Rugby

Agen/Stade Français : la défaite qui fait mal pour Paris

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris samedi 31 octobre 2015 à 6:00 Mis à jour le samedi 31 octobre 2015 à 20:28

Hugo Bonneval, l'un des joueurs qui pourrait faire la différence
Hugo Bonneval, l'un des joueurs qui pourrait faire la différence - stade.fr/Stéphane Hamel

Le Stade Français a du souci à se faire, à nouveau battu lors de la 7e journée du Top 14, 28-23 par Agen. Le plus inquiétant, Paris n'a guère rassuré dans le jeu pratiqué avec beaucoup d'erreurs de concentration et de fautes de main. Le Stade est aujourd'hui 12e, à un point du dernier.

En ce week-end de la Toussaint, si les espoirs de phases finales du Stade Français ne sont pas encore définitivement enterrés, on recherche en revanche toujours les Dieux du Stade, ceux qui nous ont fait rêver lors de la saison 2014-2015 avec ce superbe titre de champion de France. Ce samedi, lors de la 7e journée du Top 14, les Parisiens se sont de nouveau inclinés logiquement 28/23 à Agen. En concédant leur cinquième défaite de la saison, ils occupent aujourd’hui et avant de recevoir Clermont, la 12e place du classement, à un point seulement des deux derniers.

**Si on regarde le classement, c’est vrai, c’est alarmant mais…

*Une défaite logiqu*e car malgré un score serré à la mi-temps (13/10), où tout semblait possible pour Paris, le Stade s’est montré beaucoup trop fébrile et indiscipliné**. A l’image de cet essai casquette encaissé en première période alors qu’ils avaient enfin remis la main sur le ballon et pris l’avantage au tableau d’affichage (6-10). A l’image de ces deux cartons jaunes reçus en deux minutes en début de seconde période (Mathieu Ugena et Julien Tomas). A 13 contre 15, les champions en titre encaissèrent alors 13 points ! Bizarrement, c’est après cela qu’ils se réveillèrent et se montrèrent plus entreprenants. Trop tard. Dommage. De nouvelles fautes de main les empêchèrent de réaliser le hold-up : à défaut, ils récupèrent un point de bonus défensif, le premier de la saison.

Le match vu par Gonzalo Quesada au micro FB107.1

Reste ce classement : une 12e place et devant, les ténors qui filent, qui filent. « C’est vrai que si on regarde le classement, c’est alarmant » concède l’ailier Julien Arias, avant d’ajouter « il faut retenir nos 20-25 dernières minutes où on n’a pas lâché ».

Julien Arias ne veut retenir que la fin du match

Jouer à 13, c’est très compliqué, très frustrant

Même discours ce samedi, à la sortie des vestiaires, de l’entraîneur Gonzalo Quesada qui ne voulait surtout pas accabler quelques joueurs. « Jouer à 13, c’était très compliqué, c’est cela qui est frustrant. Malgré tout, ils n’ont pas lâché. Cela aurait pu arriver après l’essai d’Agen qui les met à 28 points. » Et l’entraîneur parisien de s’échiner à parler du collectif, à défendre encore et toujours ses joueurs même s’il concède, interrogé sur le sujet, que trois-quatre ne sont pas à leur vrai niveau. 

Gonzalo Quesada admet la méforme de quelques joueurs sans vouloir les accabler

C’est vrai, on ne reconnaît pas le Stade Français depuis le début de la saison

Sylvain Nicolas n’accable pas non plus ses coéquipiers. Ainsi, quand on demande au troisième ligne parisien si certains n’ont pas tout de même été un peu moins concernés, moins impliqués, la réponse fuse « je ne suis pas d’accord avec vous. Je pense qu’aucun joueur ne triche. Sinon, on n’aurait pas été champion, on n’aurait pas eu le parcours que l’on a eu la saison dernière » avant de concéder « c’est vrai qu’on ne reconnaît pas le Stade Français depuis le début de la saison. Faut juste que tout le monde reprenne confiance en soi. Faut qu’on arrête de se dire on est dernier, on Moi, avec Bourgoin, j’ai joué le maintien durant trois saisons, on sait que ce n’est pas facile. Après, le plus important, vraiment, c’est la confiance. Franchement, on fait de bonne semaine d’entraînement, l’ambiance est toujours la même donc il n’y a pas de raison que le week-end, on ne se mette pas à gagner des matches. »

Sylvain Nicolas sur la pression du classement

Ne pas paniquer, principal mot d'ordre pour Gonzalo Quesada

Clermont, l’adversaire idéal pour retrouver la confiance ?

