Rugby

Benjamin Kayser : "On croit en nous car on n'a pas montré le maximum"

Par Yves Maugue et Arnaud Carré, France Bleu Gironde, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu mercredi 14 octobre 2015 à 6:00

Benjamin Kayser charge face aux Canadiens.
Benjamin Kayser charge face aux Canadiens. © Maxppp

Le talonneur du XV de France ne veut pas entendre parler de 1999 et 2007. Les Bleus doivent selon lui s'appuyer sur "leurs propres expériences" pour affronter les Blacks samedi soir à Cardiff en quart de finale de la Coupe du monde.

France Bleu : Avez-vous déjà prévu quelque chose face au haka des All Blacks ?

Benjamin Kayser : On a beaucoup de respect pour cette équipe de Nouvelle-Zélande et, franchement, on va juste se concentrer sur le match, les 80 minutes de rugby. Ça va être un grand moment et on va essayer de donner 150% de ce qu'on est capable de produire parce qu'on va essayer d'aller chercher quelque chose d'un peu différent. En revanche, on ne s'attardera pas sur ce qui se passe avant.

On a un grand moment à vivre samedi.

La déception de dimanche est-elle surmontée ?

Oui parce qu'on est qualifiés pour un quart de finale de Coupe du monde, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Evidemment qu'on voulait battre les Irlandais, qu'on n'est pas contents de ce qu'on a réalisé. Bien sûr, il y a des faits de jeu, il y a une très bonne équipe d'Irlande. Mais les premiers à qui on en veut, c'est à nous-même. Maintenant, il faut vite passer à autre chose. Il y a des erreurs que l'on peut utiliser. Si on passe tout notre temps à défendre contre les All Blacks ça ne passera pas, si on n'est pas efficaces sur nos opportunités c'est pareil. Le match de l'Irlande est déjà évacué parce qu'on a un grand moment à vivre samedi.

Comment construire un exploit en une semaine ?

Je ne sais pas. Personnellement je ne l'ai jamais fait. Jusqu'à présent j'étais spectateur comme vous. Je juge juste ce que nous sommes capables de faire. Déjà, je pense qu'on est capable de faire mieux que ce que l'on a montré ces dernières années et depuis le début de cette Coupe du monde. Je sais aussi que lorsqu'on les a joué ces dernières années, on a loupé le coche à certains moments du match. Je pense par exemple au match au Stade de France (novembre 2013, NDLR) où on domine en première mi-temps mais sans concrétiser. Si on ne concrétise pas contre une équipe d'un tel niveau on ne peut pas gagner. Si on est fébrile en conquête comme à Auckland, ça n'ira pas non plus. Même chose si n'exploite pas nos "turn-over" comme à Christchurch. On ne va donc pas parler de 1999 ou 2007 mais on va s'appuyer sur nos propres expériences. Il ne faut pas que les 23 joueurs sur le terrain fassent le match de leur vie mais que le XV de France réussisse un grand match de rugby.

On n'a pas encore montré le maximum.

Par quoi cela peut-il passer ?

C'est l'aboutissement de trois ans et demi de travail pour ce groupe. On savait qu'à un moment on devrait jouer les meilleurs. Evidemment, ce n'est pas fait exprès de les retrouver en quarts. C'est le moment de ne rien lâcher avec des leaders qui s'expriment et un groupe qui reste soudé, en bloc. Si on veut faire un grand match, il faudra que dans l'engagement et la férocité on soit au maximum.

Pourquoi la France peut-elle gagner ?

Parce que c'est un quart de finale de Coupe du monde, parce qu'on croit en nous et qu'on n'a pas encore donné le maximum de ce qu'on est capable de faire, et parce qu'on est prêt à mourir les armes à la main.

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