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Rugby

Armand Batlle, de Rivesaltes au Stade de France

jeudi 31 mai 2018 à 18:23 Par Cyrille Manière et France Bleu Occitanie, France Bleu Occitanie et France Bleu Roussillon

L'ailier du Castres Olympique va participer à sa première finale au Stade de France, ce samedi contre Montpellier. Formé au club de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), il vit une saison magnifique avec le club tarnais.

Armand Batlle, de Rivesaltes au Stade de France
Armand Batlle, de Rivesaltes au Stade de France © Maxppp - Bernard Batlle / Emilie Cayre

Perpignan, France

Ne l'appelez surtout pas "Bateule". Au moment où Armand Batlle fait parler de lui dans tous les médias nationaux, il se retrouve confronté à ce petit truc qui les agace le plus lui et sa famille depuis bien longtemps : la mauvaise prononciation du nom. En catalan, on dit "Baille" ! Une phrase qu'il a prononcée des dizaines et des dizaines de fois.

"Armand revendique fortement son identité catalane, explique son père Bernard Batlle, il a toujours son protège-dents sang-et-or, il tient surtout à l'orthographe et à la prononciation de son nom. Et puis, dès qu'il peut faire un tour d'honneur comme lors de la demi-finale avec son équipe, il le fait tout le temps avec un drapeau catalan sur les épaules et ça nous fait chaud au cœur. Son identité catalane il la revendique, il l'assume et il en est fier."

Lors de la demi-finale à Lyon, ce sont même ses amis d'enfance et sa famille qui lui ont apporté un soutien à la hauteur de ce qu'Armand aime. Chacun avait une lettre sur son t-shirt pour former son nom dans les tribunes. Dès la fin du match, c'est sa famille qui avait prévu le drapeau sang-et-or pour le tour d'honneur et bien évidemment pour la finale, le rituel est déjà bien en place si jamais les choses tournent bien pour lui et le Castres Olympique.

"Tout petit, il traversait assez facilement le terrain pour aller marquer."

Sa famille et ses amis seront de nouveau au Stade de France : pas loin d'une vingtaine de supporters dans le clan Batlle en tribune. De quoi rappeler à Armand Batlle ses racines, même s'il ne s'en est jamais coupé. Tout petit il a très vite commencé le rugby : "Ça s'est fait très naturellement, raconte son père. J'étais dirigeant à l'école de rugby de Rivesaltes. C'était un gamin sérieux qu'on n'entendait pas trop mais qui avait déjà des qualités de vitesse. À cet âge-là, il traversait assez facilement le terrain pour aller marquer. Il avait un environnement très rugby qui le destinait à en faire. Tout naturellement, ensuite, de Rivesaltes il a basculé vers l'USAP, le club phare de la région, dans la catégorie des cadets. Il s'est encore plus mis au travail car il n'était peut-être pas spécialement programmé pour être un joueur professionnel. Il a franchi les étapes jusqu'à signer son premier contrat pro en 2009-2010."

Armand Batlle accompagnait son père qui commentait les matchs à la radio

Cette passion pour le rugby, Armand l'a cultivée aussi aux côtés de son père dans les années 90. Bernard Batlle commentait les matchs de rugby et notamment de temps en temps l'USAP pour Radio France Roussillon (ex-France Bleu Roussillon) : "Il me suivait régulièrement, avec son frère, même lors des déplacements il montait dans la voiture et venait avec moi. Ça ne lui a peut-être pas donné le goût du rugby, mais il s'est familiarisé avec cette ambiance. Il n'avait même pas 7 ans et il me suivait dans les stades, il portait même le matériel, il m'aidait à faire les installations et surtout il m'accompagnait dans les vestiaires faire les interviews, il côtoyait du coup les joueurs, ce sont des souvenirs qui marquent. Maintenant il est de l'autre côté de la barrière et c'est lui qui parle au micro."

Armand Batlle a rêvé plus d'une fois en regardant l'USAP dans les tribunes d'Aimé-Giral pendant son enfance. C'est finalement contre Bayonne qu'il revêt pour la première fois cette tunique sang-et-or. À l'USAP, il parvient à se faire une place à l'aile, à se battre bien souvent même plus que d'autres pour se donner le droit de jouer. Pourtant, en 2013, c'est la déchirure, il ne fait plus partie des plans de l'USAP entraînée par Marc Delpoux. On lui demande d'aller voir ailleurs. Tout cela au terme d'une saison personnelle qui aurait mérité une autre considération.

De l'USAP à Colomiers, Grenoble et Castres

C'est à Colomiers, en PRO D2 qu'il rebondit. Dans l'esprit de certains, il est peut-être à sa place, dans un club de 2e division Peut-il vraiment voir plus haut ? A Colomiers, dans un club à l'ambiance familiale entraîné à ce moment par le Catalan Bernard Goutta, il s'affime et surtout confirme son potentiel de finisseur. Il enchaîne les essais et finit meilleur marqueur français de la PRO D2.

Il a donc la possibilité de retenter sa chance au niveau supérieur, à Grenoble en Top 14. Aux côtés d'un autre Catalan forcé à l'exil, Gilles Bosch, il gagne sa place et ne déçoit pas. Malheureusement pour lui, Grenoble descend en PRO D2, mais Armand Batlle parvient à rebondir une nouvelle fois au plus haut niveau du côté de Castres.

"Visca Batlle !"

Pour sa première saison en bleu et blanc, là encore dans un effectif de dimension européenne, il se fait une place solide. Le Catalan devient meilleur marqueur du club (14 essais avant la finale). Armand Batlle devient même décisif : c'est lui qui marque les deux essais castrais lors du barrage à Toulouse. Curieux destin, il brille dans le stade Ernest-Wallon qui avait vécu moins de deux semaines la grande fête catalane pour la remontée de l'USAP.

À ce poste d'ailier où on vous demande bien souvent d'être brillant le plus tôt possible dans une carrière, Armand Batlle vit sa plus belle saison l'année de ses 31 ans. Pour la première fois il va disputer une finale du Top 14 et va aussi connaître les joies d'une sélection, avec les Barbarians en Nouvelle-Zélande cet été. 

Armand Batlle savoure et déguste. Ce samedi, il va vivre un grand moment humain et sportif et dans cette finale entre clubs occitans, il aura tout le soutien des Catalans. S'il a rêvé de revenir jouer à l'USAP les dernières saisons, il garde une grosse côte d'affection auprès des supporters usapistes qui ne manqueront pas de crier des "Visca Batlle" devant le match ce samedi soir, et le tout avec la bonne prononciation, le bon ton et surtout la plus grande sincérité.

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Armand Batlle, sous le maillot de Rivesaltes
Armand Batlle avec les espoirs de l'USAP - Aucun(e)
Armand Batlle avec les espoirs de l'USAP - Zebulon Nog
Armand Batlle sous le maillot de l'USAP - Maxppp
Armand Batlle sous le maillot de l'USAP © Maxppp - Michel Clementz
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Armand Batlle sous le maillot columérin aux côté de Yohan Vivalda - Zebulon Nog
Armand Batlle sous le maillot grenoblois - Maxppp
Armand Batlle sous le maillot grenoblois © Maxppp - Christophe Agostinis
Armand Batlle sous le maillot castrais - Maxppp
Armand Batlle sous le maillot castrais © Maxppp - Denis Trasfi
Armand Batlle après la qualification en finale - Aucun(e)
Armand Batlle après la qualification en finale - Castres Olympique