Rugby

Coupe du monde de rugby : David Pocock, bien au-delà de la ligne d’avantage

Par Yves Maugue et Arnaud Carré, France Bleu jeudi 29 octobre 2015 à 6:00

David Pocock, le troisième ligne australien.
David Pocock, le troisième ligne australien. © Maxppp

Pour tenter d’aller décrocher samedi un troisième titre mondial face aux All Blacks, l’Australie pourra compter sur l’abattage de son troisième ligne David Pocock. Un leader de jeu qui a changé le visage de son équipe mais aussi un homme qui ne vit pas que pour le rugby. Découverte.

Il va retrouver une pelouse qu’il avait quitté le sourire aux lèvres et le nez en sang après le combat livré à l’Argentine. Car le joueur des Brumbies va mettre la tête là où d’autres hésiteraient à mettre les mains. Sa cour de récré, la zone de rucks où il fonce, plaque, se relève et pose ses mains sur le ballon. Pour ne plus le lâcher.

Le meilleur "gratteur" de la Coupe du monde

A 27 ans, David Pocock (54 sélections) est de loin le meilleur « gratteur » de cette coupe du monde. Quatorze ballons récupérés en quatre matches, provoquant ces fameux turnovers qui déstabilisent les défenses. Arrivé en novembre 2008 sous le maillot des Wallabies, le Zimbabwéen de naissance dispute cinq matches du Mondial 2011. Mais la suite est moins souriante. Deux graves blessures au genou en 2013 et 2014, ainsi qu’une autre à la cheville en février dernier le font disparaître des radars internationaux.

Plus romantique que guerrier

Michaël Cheika le rappelle en juillet dernier, soit deux ans et demi après sa dernière sélection. L’ancien flanker affronte l’Afrique du Sud au poste de troisième ligne centre. Un coup de poker qui se révèle vite être un coup de force. Pocock s’impose et dispute la coupe du monde avec le numéro 8 dans le dos.

Si le joueur impressionne ses partenaires, il ne le fait pas que sur le terrain. « Après un match, glisse son capitaine Stephen Moore, certains se promènent sur leur Segway (ndlr : un gyropode), et lui, il reste dans sa chambre à regarder un documentaire de David Attenborough ».

J’adore ce jeu, mais ce n’est qu’un jeu et il y a sans doute d’autres choses à faire dans la vie que de courir après un ballon.

Car David Pocock ne vit pas que pour le rugby. Bien au contraire. « J’adore ce jeu, explique-t-il, mais ce n’est qu’un jeu et il y a sans doute d’autres choses à faire dans la vie que de courir après un ballon ». L’Australien confirme être un passionné des documentaires, notamment ceux d’Attenborough, le naturaliste angais. Il milite également pour l’égalité des droits au mariage pour les homosexuels en Australie. C’est aussi un défenseur de l’environnement, arrêté en novembre dernier pour s’être enchaîné en protestation au développement d’une mine de charbon en Nouvelle-Galles du Sud. « Je suis plus un romantique qu’un guerrier », avoue-t-il. Mais une fois sur le terrain, la métamorphose est saisissante.

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