Rugby

Finale de la Coupe du monde de rugby : Richie McCaw, la légende et son ombre

Par Yves Maugue, France Bleu jeudi 29 octobre 2015 à 10:35

Richie McCaw, le capitaine des All Blacks, ici contre la Namibie.
Richie McCaw, le capitaine des All Blacks, ici contre la Namibie. © Maxppp

Seigneur du jeu pour les uns, à la limite du hors-jeu pour les autres, le capitaine des All Blacks ne fait pas l’unanimité, surtout chez ses adversaires. Bardé de records, il pourrait devenir samedi contre l'Australie le premier capitaine à soulever pour la deuxième fois le trophée Webb Ellis.

Il en a gratté des ballons depuis 2001 et sa première sélection avec les All Blacks en Irlande à Landsdowne Road où il avait d’ailleurs été élu homme du match. Quatorze ans et 147 capes plus tard, Richie McCaw va disputer sa deuxième finale mondiale, leader incontesté d’une équipe néo-zélandaise dont il est l’âme. « Notre capitaine est probablement le plus grand joueur de tous les temps » expliquait son sélectionneur Steve Hansen samedi, au soir de la victoire face à l’Afrique du Sud. « C’est un joueur fantastique, sur et en dehors du terrain, une vraie source d’inspiration », avançait l’ouvreur Dan Carter quelques jours plus tôt.

A 34 ans, ce descendant de colons écossais, élevé à la rude dans une ferme de la province d’Otago, a battu tous les records ou presque. Le plus grand nombre de sélections (il a dépassé Brian O’Driscoll cet été), de capitanats, de victoires en test match. Engagé dans sa quatrième coupe du monde, il égalera le record (22) de matches joués dans cette compétition. N’en jetez plus.

La règle, quelle règle ?

Mais le flanker des All Blacks n’a pas que des amis dans le rugby, c’est peu de le dire. Car il traîne dans son sillage la réputation d’être un joueur qui n’a pas son pareil pour jouer avec la règle. Dans son autobiographie Ma petite étoile, Sébastien Chabal déplore que McCaw soit « toujours à la limite de la faute (…) manière de dire qu’il la franchit plus souvent qu’il ne flirte avec ». Habitué à rouler à 95km/h sur une route limitée à 90, le numéro 7 néo-zélandais est pourtant rarement pris par la patrouille (trois cartons jaune recensés). D’où cette impression d’immunité auprès d’un corps arbitral qui fermerait les yeux sur ses agissements dans les rucks.

En finale de l’édition 2011, un coup de genou avait renvoyé le Français Morgan Parra aux vestiaires. Samedi face aux Springboks, c’est un coude égaré qui a percuté le visage de François Louw. Mais dans les deux cas, Richie McCaw n’a pas été sanctionné. De quoi entretenir la légende…et lui permettre de marquer encore un peu plus l’histoire de son sport.

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