Pas de raison ? Problème : le Stade Français a un calendrier particulièrement difficile avec dès dimanche prochain, la réception du leader Clermont. Les bonnes nouvelles ? Le retour prévu normalement de Julien Dupuy. Waisea pourrait également être testé. Retour également de Coupe du monde de Morne Steyn, seulement quelques minutes de jeu avec l’Afrique du Sud, il pourrait permettre à Jules Plisson de décompresser et de retrouver son rugby. 

Car une défaite encore, qui plus est juste avant la Coupe d’Europe, compétition attendue depuis 5 ans par le club parisien, et le Stade Français pourrait vraiment se retrouver dans une position plus que délicate. Quant à savoir si tout le monde réalise le danger, il semblerait que la prise de conscience ait eu lieu ce samedi à voir la tête des quelques joueurs passés à côté de leur match et qui, fait très rare au sein de l'équipe parisienne, n'avaient guère envie de répondre aux journalistes. On peut le comprendre. Reste à changer la donne et inverser le cours d'une saison entrain de virer au cauchemar. 

Côté blessés du jour : la cheville pour Sekou Macalou, le dos pour Alexandre Flanquart.


L'avant-match des Parisiens :  

Beaucoup de cadres absents malgré le retour des Bleus

Problème pour Paris : l'absence de nombre de joueurs clefs. Citons le capitaine Sergio Parisse, touché au mollet, Julien Dupuy, en délicatesse avec ses ischio, Antoine Burban (entorse au pied), Raphael Lakafia. Ajoutons encore Djibril Camara, Waisea, Geoffrey Doumayrou. Voilà dans quelles conditions le Stade Français se déplace, une réalité à prendre en compte avant de tirer des plans sur la comète. Après, oui, c'est vrai, les Bleus Pascal Papé et Rabah Slimani sont de retour au côté d'Alexandre Flanquart : tous trois seront d'ailleurs titulaires. "Un retour qui fait vraiment du bien. On a été surpris qu'ils reviennent aussi vite. Ce n'est pas Cardiff ou Twickenham, avec des stades de 80.000 places, ce déplacement à Agen, les Internationaux ce n'est pas toujours simple mais eux, ils sont exemplaires, ils ont un état d'esprit exemplaire" explique ainsi l'entraîneur Gonzalo Quesada. Au point de compenser toutes les blessures? "J'espère que l'on pourra apporta notre fraîcheur, oui" répond le pilier Rabah Slimani "mais c'est en étant solidaire que l'on s'en sortira. On va devoir batailler".

On va devoir batailler

Même discours tenu par l'ancien du club Julien Arias, qui a tenu la baraque avec Julien Dupuy en ce début de saison. "Tout le monde est conscient qu'on ne joue pas notre meilleur rugby et qu'il est temps de gagner des matches. Après, Agen a également besoin de points" ajoute l'ailier parisien. Bref, un match loin, très loin d'être gagné pour le Stade Français qui va devoir composer avec une troisième ligne expérimentale Sylvain Nicolas-Sekou Macalou-Jono Ross, avec encore de nombreux jeunes lancés dans un match à enjeu et qui se savent attendus comme Clément Daguin ou Mathieu Ugena. 

Paris prouvera-t-il une fois de plus que sa formation est l'une de ses forces? En face, Agen a aussi pas mal d'arguments à faire valoir de ce côté-là. Agen/Stade Français, un match à vivre en direct et en intégralité sur France Bleu 107.1, ce samedi, à 14 heures.