Rugby

Champions Cup : le Stade Français s'est enfin lâché! Victoire 27/7 face au Munster

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris Région samedi 9 janvier 2016 à 21:13 Mis à jour le samedi 9 janvier 2016 à 23:32

Sekou Macalou, auteur d'un essai, élu homme du match
Sekou Macalou, auteur d'un essai, élu homme du match © Maxppp

Tous les rêves restent permis en Coupe d'Europe de rugby. Le Stade Français a signé une belle victoire ce samedi, à Jean-Bouin, 27 à 7, face au Munster, en match en retard de la 2e journée de Champions Cup. Les Parisiens, réduits à 14 en seconde période, restent toujours en course pour les quarts.

Gonzalo Quesada le reconnaît volontiers, il n'était pas vraiment serein avant ce match de Champions Cup. Trop de blessés encore, pas assez de joueurs pour bien préparer le match et le défi physique face au Munster, pas assez de confiance aussi pour un Stade Français qui s'était à peine rassuré après son succès sur le Stade Toulousain. Et pourtant, même réduit à 14 toute la seconde période après le carton rouge bête de Raisuqe, Paris n'a jamais tremblé samedi, facile vainqueur des Irlandais, à Jean-Bouin, 27 à 7 (trois essais de Paul Williams, Sekou Macalou et Hugo Bonneval). Après quatre matches, le Stade Français conserve toutes ses chances de qualification pour les quarts de finale de la Champions Cup, deuxième de sa poule à 4 points du Leicester. Mieux, Paris a peut-être enfin trouvé le chemin de la confiance.

"Match référence? On verra samedi si c'est nous qui avons été bons ou le Munster qui a été moyen"

Une action symbolise à elle seule l'embellie parisienne : la dernière. Du genre de celle qu'on avait l'habitude de voir la saison dernière. De celle qui se déroule à la fin du temps réglementaire avec le Stade, acculé dans ses 22, qui finit par récupérer la faute mais qui, au lieu de sortir le ballon en touche pour se mettre au chaud dans les vestiaires, joue crânement sa chance pour tenter d'aller marquer un essai et décrocher le point de bonus offensif. Inimaginable rien que dimanche dernier. De là à dire que Paris est sorti de la galère? C'est beaucoup trop tôt. Les joueurs le disent, la Coupe d'Europe, ça les motive. "Cela fait huit ans qu'on ne la joue pas. Si c'est pour la jouer à moitié, ça ne sert à rien. Moi, la Coupe d'Europe, je te l'ai dit en début de saison, je veux tout faire pour l'emporter. Donc l'objectif, c'est de tout faire pour se qualifier" lâche ainsi le demi de mêlée Julien Dupuy, auteur encore d'une grande prestation. Et signe qu'il y avait de la joie samedi soir dans les rangs stadistes, c'est un Dupuy à l'humour badin qu'on a enfin retrouvé, taquinant gentiment Pascal Papé, porteur d'eau de l'équipe hier : "c'est pas mal mais je préfère Jérémy Sinzelle, plus fluide, plus constant et plus rapide mais Pascal donne toujours des bons conseils. Non, c'était pas mal, ça me fait plaisir de le voir comme ça!" ajoute-t-il en riant.

Julien Dupuy satisfait de ses troupes et à l'humour taquin

"On a retrouvé un jeu qui nous ressemble, un état d'esprit qui nous ressemble et c'est cela qui est magique"

