Rugby

Coupe du monde de rugby | Bernard Lapasset : "Le spectacle fait partie de notre ADN"

Par Arnaud Carré, France Bleu mardi 15 septembre 2015 à 16:12

Bernard Lapasset, le président de World Rugby
Bernard Lapasset, le président de World Rugby © Max PPP

Une coupe du monde de tous les records, l'arbitrage, ses espoirs de spectacle et les difficultés rencontrées avec le Japon pour la prochaine édition. Le patron de World Rugby fait le point à trois jours de l'événement. Entretien.

France Bleu : est-ce que le « bébé coupe du monde » a bien grandi ?__

Bernard Lapasset_ :On annonce partout qu’on bat tous les records donc c’est une réussite. Je suis heureux d’avoir contribué à renforcer l’image du rugby international. Je crois que c’est la réussite du travail fait par World Rugby mais aussi du travail fait ans l’ensemble des pays. On a beaucoup travaillé sur la partie développement, beaucoup travaillé sur la partie promotion avec l’ouverture de nouvelles chaînes de télévision en Asie, en Amérique du Sud, aux Etats-Unis. On a vraiment travaillé sur la diffusion des images. Ça donne la référence d’une grande compétition internationale avec bien sûr une augmentation des revenus et des produits financiers. Tout ça servira pour le développement du rugby dans les quatre prochaines années.

Est-ce que le spectacle sera au rendez-vous ?

Regardez un peu dans l’histoire. On n’a jamais eu des coupes du monde avec beaucoup d’essais marqués dans les phases finales. Ce sont toujours des matches serrés et fermés. J’espère qu’on aura la chance de voir des équipes libérer leur énergie, leur savoir-faire. Le rugby a évolué, les règles ont évolué, le rugby professionnel est devenu plus dur, plus rigoureux. Mais tout ça ne doit pas faire oublier que le rugby est un sport de passion, de créativité où on a besoin de vivre de l’émotion, de sentir vibrer des gens qui viennent voir du spectacle. Je crois que c’est quelque chose qui fait partie de notre ADN. On a besoin de retrouver ça. On va voir comment démarre cette compétition pendant la phase de poules en espérant que les grands joueurs vont être au rendez-vous.

Pour 2019, il n’y a jamais eu de plan B, de contact avec l’Afrique du Sud ou un autre pays . C’est important d’aller au bout avec le Japon.

En 2011, l’arbitrage avait été critiqué, notamment en finale. A-t-il progressé ?

On a besoin de travailler sur l’équilibre que doit trouver un arbitre sur les phases qu’il doit ou non siffler. Le rugby propose énormément d’opportunités de faire des fautes, de passer à côté des règles. Tout ça oblige les arbitres à beaucoup d’attention et surtout de continuité sur l’ensemble du match. Quand on commence avec un type d’arbitrage, il faut aller au bout. Je vais leur faire passer un message de confiance. On a aujourd’hui les meilleurs arbitres du monde d’après un classement qui leur donne une légitimité. Il y a eu quelques difficultés, c’est vrai, mais on a vraiment confiance avec le panel d’arbitres représentés.

La RWC2015 s'annonce comme celle de tous les records. - Radio France
La RWC2015 s'annonce comme celle de tous les records. © Radio France

Quid de la future édition au Japon en 2019 et des difficultés rencontrées après l’abandon du projet de grand stade par le gouvernement ?

Cette décision a été un choc pour nous provoquant un grand changement quant au format de la compétition. Mais je suis très confiant aujourd’hui sur notre capacité à aller au bout du processus. Nous discutons avec la Fédération japonaise, le comité d’organisation et les autorités. Il n’y a jamais eu de plan B, de contact avec l’Afrique du Sud ou un autre pays . C’est important d’aller au bout avec le Japon.(ndlr : les noms de l’Italie et de la France avaient circulé)

Un mot sur l’équipe de France ?

L’équipe de France est prête après une belle préparation. Les Français sont redoutés ici. On lui souhaite vraiment beaucoup de chance et de réussite. On a beaucoup d’espoirs en elle.

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