Rugby

Brice Dulin : "Il nous faut un état d'esprit de tueurs"

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde et France Bleu mardi 13 octobre 2015 à 15:57

Brice Dulin ce mardi à Newport, appuyé sur les vélos d'entraînement Wattbike.
Brice Dulin ce mardi à Newport, appuyé sur les vélos d'entraînement Wattbike. © Maxppp - Laurent Teillet

A quatre jours maintenant du quart de finale entre le XV de France et la Nouvelle-Zélande, Brice Dulin compte sur le mental pour réaliser l'exploit. L'ailier français ne veut pas se laisser impressionner par les Blacks, ni par les précédents exploits des Bleus.

France Bleu : est-ce qu'il a été difficile de vous remettre de la défaite contre l'Irlande ?

Brice Dulin : Pas du tout. C'était surtout frustrant, embêtant de faire beaucoup d'efforts de construire des choses et de passer à côté sur le match. On se dit que l'équipe était prête mais n'a pas répondu présent contre l'Irlande. C'était notre joker. On l'a utilisé. Maintenant on va jouer des matches où, si l'on perd on rentre à la maison. On n'en a pas du tout envie. Cet énervement qui reste de cette rencontre contre l'Irlande doit aussi nous servir de moteur pour évacuer la fatigue et la déception et repartir de l'avant avec beaucoup d'envie et d'ambition. 

Il faut un état d'esprit particulier pour battre les Blacks ?

Que ce soient les Blacks ou une autre équipe, il faut un état d'esprit de tueurs sur les matches de phase finale. Vu tous les efforts fournis jusqu'à présent, il faut que l'on arrive à sortir enfin un gros match. On veut aussi prendre du plaisir et ça passe par le jeu. On ne va pas dire, c'est les Blacks et il faut se révolutionner (sic) la tête.

A nous d'écrire notre futur.

Ça vous pèse que l'on parle autant des exploits de 1999 et 2007 ?

C'est normal mais c'est du passé. ce n'est pas notre histoire et notre rugby actuel. A nous d'écrire notre futur d'une belle manière. Nous on ne pense pas à ces exploits. Si on gagne dans la douleur et sans faire de beau jeu, ça m'ira. Je n'attends pas que l'on soit exceptionnels, juste que l'on gagne.

Et avez-vous la peur du ridicule face aux Blacks ?

Il y a de très grosses équipes qui sont déjà sorties en quarts de finale, les Blacks par exemple. Elles ne se sont pas écroulées les années suivantes pour autant. On n'a pas peur du ridicule. Je n'ai juste pas envie d'arrêter là la compétition. Nous, c'est dans la réaction que l'on trouvera les ressources nécessaires. Si on reste la tête baissée et qu'on continue à regarder vers le bas, ça va mal se passer. On doit absolument avoir une réaction collective pour rivaliser avec ce qui se présente à nous.

On est capable de faire de belles choses.

Comment trouvez-vous cette équipe néo-zélandaise ?

Elle est toujours performante mais elle a déjà perdu, même si elle n'a perdu que deux matches. Sur ce genre de match couperet, c'est autre chose qui rentre en jeu, l'aspect mental notamment. On aime tous ce que peuvent produire les Blacks quand on est plus jeune même si moi, c'est uniquement l'amour du jeu qui m'a fait aller vers le rugby. C'est le modèle français qui nous anime aussi. On est capable de faire de belles chose. Il faut juste ce déclic dont on parle depuis longtemps. Cette fois on n'a plus le choix, il faut qu'il arrive.

Il y a une vraie confiance entre le staff et les joueurs ?

Bien sûr. Il faut qu'on fasse corps. S'il n'y avait pas les bonnes choses que l'on peut construire, on n'avancerait pas. Il y a aussi des choses qu'on fait ensemble. Des solutions peuvent venir des joueurs. On parle ensemble, on regarde des vidéos. Cela se fait dans l'échange.

Yoann Maestri a évalué vos chances à 25%, vous êtes d'accord avec lui ?

Moi, je ne suis pas bon en statisques. Je préfère ne pas me prononcer.

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