Rugby

Rugby : Timo revient au Moun

Par Pierre-Albert Blain, France Bleu Gascogne jeudi 18 mai 2017 à 18:38

Timoci Matanavou
Timoci Matanavou - Romain Tastet / Stade Montois rugby

Une dernière recrue pour le Stade Montois Rugby. Un retour. Imprévisible à priori. Timoçi Matanavou, ailier fidjien fantasque devrait venir terminer sa carrière dans le club qui l’a découvert.

Les tempes se sont un peu dégarnies mais la silhouette n’a pas beaucoup bougé si ce n’est un peu de volume musculaire pris un temps sous la fonte toulousaine. Timoçi Matanavou revient donc en bord de Midouze retrouver certains de ses anciens coéquipiers. Il aura 34 étés le 8 juillet prochain mais des ans Timoçi Matanavou n’a pas vraiment subi l’irréparable outrage. Il a encore cette dégaine d’adolescent et cette bouille joviale et débonnaire, cette démarche chaloupée. L'allure est toujours celle de ce fantasque et merveilleux attaquant capable de donner le tournis et la nausée à toutes les défenses d’ovalie.

L’ailier fidjien, meilleur marqueur de Pro D 2 en 2010 avec 19 essais, revient de son archipel pour un ultime défi au temps et aux turpitudes qui furent siennes. Il arrive en 2008 au Stade Montois. Formidable joueur à 7 il est intégré par la filière fidjienne du Stade Montois de Srevei la figure tutélaire alors que le club vient d’accéder au Top 14 à l’issue d’une finale d’anthologie gagnée face au Racing d’Auradou. Matanavou séduit tout de suite. Il est attachant, un gamin qui passe ses mercredi après-midi à taper le ballon avec les petits montois de l’école de rugby. Qui se ballade en ville sur une vieille bicyclette et que tout le monde connait. Et puis il est génial sur le pré ! Rapide, incisif, imprévisible, déconcertant.

En 2011 il signe au Stade Toulousain et devient meilleur marqueur de la H Cup, la grande coupe d'Europe avec huit essais. Il remporte le Brennus avec Toulouse. Mais le jeune homme qui est arrivé ingénu dans la ville aux trois rivières se fait happer par de mauvais génies dans la cité aux violettes. En 2016, après une vie compliquée sur les bords de la Garonne il rejoint Perpignan. Où il ne jouera jamais. Ses démons le poursuivent, son épouse décède, il est reclus dans son île auprès de ses deux enfants après avoir été licencié par l’USAP. Le contrat de Matanavou est parti depuis longtemps de Boniface vers Suva. Lui offrant une dernière chance de briller sur le gazon qui l'a fait roi.

Le joueur rentre le mois prochain dans son deuxième foyer auprès de ceux qui lui ont permis il y a neuf ans, toute une vie, d’éclore et d’affirmer son talent. Au Moun Timo revient un peu à la maison.