Rugby

Bernard Laporte, invité de Stade Bleu : "J'ai besoin de challenges collectifs"

Par Benjamin Jacquot, France Bleu mercredi 25 janvier 2017 à 17:46 Mis à jour le dimanche 29 janvier 2017 à 19:10

Bernard Laporte parle de ses nouvelles fonctions à la tête de la FFR
Bernard Laporte parle de ses nouvelles fonctions à la tête de la FFR © Radio France -

Bernard Laporte, président de la Fédération Française de Rugby (FFR), est l'invité de Stade Bleu de Jacques Vendroux dimanche 29 janvier. L'ancien sélectionneur des Bleus parle Tournoi des 6 nations, Coupe du monde et de son besoin constant d'être entouré dans les multiples projets qu'il entreprend.

Bernard Laporte, fraîchement nommé au poste de président de la Fédération Française de Rugby (le 3 décembre dernier), est l'invité de Stade Bleu ce dimanche 29 janvier aux alentours de 19h. Le natif de Rodez raconte comment il en est arrivé à cette récente nomination, son amitié avec Serge Simon (ancien rugbyman et vice-président de la FFR), et l'importance du collectif à ses yeux. Impossible également de passer à côté du Tournoi des 6 nations qui débutera début février et d'évaluer avec lui les chances du XV de France en vue de la prochaine Coupe du monde en 2019.

"J'ai besoin d'avoir des gens autour de moi"

Bernard Laporte est avant tout un compétiteur : joueur de rugby puis entraîneur, sélectionneur, secrétaire d'État chargé des Sports... Celui qui a débuté dans le petit club de Gaillac (Tarn) aime le challenge et la gagne : "Je ne supporte pas la défaite mais quand on fait du sport il faut savoir l'accepter car on ne gagne pas tout le temps !". Malgré tout, c'est une nécessité pour le nouveau président de la FFR : "J'ai besoin de challenges collectifs surtout, je n'aurais pas pu faire de sport individuel, j'ai besoin d'avoir des gens autour de moi, de les faire se transcender, de leur donner ma passion, mon envie, mon énergie, c'est cela qui me passionne !"

C'est avec et grâce, notamment, à Serge Simon, son complice de toujours, que Bernard Laporte a atteint son objectif de présider la FFR : "On ne fait jamais les choses seul ! Serge Simon, 25 ou 30 ans après notre rencontre, est toujours là ! C'est mon premier vice-président, cela montre que l'on a fait des choses, que notre amitié est restée..." Avant toute chose, c'est l'amour du sport qui unit les deux hommes : "Le sport permet d'aller au fond des choses avec les gens, d'avoir des rapports forts dont on a besoin dans la vie de tous les jours !"

"Quand Serge Simon vient avec moi, j'ai encore plus de force !"

La décision de sa candidature à la présidence de la Fédération Française de Rugby, Bernard Laporte la doit aussi en partie à Serge Simon : "Il fait partie des premiers qui vient me voir. Il me dit : si tu n'y vas pas, personne n'ira !" Ce à quoi il ajoute : "Et effectivement quand Serge Simon vient avec moi, j'ai encore plus de force !". L'ancien sélectionneur parle même de leur collaboration comme d'un "duo", qualifiant leur campagne "d'aventure humaine extraordinaire".

"J'ai dit à Guy Novès et son staff : vous resterez jusqu'à la coupe du monde 2019 !"

Bernard Laporte l'annonce d'emblée : "La Fédération Française de Rugby ne m'appartient pas ! J'ai été élu et je suis le représentant du monde amateur. Nous ne sommes pas dans une entreprise privée où l'on fait ce que l'on veut et il faut mettre l'ego de côté." L'ancien sélectionneur du XV de France à qui l'on prête de mauvaises relations avec Guy Novès, l'actuel entraîneur des Bleus, l'affirme : "Guy Novès était pour moi un concurrent, du temps où nous étions entraîneurs en club. Nous avons souvent eu la chance de nous confronter l'un à l'autre lors de compétitions importantes. C'était pour moi un adversaire mais pour qui j'ai beaucoup de respect. J'aime les compétiteurs !" Le président de la FFR reconnaît toutefois que "Guy Novès n'a pas toujours été très sympathique avec l'Équipe de France, quand j'en étais l'entraîneur." Il ajoute : "Pour en avoir parlé avec lui, il était dans un autre contexte et défendait son club. Mais tout ceci c'est du passé !" Le nouveau président a donc tenu à "rassurer" l'entraîneur en place en lui promettant qu'il "restera jusqu'à la coupe du monde de rugby en 2019". Bernard Laporte sera même "le premier supporter et le premier paravent" du XV de France face à d'éventuelles déconvenues en compétitions officielles.

"L'Angleterre est en train de devenir une des meilleures équipes du monde !"

C'est le 4 février prochain que débutera le Tournoi des 6 nations avec un match très attendu entre les Bleus le XV de la Rose. Après un mauvais mondial en 2015, l'équipe d'Angleterre revient en force : "Depuis leur coupe du monde manquée à domicile, les Anglais sont invaincus ! Eddie Jones, un des meilleurs entraîneurs du monde à mes yeux, est en train de faire de cette équipe une des meilleures du monde !" martèle Bernard Laporte. D'un autre côté, malgré "un tournoi moribond, une tournée intéressante en Argentine et une en Europe sans victoire" pour la France, "On sent que quelque chose est en train de frémir. C'est maintenant qu'il faut enfoncer le clou" explique-t-il. Le président de la FFR en est persuadé : "Entre l'équipe d'Angleterre et la France, il n'y a pas un écart considérable. Qu'ils soient favoris ? Oui, ils jouent à domicile, mais je suis convaincu que l'équipe de France va les perturber et surtout peut gagner ce match !" Cela sera possible, selon lui, en "retrouvant la fierté qui fait que l'on a envie de tout gagner et que l'on a envie d'être champion du monde dans 3 ans !"

Bernard Laporte : "Dans 3 ans, on aura une équipe compétitive pour gagner la Coupe du monde !"

Le président de la FFR a foi en son staff et croit aux jeunes talents qui sont en passe d'intégrer durablement le XV de France : "J'ai une confiance totale dans le staff et dans les joueurs. Il y a des jeunes qui sont en train d'arriver et qui sont très bien préparés par les clubs professionnels." Bernard Laporte ne se cache pas d'ailleurs d'avoir de grands espoirs quant à remporter la prochaine Coupe du monde au Japon, en 2019 : "Ces jeunes ont 3 ans pour mûrir. On aura alors une équipe compétitive pour aller jouer la Coupe du monde et la gagner !

L'interview dans son intégralité