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Rugby

Champions Cup : Pierre-Henry Broncan (Bath) va retrouver le Stade Toulousain samedi

jeudi 11 octobre 2018 à 16:37 Par Julien Balidas, France Bleu Occitanie

Après trois saisons passées dans le staff toulousain, Pierre-Henry Broncan est désormais en poste à Bath, en Angleterre. Son équipe affronte Toulouse samedi pour la première journée de Champions Cup. Rencontre que vous vivrez en direct et en intégralité sur France Bleu Occitanie.

Pierre-Henry Broncan et William Servat seront adversaires samedi à Bath.
Pierre-Henry Broncan et William Servat seront adversaires samedi à Bath. © Maxppp - XAVIER DE FENOYL

Toulouse, France

Le Gersois Pierre-Henry Broncan a passé les trois dernières années au Stade Toulousain (après des expériences à Auch, Colomiers ou encore Tarbes) avant de partir pour sa première expérience à l'étranger en Angleterre. A Bath, il est en charge de l'analyse de l'équipe adverse et du recrutement. Entretien. 

France Bleu Occitanie : Ce n'était pas le match le plus difficile à préparer pour vous...

Pierre-Henry Broncan : Oui c'est sûr que c'est plus facile à préparer que les autres. J'ai pris moins de temps par rapport aux moments où j'étudie les équipes de Premiership que je découvre cette saison. 

C'est votre première expérience à l'étranger. Qu'est-ce qui change ?

C'est intéressant parce que ça me permet de découvrir un nouveau championnat, de nouveaux systèmes, de nouveaux joueurs. Il y a eu une énorme préparation estivale. Très dure d'un point de vue physique. Les Anglais sont réputés pour ça et c'est ce qui m'a marqué : l'intensité lors des entraînements. Les joueurs ont une mentalité exemplaire. C'est le gros changement, toujours tout faire à 100%. L'autre changement, c'est que tout est minuté, organisé chez les Britanniques. On a beaucoup de réunions. Tous les matins à 8h, réunion obligatoire avec tout le staff. Tous les vendredis après-midi on fait un retour de la semaine qui vient de s'écouler. Et une semaine avant, on fait une analyse de l'adversaire. 

Le championnat anglais, c'est comment ? 

En Premiership, il y a deux équipes au-dessus du lot : Exeter et les Saracens. Ce sont deux équipes très structurées, très fortes sur la conquête et dans la red zone, la zone de marque. Et ensuite, il y a un autre championnat avec le reste des équipes. Les Wasps notamment. En fait, les autres ont une conquête moyenne. C'est peu travaillé dans ces clubs, notamment chez nous à Bath. C'est en train de changer quand même. On s'aperçoit qu'après six journées, Exeter a marqué six essais sur ballons portés. Bath et les Wasps sont à zéro. C'est bien beau de vouloir jouer vite comme à l'entraînement mais dans un championnat où il pleut souvent, le ballon porté est une arme précieuse. 

"Le calendrier est plus cool en Angleterre"

La Champions Cup, ça représente quoi ?

La grosse différence avec la France c'est le calendrier. On va jouer ces deux matches de Champions Cup et ensuite ce sera la Coupe anglaise où tu peux faire jouer les jeunes. Les Français doivent reprendre de suite le Top 14. En plus on a deux équipes en moins dans le championnat. Et pas de barrage. Donc cinq matches en moins. C'est un championnat plus cool sur le calendrier. Les matches de Coupe d'Europe deviennent donc aussi importants que la Premiership. Mais le championnat est important, il faut être dans les six. Pour disputer les phases finales il faut même être dans les quatre premiers.

Vous avez bien sûr préparé la réception du Stade Toulousain... 

Nous sommes très méfiants. Les équipes anglaises craignent beaucoup les Français sur la conquête directe. Toulouse est une équipe très offensive. Un demi de mêlée qui revient de blessure et qui peut apporter du danger. On sort en plus de deux défaites. Les joueurs sont excités parce qu'ils aiment la Coupe d'Europe. 

La vie à Bath ça ressemble à quoi ? 

C'est la plus belle ville d'Angleterre, sincèrement. Une région superbe et une ville magnifique construite par les Romains. La seule ville thermale d'Angleterre. Le stade est à l'anglaise, avec des tribunes très proches du terrain. Des rues piétonnes, des pubs... Ensuite, vous avez des terrains de rugby partout. Le rugby est obligatoire de septembre à décembre de l'école primaire au lycée. Les garçons ne peuvent pas faire autre chose. Si vous avez un enfant très physique, très rapide, vous ne pouvez pas passer à côté dans les détections. Mes deux enfants sont scolarisés ici. Ils ont entraînement le mardi, le mercredi, le vendredi puis match le samedi. C'est énorme. Mon aîné au collège, ils sont 70 dans sa catégorie. Il y a trois équipes. Le weekend, tu joues que si tu y es pris dans ces trois équipes. Ici, c'est très rugby. Il y a Bath, Bristol, Exeter, Gloucester... 

"Les supporters sont sous la pluie et ils adorent"

La ville respire le rugby...

C'est clair. Il y a un projet ici de nouveau stade à partir de la fin de saison, au même endroit que l'actuel (Recreation Ground). Trois tribunes sur quatre sont découvertes. Les gens me disent en voyant le projet du nouveau stade "mais nous on aime bien ça !" En fait ils adorent. Il pleut et ils adorent. Ils se mettent un sac poubelle sur la tête mais ils adorent. Ils boivent des bières en tribunes. C'est la sortie du weekend. Tu gagnes ou tu perds, ils passent une bonne journée. Ils vont poursuivre leur samedi en famille ou entre amis. On n'a pas fait que des bons matches depuis le début de la saison mais on n'a jamais été sifflés. 

Vous gardez un oeil sur le Top 14 ? 

Bien sûr. Je regarde le Top 14, la Pro D2 et même la Fédérale 1. Je ne décroche pas. En plus, je peux suivre le Pro 14 avec les Celtes. Je découvre différents joueurs. Il y a de très bons jeunes ici, c'est incroyable. 

Pourquoi être parti en Angleterre ?

J'avais des enfants en âge de le faire. C'est plus facile pour eux de s'intégrer. Pour moi, c'était l'opportunité de découvrir un autre fonctionnement, une autre culture. Et apprendre l'anglais. Même en France, on est confronté à de plus en plus de joueurs étrangers. Normalement, on va rester ici deux ou trois ans. Mais les enfants adorent ce système anglais. C'est plus souple. Ils ont beaucoup de rugby, ils terminent l'école à 15h15. Le rugby c'est jusqu'à 17h. Alors que quand ils étaient à Auch, ils finissaient à 17h, ils rentraient à 19h30. Il fallait manger, faire les devoirs. Cela n'a rien à voir. 

Et dans deux ou trois ans vous voulez de nouveau entraîner en France ? 

Pourquoi pas. Ici, j'en profite pour tout noter, tout regarder. Il y a peut-être des choses qui ne sont pas transposables en France. Mais après trois mois passés ici, je comprends de mieux en mieux et je me fais ma propre opinion. On verra les opportunités que j'ai sur le moment, mais pour l'instant je ne me fais pas de plan. Peut-être qu'on restera plus longtemps si les enfants veulent rester. On se concentre avant tout sur cette première année. Avec ma femme et les enfants on est ravis. Il n'y a que la météo. Moi, ça ne me dérange pas trop, ma femme plus. C'est vrai que ça change du Gers.