Rugby

Fabien Pelous : "Le rugby français ne va pas mal"

Par Frédéric Chapuis, France Bleu Toulouse lundi 19 octobre 2015 à 22:04

Fabien Pelous a passé douze saisons sous le maillot toulousain
Fabien Pelous a passé douze saisons sous le maillot toulousain © Radio France - Bénédicte Dupont

Avec 118 sélections (1995-2007), Fabien Pelous reste le plus capé des joueurs français. L'ancien capitaine des Bleus, revenu cet été à Toulouse comme directeur sportif, a accepté, pour France Bleu, de faire le point après l'échec du XV de France à la Coupe du monde. Entretien.

S'il est une voix qui compte dans le rugby français, c'est bien celle de Fabien Pelous. Le directeur sportif du Stade Toulousain, revenu dans son club de coeur cet été après le départ de Guy Novès, a la particularité d'avoir aussi une casquette fédérale. Ancien manager de l'équipe de France des moins de 20 ans (2011-2015), l'ancien capitaine du XV de France, est toujours un cadre de la Fédération Française de Rugby (FFR). Une double casquette qui offre à Fabien Pelous une vue d'ensemble sur le rugby français. 

Invité ce lundi de l'émission "Les Jeux du Stade" sur France Bleu Toulouse, Fabien Pelous a accepté de faire le point après l'élimination des Bleus contre la Nouvelle-Zélande. Le bilan de Saint-André, la formation française, les contrats fédéraux pour les internationaux, l'ancien deuxième ligne international n'a rien éludé. Interview.

L'échec des Bleus au Mondial

"Tout le monde doit assumer l'échec de l'équipe de France sur la Coupe du monde, même si, pour moi, c'est un échec sur ce qui a été proposé plus que du résultat comptable. On a vu une belle Coupe du monde avec des équipes, plutôt tournées vers un rugby d'offensive, un rugby spectaculaire et c'est vrai que l'équipe de France a été en retrait sur ce point là."

Pour Fabien Pelous, l'échec du XV de France est d'abord, celui du jeu.

La domination du rugby du Sud

"Le mal n'est pas que français, il est européen. Tout le monde doit se poser des questions en Europe que ce soit les Anglais, qui ont été les premiers sortis, ou bien les autres Nations. Il n'empêche, on a quand même l'impression que ces quatre Nations du Sud (Afrique-du-Sud, Nouvelle-Zélande, Australie, Argentine) ont un peu d'avance sur l'efficacité de leur rugby notamment en proposant un jeu un peu plus "open, fait de passes, un peu plus spectaculaire, c'est vrai."

Fabien Pelous juge la domination du Sud sur le Nord.

Les internationaux payés par la Fédération, plus par les clubs ? 

"Ce n'est pas parce qu'il (Pierre Camou, le président de la FFR, s'est déclaré "prêt" pour les contrats fédéraux. ndlr) se déclare "prêt" que ça va se faire automatiquement. Je ne veux pas rentrer dans ce débat là. Ce genre de contrat aurait d'autres conséquences qu'il faut, à la fois mesurer, qu'il faut appréhender pour vraiment s'exprimer. Moi en tant que élu fédéral quand même, et comme directeur sportif du Stade Toulousain, je suis des deux côtés. Je peux comprendre qu'il y ait des idées de part et d'autre mais je crois qu'on peut se prendre un peu de temps de réflexion pour choisir les meilleures idées." 

Fabien Pelous est prudent sur les contrats fédéraux pour les internationaux.

Les choses évoluent, elles évoluent à leur rythme mais évoluent. La révolution ? Mais pour quoi faire ?

La formation française

"Au Stade Toulousain, ça bosse très bien. Les joueurs, à partir de l'âge de 12 ans, entrent dans une filière un peu privilégiée pour travailler la technique individuelle, en plus des entraînement collectifs avec leurs équipes respectives. On gagne du temps sur l'apprentissage des gestes de rugby de haut niveau. On est dans cette voie là, en plus de la filière fédérale qui existe depuis 10 ans où les joueurs, à partir du moment où ils entrent au lycée ou dans des bacs professionnels, passent la moitié de la journée à faire du rugby. C'est indispensable d'augmenter le niveau de la formation mais surtout, de privilégier quelques places pour l'accès à la compétition de ces joueurs. Car malgrè tout, on peut faire la meilleure formation du monde, si les joueurs n'ont pas accès à une compétition de haut niveau, tout ça, c'est du vent. Être formé correctement, je pense que c'est déjà le cas. Mais surtout pouvoir s'aguerrir sur les terrains en début de carrière pour ensuite s'exprimer au plus haut niveau".

Fabien Pelous juge indispensable d'augmenter le niveau de la formation.

Le changement, pas pour maintenant ? 

"Franchement le rugby français ne va pas mal ! Je veux dire, on est entre la cinquième et la huitième place. On est juste à notre place. C'est bien de vouloir faire la révolution, mais pour en faire quoi de cette révolution ? Est-ce qu'on privilégie l'équipe de France ? Et alors on organise tout autour de l'équipe de France, quitte à sacrifier notre Top 14, mais je ne pense pas que ce soit le voeu de la majorité des gens, soit on continue comme ça en essayant d'améliorer les choses pour les 30 joueurs susceptibles de jouer avec l'équipe de France. Je pense que c'est plutôt une voix à envisager. C'est un échec ponctuel, et à un moment, je crois qu'il faut aussi raison garder."

Fabien Pelous estime que le rugby français ne va pas mal.

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