Bleu Gironde lundi 2 mars 2015 à 14:31

L'une des rares chevauchées de Sofiane Guitoune face aux Gallois.
L'une des rares chevauchées de Sofiane Guitoune face aux Gallois. © MaxPPP

L'ailier de l'Union Bordeaux-Bègles rêvait d'un autre retour chez les Bleus. Malgré des résultats catastrophiques et les critiques qui pleuvent, il appelle ses coéquipiers à relever la tête et à ne surtout pas tomber dans le fatalisme.

France Bleu Gironde : Toujours la gueule de bois deux jours après ?

Sofiane Guitoune  : Ca va un peu mieux mais quand on y repense, c’est sûr que ça fait mal. Tu annules tes chances de gagner le Tournoi, tu perds chez toi à domicile, ça fait chier.

L’équipe de France fait-elle du surplace ?

Je ne sais pas si ça n’avance pas mais c’est compliqué. Pourtant on essaie, on y met de la bonne volonté mais le week-end, c’est plus difficile.

"La semaine, on bosse vraiment bien, c’est la vérité. Après, il fallait se lâcher, on n’a pas réussi à le faire en première mi-temps, on perd les ballons au bout de deux phases de jeu, c’est compliqué."

Vous avez trouvé des coéquipiers meurtris à votre retour à Marcoussis ?

Non, parce que la semaine, on bosse vraiment bien, c’est la vérité. Après, il fallait se lâcher, on n’a pas réussi à le faire en première mi-temps, on perd les ballons au bout de deux phases de jeu, c’est compliqué de mettre du jeu après.

C’est un blocage psychologique ?

Je pense que c’est très psychologique. Ce sont aussi des options de jeu sur lesquelles on a peut-être trop insisté. Sur le jeu au pied on n’a pas été précis et quand on a réussi à franchir, on a perdu le ballon juste après.

Sofiane Guitoune tente d'échapper à la défense galloise. - Maxppp
Sofiane Guitoune tente d'échapper à la défense galloise. © Maxppp
Votre avis sur les critiques qui s’abattent sur les Bleus ?

C’est normal. Les résultats parlent. Je ne vais pas dire que les critiques sont les bienvenues mais on les entend et il faut les accepter.

"Deux minutes avant la conférence de presse, il était avec nous et c'était pareil. En plus violent."

La sortie de Philippe Saint-André en conférence de presse vous a surpris ?

Deux minutes avant, il était avec nous et c’était pareil, en plus violent, donc ça ne m’a pas surpris. Il nous a dit les choses en face.

Le trouillomètre est-il à zéro aujourd'hui quand vous rentrez sur la pelouse du Stade de France ?

Je m’en tape. Moi je joue au rugby pour le plaisir. Je ne rentre pas sur le terrain pour me faire chier ou avoir peur de faire un en-avant. Je n’ai pas peur. Après, certainement que d’autres ont plus de pression…

"On n'a pas enchaîné une action de plus de quinze secondes. Au niveau international, ça ne pardonne pas."

Vous avez essayé de relancer quelques ballons ?

J’ai fait ce que je pouvais faire avec les ballons que j’avais. Mais le rugby, c’est collectif, ça ne marche pas à un ou deux joueurs.

Vous en parlez entre vous de cette pression ?

On ne parle pas de pression, on se dit de jouer, de se lâcher. Après, entre se le dire et le faire… Personne n’est fait pareil, personne n’aborde un match de la même façon.

Sofiane Guitoune, l'arrière international de l'UBB  - Radio France
Sofiane Guitoune, l'arrière international de l'UBB © Radio France - Pierre Breteau
Un problème de leadership , notamment derrière ?

Je ne pense pas, il y a des bons joueurs, on se fait confiance. Tout le monde peut prendre des décisions et on s’écoute tous mutuellement. Le problème n’est pas là. Sur la première mi-temps, on n’as pas enchaîné une action de plus de quinze secondes. Déjà c’est compliqué en Top 14, alors au niveau international ça ne pardonne pas. Quand on l’a fait en deuxième période, on les a mis en difficulté. Après, ils marquent quand on est bien dans le match et ça fait mal à la tête. Ça se joue à pas grand-chose non plus.

"Aujourd’hui on se fait taper dessus, c’est normal. Maintenant, il ne faut pas se laisser abattre sinon on va s’enterrer et ce ne sera pas bien beau ce qui va venir."

Vous avez le sentiment que le XV de France est en retard ?

Non parce qu’ils ne nous ont pas mis plus en difficulté plus que ça.  

Le scénario de 1999 et 2011 avec des années maudites conclues par une finale de coupe du monde peut-il se répéter ?

En 1999 j’avais dix ans, je ne me rappelle plus trop. Je sais qu’il y a du potentiel, une bonne équipe et qu’un jour ou l’autre ça paiera. Aujourd’hui on se fait taper dessus, c’est normal. Maintenant, il ne faut pas se laisser abattre sinon on va s’enterrer et ce ne sera pas bien beau ce qui va venir.

Sofiane Guitoune, en stage au Canet-en-Roussillon avec le XV de France. - Maxppp
Sofiane Guitoune, en stage au Canet-en-Roussillon avec le XV de France. © Maxppp - Philippe Rouah
Il vous reste deux déplacements en Italie et en Angleterre ?

De toute façon on n’a pas le choix. Le sélectionneur l’a dit. Il va falloir se bouger, il va y avoir du changement. Il faut s’envoyer et arrêter de réfléchir.

Vous attendiez autre chose pour votre retour chez les Bleus ?

Bien sûr. Jamais je ne me suis dit qu’on allait perdre. On était persuadé qu’on allait faire un gros match. Ça ne s’est pas déroulé comme prévu, c’est comme ça.

Samedi, retour au Top 14 avec UBB-Stade Français. Vous y serez ?

Bien sûr. Si je suis en équipe de France, c’est grâce au club aussi. Avec l’UBB, on a l’ambition de finir dans les six, un gros match nous attend à domicile. Je serai là samedi.

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