Rugby

Finale de la coupe du monde : les clés du duel par Guy Accoceberry

Par Arnaud Carré, France Bleu Gironde et France Bleu samedi 31 octobre 2015 à 8:00

Guy Accoceberry au Millennium de Cardiff.
Guy Accoceberry au Millennium de Cardiff. © Radio France - Arnaud Carré

Avant l’affrontement entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande samedi (17h) à Twickenham, le Bordelais, ancien demi de mêlée international et consultant de Radio France, nous livre son sentiment et son analyse sur cette finale inédite.

La forme du moment

Les Néo-Zélandais ont eu un parcours où ils sont montés en puissance. On sent que cette équipe a encore de la fraîcheur, elle a été épargnée par les blessures et elle a pu faire tourner en poule. Quand on voit la deuxième mi temps face à l’Afrique du sud, pourtant redoutable dans le défi physique, c’est elle qui finit le plus fort. Ils seront prêts à la différence des Australiens qui ont eu une poule compliquée. A part l’Uruguay, ils n’ont eu que des matches avec beaucoup d’engagement. Ils vont arriver un peu plus fatigués, avec des joueurs fragilisés et un jour de récupération en moins. Des cadres comme Giteau et Folau ne seront sûrement pas à 100% et le banc australien est sans doute moins étoffé que celui des Blacks.

L’expérience

Elle est plutôt côté All Black avec déjà l’expérience d’un titre de champion du monde, le vécu d’une finale mondiale. Après, et ils l’ont montré en demi-finale, des joueurs comme McCaw et Carter, dans des rôles et des postes stratégiques, peuvent peser sur le résultat final. Côté australien, Giteau est le seul rescapé de la finale 2003. Il y a aussi de l’expérience mais surtout au niveau de la ligne de ¾ et c’est d’ailleurs elle qui a fait la différence face aux Argentins avec les trois essais d’Ashley-Cooper et la percée de Mitchell. Dans ce type de match, c’est une donnée essentielle.

Le secteur à surveiller

Un vrai match dans le match en troisième ligne. Celle qui prendra le dessus a de bonnes chances d’amener son équipe vers le titre. D’un côté, l’équilibre, la complémentarité et l’expérience de la troisième ligne All Black (ndlr : Kaino, Read, McCaw). De l’autre, une troisième ligne novatrice avec un trio de flankers (Fardy, Pocock, Hooper), des joueurs coureurs et gratteurs, ce qui aide bien l’équipe australienne dans son style de jeu. C’est même la plaque tournante du jeu australien, défensivement et offensivement. Si les Blacks prennent le dessus, s’ils étouffent les Wallabies, ils ont gagné le match. Ce qui n’est pas vrai dans l’autre sens car la Nouvelle-Zélande a d’autres atouts dans son jeu.

Le duel à suivre

Celui des charnières (ndlr : Smith-Carter et Genia-Foley) qui se ressemblent énormément, ont les mêmes principes de jeu et pèsent beaucoup dans l’animation offensive de leur équipe perspective. Ce sont des passeurs, éjecteurs, trieurs de ballon qui sont là pour faire jouer leur coéquipiers. Tout sauf des joueurs individualistes. Peut-être un petit avantage en défense pour la charnière néo-zélandaise. Seule différence, le plus jeune des deux, Aaron Smith, joue à la mêlée chez les Blacks. C’est l’inverse chez les Australiens avec Bernard Foley à l’ouverture.

Le facteur X

Il peut tout se passer dans une finale y compris la faillite d’un buteur (Carter), une expulsion (Retallick) ou une blessure d’un joueur essentiel (Pocock). Après, l’entame peut changer la donne. Si, par exemple, les Australiens surprennent, marquent les premiers voire prennent un petit écart au tableau d’affichage, ils ont les qualités défensives pour ensuite résister aux assauts néo-zélandais et tenir le score. Ils l’ont déjà fait face aux Anglais, aux Gallois et aux Argentins. Et ça a marché.