Rugby

Coupe du monde | XV de France : faut-il y croire ?

Par Yves Maugue, France Bleu Béarn, France Bleu Gascogne, France Bleu Gironde, France Bleu Isère, France Bleu Pays Basque, France Bleu Pays d'Auvergne, France Bleu Périgord, France Bleu Toulouse et France Bleu vendredi 18 septembre 2015 à 8:00 Mis à jour le vendredi 18 septembre 2015 à 11:52

Les Bleus auront-ils le sourire le 31 octobre prochain ?
Les Bleus auront-ils le sourire le 31 octobre prochain ? © Max PPP

Le XV de France attaque sa Coupe du monde de rugby ce samedi face à l'Italie. Les Bleus, finalistes de la dernière édition en 2011, n'ont jamais convaincu depuis. Peuvent-ils se révéler en Angleterre ? Éléments de réponse avec l'avis de quelques grands anciens.

Depuis la prise de fonctions de Philippe Saint-André après la Coupe du monde 2011, le XV de France ne brille ni par ses résultats, ni par sa qualité de jeu, ni par sa constance. Capables de quelques éclairs, les Bleus n'ont pourtant jamais réussi à remporter un Tournoi des 6 Nations. Ils n'ont aligné qu'une fois trois victoires d'affilée, lors de la tournée d'automne en 2012. Ils ont également réussi à trébucher contre l'Italie ou l'Argentine. Et ils n'ont pas réussi à exister lorsqu'ils ont dû affronter l'ogre néo-zélandais.

Voilà qui n'est guère rassurant à l'heure d'attaquer la Coupe du monde où il faut obligatoirement aligner trois victoires face à des grosses nations dans la deuxième phase de la compétition pour toucher le graal, la coupe William Webb Ellis. Pourtant, la situation était quasiment la même il y a quatre lorsque la troupe alors dirigée par Marc Lièvremont s'était envolée pour la Nouvelle-Zélande. Quelques semaines plus tard, Dusautoir, Parra, Trinh-Duc et leurs coéquipiers échouaient d'un rien en finale contre les Blacks. Faut-il donc croire à un nouveau parcours réussi du XV de France ? Ou au contraire craindre une élimination dès le premier tour dans une poule où se trouvent également l'Irlande et l'Italie ? Nous avons sondé quelques grands anciens. Voici leur opinion.

Jean-Baptiste Poux, 35 ans, 17 matches joués en Coupe du monde, pilier de l'Union Bordeaux-Bègles

Un meilleur effectif qu'en 2011

"Lors des matches de préparation, j'ai trouvé les Bleus très forts devant, un peu plus bourrins à l'arrière avec quelques ballons mal négociés. La machine va se mettre petit à petit en route, j'ai bon espoir qu'ils fassent un excellent parcours. Le staff a constitué le meilleur effectif possible, pour moi il est mieux que celui de 2011. Le premier match est toujours difficile après deux mois de préparation et des matchs amicaux qui n'ont rien à voir dans l'intensité. Tout est possible pour les Bleus, je les vois bien évidemment sortir de la poule, devant l'Irlande même afin d'éviter les Blacks en quart. On réussit toujours quelque chose en coupe du monde, ils ont bien travaillé même s'ils n'ont pas eu les résultats espérés. La préparation a montré qu'il y avait une base solide. Ils arriveront en demi-finale, je pense."

Franck Tournaire, 43 ans, 6 matches en Coupe du monde, finaliste en 1999

On va être dans le dernier carré

"J'ai toujours eu pour habitude de ne pas juger les matches de préparation car les Bleus viennent d'encaisser une grosse préparation physique, il y a aussi eu une revue d'effectif avant de tester tout le monde. La liste me plaît, on a des joueurs performants à tous les postes. Depuis le début je dis que l'on va être dans le dernier carré, j'espère bien sûr plus en tant que bon Français. Personnellement, je vois les Anglais aller au bout, même si je souhaite bien évidemment que les Bleus soient champions du monde. Ce serait bien pour nous, depuis le temps que l'on échoue..." 

Olivier Brouzet, 42 ans, 14 matches en Coupe du monde, directeur du développement de l'Union Bordeaux-Bègles

Plein d'interrogations sur leur capacité à bien figurer

"Il y a eu du bon, du moins bon. On a vu un XV de France entreprenant face à l'Angleterre, du confus face à l'Écosse, mais on attend, on attend que cette équipe se réveille enfin. Elle va pouvoir mettre à profit contre l'Italie ses longues semaines de préparation. Moi, personnellement, je suis toujours plein d'interrogations sur leur capacité à bien figurer dans cette coupe du monde. J'ai aussi fait partie de contingents de joueurs loin d'être favoris au départ mais qui ont réussi à se hisser en finale. L'équipe de France peut créer la surprise, ce sont tous des joueurs de très grand talent. Il faut juste qu'ils apprennent à jouer ensemble. L'Italie sera un vrai test car, même si Parisse sera absent, elle reste très accrocheuse. Si on veut être champion du monde, il faudra se montrer performant d'entrée."

Yannick Jauzion, 37 ans, 6 matches en Coupe du monde (2003-2007)

L'Italie va permettre de rassurer le groupe

"J'ai vu les trois matches de préparation, on sent les joueurs prêts physiquement. Après, il leur manque un peu de liant collectif, même s'ils s'appuient sur une ossature très solide. Ce qui va être intéressant à regarder, c'est l'enchaînement des matchs afin de voir si les longues semaines de travail en amont vont payer. Ce n'est jamais évident de rentrer dans une telle compétition, comme nous en 2007 face aux Argentins. L'Italie va permettre de rassurer le groupe sur son jeu offensif. Il ne faut pas essayer d'être trop ambitieux ou pessimiste, il faut avancer match par match, il y aura forcément une part de chance qu'il faudra saisir."

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