Se lâcher, prendre plaisir, c'était le mot d'ordre de la semaine, dans la bouche de Gonzalo Quesada même si l'entraîneur l'avoue, il n'était pas du tout serein. Alors, au final, le soulagement et la joie étaient d'autant plus fortes pour l'entraîneur parisien. "C'était une semaine très compliquée, on est encore plein d'adversité dans notre parcours, on a formé une équipe avec une préparation qui n'était pas évidente alors c'est cela qui fait d'autant plus plaisir. On a passé la semaine à se dire les choses les yeux dans les yeux. On pouvait s'attendre à ce qu'on est encore quelques doutes et ne pas réussir à se lâcher mais dès le début du match, il y a eu cette maîtrise" avant d'ajouter "cela nous prouve qu'on est capable encore". En revanche, Gonzalo Quesada réfute toute critique sur des joueurs parisiens qui montreraient plus d'envie en Coupe d'Europe qu'en Top 14 : "ce n'est pas une histoire d'envie! On sait ce qu'on a dans le ventre! La différence, c'est qu'aujourd'hui, ils jouent sans cette pression supplémentaire".

Le match vu par Gonzalo Quesada et son soulagement

Sekou Macalou, élu homme du match

Un jeu par moment retrouvé, plus fluide que sur tout le début de la saison, avec des passes, et des joueurs qui, pour reprendre l'expression employée par Gonzalo Quesada, se sont enfin lâchés. A l'image de Sekou Macalou, à peine 20 ans, première titularisation en Coupe d'Europe et déjà élu homme du match. Lui qui avait avoué après sa première titularisation en Top 14, face au Racing, avoir eu les chocottes, est cette fois-ci rentré tout de suite dans sa partie pour finir meilleur plaqueur de la rencontre. Excellent en touche, le Sarcellois a aussi une fois de plus démontré sa pointe de vitesse hors-norme pour un troisième ligne, auteur d'un essai en solitaire de près de 50 mètres. "Il y avait beaucoup d'envie de  jouer contre le Munster, en plus à domicile. Mes coéquipiers m'ont dit que j'avais un bon match, voilà, cela fait extrêmement plaisir" concède Macalou, plus intimidé par les journalistes que par l'Europe.

Sekou Macalou heureux mais tout intimidé par les micros et les caméras

'Je l'ai félicité mais je lui ai aussi dit de faire attention, il est encore à 50% de son potentiel" 

De là à s'enflammer? Sekou Macalou peut compter sur certains de ses coéquipiers pour ne pas attraper la grosse tête. Parmi eux, Julien Dupuy : "je lui ai dit d'oublier vite parce qu'un jour, on est bon, un autre non. Donc il faut qu'il continue à travailler. Pour l'instant, et sans être vraiment méchant, il est à 50% de son potentiel. Quand on voit ce qu'il est capable de faire à l'entraînement, il peut encore donner énormément." 

Julien Dupuy met en garde Sekou Macalou

Un peu le même discours chez Gonzalo Quesada qui a tout de même souligné aussi tout le chemin parcouru en cinq mois seulement par son jeune joueur. "Au début de la saison, il a été dans le dur. Les horaires, le respect de toutes les consignes, ce n'était pas son point fort. La discipline, l'enchaînement des charges de travail, ce n'était pas son point fort non plus" ou le dur apprentissage du professionnalisme pour un joueur habitué des fast-food et pas forcément au top sur son sommeil. 

Mais petit à petit, le diamant apprend et se façonne au plus haut niveau. Autre joueur en vue encore samedi soir, à Jean-Bouin : le centre samoan Paul Williams. Déjà auteur de l'essai de la victoire le week-end dernier face à Toulouse, Paul Williams a une fois de plus montré la voie avec le premier essai parisien de la partie. "C'était un gros match et je suis content qu'on ait gagné. Je profite de mon temps de jeu sur le terrain, c'est bon de jouer" a-t-il expliqué à l'issue de la partie.

Paul Wiliams qui profite de chaque minute passée sur les terrains

Toujours aussi bon et précieux en défense également, il va peut-être finir par faire douter ses dirigeants de le laisser filer à la concurrence à la fin de la saison.

Point infirmerie : le talonneur Laurent Sempéré est sorti sur blessure, touché à la nuque, en seconde période. Les nouvelles se voulaient plutôt rassurantes ce samedi soir, même si le joueur doit passer des examens lundi.

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