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L'ancien patineur belfortain Olivier Schoenfelder réagit à l'affaire Sarah Abitbol

L'ancien patineur belfortain Olivier Schoenfelder se dit "choqué et triste" sur France Bleu après l'affaire des abus sexuels révélée par l'ancienne championne Sarah Abitbol. Selon lui, il faut "faire un nettoyage à la fédération" et Didier Gailhaguet, le président doit démissionner.

Olivier Schoenfelder et Isabelle Delobel en janvier 2006 à l'Euro de patinage artistique au Palais des Sports de Gerland.
Olivier Schoenfelder et Isabelle Delobel en janvier 2006 à l'Euro de patinage artistique au Palais des Sports de Gerland. © Maxppp - Pierre Augros

Alors que le monde du sport est secoué par les révélations de l'ancienne championne de patinage Sarah Abitbol contre son ex-entraîneur Gilles Beyer, qu'elle accuse de viol, France Bleu Belfort Montbéliard a pu s'entretenir avec l'ancien patineur belfortain Olivier Schoenfelder. Lui et sa partenaire Isabelle Delobel ont été six fois champions de France de Danse sur Glace, champions d'Europe en 2007 et champions du monde en 2008.

Quelle a été votre réaction quand vous avez appris cette affaire ?

"J'ai été bien sûr choqué et puis triste pour Sarah Abitbol que je connais bien, avec qui j'ai fait pas mal d'années de compétitions, et aussi de galas, de tournées en équipe de France, ça m'a touché vraiment personnellement".

Les faits remontent au début des années 1990. Avez-vous eu des doutes concernant le comportement de certains cadres de la fédération ?

"Non, non... je n'ai jamais eu vent de ces agissements, M. Beyer je le connais également très bien, pour avoir fait bon nombre de tournées avec lui, c'est quelqu'un qui effectivement était plutôt familier, plutôt proche des patineurs, avec un parler un petit peu cru (...), mais quand on athlète et qu'on est concentré sur sa performance, on ne prête pas forcément attention aux petits signaux qui auraient pu alerter, c'est après qu'on se rend compte que c'était beaucoup plus grave que ce qu'on aurait pu imaginer".

Il juge que les excuses présentées par Gilles Beyer sont insuffisantes. "Ce qu'il a pu faire à Sarah c'est impardonnable, Sarah est comme toutes les autres filles qui se sont aussi déclarées abusées récemment, je pense que son courage peut aider beaucoup de personnes".

Comment jugez-vous la décision de Didier Gailhaguet (le patron français de la fédération de patinage) de ne pas démissionner ?

"La situation me paraît difficilement tenable, ce n'est pas M. Gailhaguet qui est accusé des faits qui ont été commis il y a trente ans, et peut-être qu'effectivement il n'était pas au courant, mais il a quand même été président de la fédération et il a sa part de responsabilité ainsi que les personnes à ce moment donné (...) Je pense que par rapport à la confiance des gens et du public, c'est important qu'on puisse faire un nettoyage à la fédération et assainir au maximum les instances pour qu'il n'y ait plus de doutes sur tout ça".

Pensez-vous que d'autres sports pourraient être concernés par des affaires similaires ?

"Bien sûr, je pense que ce qui arrive aujourd'hui au patinage et au sport, c'est aussi le reflet de la société, on n'est jamais à l'abri d'un prédateur, d'une personne mal intentionnée, c'est à chacun, à chaque club aussi de faire attention, de rester vigilant, le problème, c'est quand ça se passe à l'intérieur, sous l'égide de la fédération, là ça pose encore plus problème, mais c'est au quotidien déjà, dans les clubs, qu'il faut faire attention et alerter le cas échéant plus haut les instances".

Soutenez-vous la tribune publiée mardi par plusieurs athlètes français de haut-niveau qui appellent à briser la loi du silence ?

"Oui bien sûr, je suis tout à fait d'accord, Sarah est quelqu'un de très médiatique, elle a écrit son livre, ça va sûrement aussi la libérer, mais derrière tout ça c'est aussi beaucoup de personnes qui ont osé parlé et rien que ça, ça va permettre aussi de faire plus peur à tous ces gens mal intentionnés, tous ces violeurs potentiels, qui peuvent graviter autour du monde du sport (...) mais ça ne touche pas uniquement le patinage, à mon avis c'est quelque chose qui est beaucoup plus généralisé que ça".

Les signataires de cette tribune plaident pour un contrôle systématique des casiers judiciaires des bénévoles, des entraîneurs et des dirigeants de clubs et de fédérations.  

"Je suis presque surpris que ça ne soit pas déjà le cas, quand on est engagé dans un club, quand on prend des responsabilités dans une association, il faut pouvoir vérifier (le passé) de la personne, d'autant plus dans le sport, d'autant plus quand il s'agit de jeunes filles, de jeunes athlètes".

Olivier Schoenfelder répondait aux questions de Thierry Campredon.

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