Rugby

France - Nouvelle-Zélande : le duel a déjà commencé à l'UBB !

Par Jérémy Marillier, France Bleu Gironde et France Bleu jeudi 15 octobre 2015 à 9:00

Matthew Clarkin et Loann Goujon
Matthew Clarkin et Loann Goujon © Radio France

Le quart de finale de Coupe du monde entre la France et la Nouvelle-Zélande approche. Qu'en pensent les joueurs de l'Union Bordeaux-Bègles? Interview croisée entre deux Néo-Zélandais de l'UBB un peu stressés (Matthew Clarkin et Hugh Chalmers) et un Français pas serein non plus (Loann Goujon).

France Bleu Gironde : Encore une fois, la France et la Nouvelle-Zélande vont s'affronter en Coupe du monde. Pas toujours de bons souvenirs pour les Blacks. Quel est votre sentiment à l'approche de ce quart de finale ?___

Matthew Clarkin:_ On attend vraiment un gros match samedi. Je commence déjà à stresser. J'ai peur du résultat. Même si pour l'instant, la France n'a pas montré grand chose d'inquiétant, je sais que ça reste une équipe capable de se retrouver pour un tel match. Je me méfie toujours.

Hugh Chalmers : La France nous réserve toujours des surprises en Coupe du monde. Pas seulement pendant les Coupes du monde d'ailleurs, mais c'est là où on le remarque le plus. En fait, en lisant la presse néo-zélandaise, on a l'impression que l'on se place en outsider pour ce match. La peur est toujours là, à cause de 1999, de 2007 et aussi de 2011 avec un arbitrage un peu limite pendant la finale.

Quand j'ai vu la France perdre contre l'Irlande, je me suis dit "eh merde".

Matthew Clarkin

Matthew Clarkin : Quand j'ai vu la France perdre contre l'Irlande, je me suis dit « eh merde ». Tant pis, c'est comme ça. Je me méfie toujours des Français. Jusqu'à ce que le match soit plié, je vais être un peu stressé.

Loann Goujon : Peut-être que ça leur fait peur de jouer contre la France, mais nous, ça ne nous plaît pas non plus de jouer contre les Blacks. De toute façon, vu le niveau de l'Argentine, que ce soit l'une ou l'autre équipe, même si elles ont deux styles différents, cela reste deux des meilleurs équipes au monde. Ce sera dur, très dur contre la Nouvelle-Zélande, mais aucune équipe n'est imbattable. J'espère que les Bleus vont réussir à se transcender devant les Blacks.

France Bleu Gironde : Quand les Français ne sont pas très bons, c'est souvent contre les Blacks qu'ils parviennent à sortir des matchs exceptionnels.___

Hugh Chalmers_: Exactement ! Et ce qui est toujours dommage, c'est que vous nous battez et derrière, vous n'arrivez pas à faire un deuxième match de qualité. C'était le cas en 1999 et en 2007. C'est frustrant que vous arriviez à nous battre, à vaincre cette équipe très forte de Nouvelle-Zélande, et derrière vous n'arrivez pas à concrétiser. C'est un peu chiant pour nous !

France Bleu Gironde : Mais encore une fois, cette année, les Blacks semblent supérieurs, c'est votre avis ?___

Hugh Chalmers_: Oui, mais on n'a pas vraiment eu affaire à de grosses équipes. On a joué les Argentins au début, on connaît très bien cette équipe. Cette rencontre contre la France, c'est pour moi le premier gros défi pour la Nouvelle-Zélande et on n'est pas à l'abri d'une grosse surprise. La France reste une équipe impressionnante, et nous en Nouvelle-Zélande, on n'aime pas vraiment ça.

Le Néo-Zélandais de l'UBB Hugh Chalmers - Radio France
Le Néo-Zélandais de l'UBB Hugh Chalmers © Radio France

Chez moi, ce sera divisé : ma femme et mes deux enfants sont français, donc chacun sera de son côté pendant le match.

Hugh Chalmers

Matthew Clarkin : J'ai eu la chance de passer quelques jours avec les All Blacks pendant leur préparation avant la Coupe du monde et les joueurs, l'encadrement m'ont dit qu'ils n'attendaient qu'une seule chose : ils attendaient, ils voulaient ce quart de finale à Cardiff contre la France. Ils veulent solder la défaite en 2007 dans ce stade. Ce match perdu contre les Bleus, ils l'ont toujours en travers de la gorge. Un match raté de leur part, ils sont passés à côté. On sait que la France reste notre bête noire et les All Blacks m'ont dit qu'ils n'ont qu'une seule envie, c'est de tuer cette bête française, définitivement. On va voir samedi si les Néo-zélandais réussissent à le faire.

Loann Goujon : En tout cas, si on bat les Blacks, ça nous permettra au moins de vous chambrer, Hugh et Matthew. En battant l'Argentine, on aurait pu aussi en parler à Francisco Gomez Kodela. Ce serait vraiment sympa de les battre.

Hugh Chalmers : Chez moi, en tout cas, ce sera un peu divisé : ma femme est française, on a deux enfants, donc chacun sera de son côté, sur le canapé, pour voir ce match. Ce ne sera quand même pas tendu, ça restera un moment sympa. Je me souviens en 2011, j'avais eu très, très peur mais on a fini par gagner, c'est le principal.

Matthew Clarkin : De mon côté, j'espère voir du jeu, un bon match avec deux équipes performantes. Si c'est le cas, je serai déjà content. Que le meilleur gagne ! Si je préfère que ce soit la France ou la Nouvelle-Zélande ? Je ne le dirai pas (rires).