Rugby

France-Irlande : les journalistes de la presse écrite décryptent le match

Par Yves Maugue et Arnaud Carré, France Bleu Gironde et France Bleu samedi 10 octobre 2015 à 9:00

Nicolas Kienast, Arnaud Coudry et Arnaud David devant le bus des Irlandais.
Nicolas Kienast, Arnaud Coudry et Arnaud David devant le bus des Irlandais. © Radio France - Arnaud Carré

Arnaud David (Sud Ouest), Arnaud Coudry (Le Figaro) et Nicolas Kienast (Agence France Presse) décryptent le choc France / Irlande de dimanche au Millenium de Cardiff. Avec un sentiment partagé : le duel s’annonce très serré.

France Bleu : Dans quel état d’esprit les deux équipes abordent-elles ce rendez-vous ?_

Arnaud David_ : Pour la première fois, il y aura de la pression sur les épaules des Irlandais qui pensent que c’est leur année. Et ils ont tellement peur des All Blacks qu’ils ont fait du rendez-vous avec la France, le match à gagner. Et en coupe du monde, la pression leur a rarement réussi. La France est outsider et ça va bien à un groupe qui a besoin de se nourrir de colère et de frustration car il n’y a pas beaucoup de talent. Mais il a quand même emmagasiné un peu de confiance en imposant la puissance de ses avants. L’Irlande a d’ailleurs été gênée par l’Italie dans ce registre même si je pense qu’elle avait déjà la tête à Cardiff.

Arnaud Coudry : Ce n’est pas la même France que pendant le Tournoi. Elle est sur la même ligne de départ que les autres et elle n’a jamais perdu face aux Irlandais dans un Mondial. On parle beaucoup de l’Irlande mais je trouve leur paire de centres assez inexpérimentée, le pack n’est plus celui qui faisait peur à toute l’Europe il y a deux ans. Après, la France est un cran en dessous en termes de jeu. C’est physique, ça impose un énorme combat mais il y a des problèmes de finition et on sent les joueurs perdus quand ils franchissent la ligne d’avantage.

Nicolas Kienast : L’Irlande doit logiquement aborder ce match avec plus de confiance. Elle n’a jamais perdu face aux Bleus de Saint-André et possède plus de certitudes dans son jeu. Les Bleus se posent en outsiders, ils vont être assez remontés par rapport à tout ce qui s’est dit de bien sur l’Irlande dans la presse. Je vois donc des Français arriver en mode « casque à pointe ».

Les Français arrivent à contrer les Irlandais quand l’intensité est maximale.

Quelles sont pour vous les clés du match ?_

Arnaud David_ : La défense et la discipline. La France devra être capable d’empêcher les Irlandais de franchir la ligne d’avantage, de recycler les ballons comme ils savent le faire. C’est une équipe qui a besoin de gagner les premiers centimètres pour mettre la machine en route.

Arnaud Coudry : La discipline dans un match qui pourrait se jouer à une pénalité. En plus, Pascal Papé et Jamie Heaslip vont se retrouver. Ca sent le carton jaune… Joe Schmidt est un malade du jeu, la moindre faille sera exploitée. D’un autre côté, en coupe d’Europe, les clubs français ont battu les provinces irlandaises dans des matches durs. Les Français arrivent à contrer les Irlandais quand l’intensité est maximale.

Nicolas Kienast : D’abord les rucks car les Irlandais aiment avoir des libérations de balle ultra rapides et on a vu que les Italiens ont réussi à les contrarier. Ensuite, les ballons hauts car je pense qu’ils vont « arroser » Spedding et les ailiers. Enfin, l’entame de match. Les Irlandais aiment mettre énormément de volume pour faire craquer l’adversaire. Si la France résiste lors des vingt premières minutes, ça peut les faire douter.

Deux joueurs à l'ancienne, qui mettent la tête dans la boue

Le duel à suivre ?_

Arnaud David_ : Rob Kearney / Scott Spedding. Parmi les qualités de l’Irlande, il y a sa capacité à mettre de la pression par son jeu au pied. Et Rob Kearney est sans doute un des meilleurs au monde quand il s’agit de monter une chandelle et de se trouver à la chute du ballon. Il faudra que Scott Spedding parvienne à se défaire de cette pression.

Arnaud Coudry : Paul O’Connell / Pascal Papé. C’est un duel entre deux guerriers, deux leaders de combat qui sont partout sur les points chauds et qui n’hésitent pas à haranguer leurs coéquipiers. On parle beaucoup du Néo-Zélandais Brodie Retallick qui joue parfois comme un ouvreur. Là on a deux joueurs à l’ancienne, qui mettent la tête dans la boue. Et le rugby commence souvent comme ça.

Nicolas Kienast : Jonathan Sexton / Frédéric Michalak. Tant face au but que dans le jeu. Si Michalak arrive à être complet, gestionnaire et qu’il a les mêmes fulgurances que face au Canada, ce sera bon signe pour les Bleus. En face, il y aura un joueur qui n’a pas beaucoup joué cette saison mais qui sous le maillot vert est toujours très régulier.

Votre pronostic ?_

Arnaud David_ : Victoire de la France 23/18

Arnaud Coudry : Victoire de l’Irlande 21/18

Nicolas Kienast : Victoire de la France 16/12