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Rugby

François Rivière : sa mise au point et une nouvelle feuille de route pour l'USAP

jeudi 14 mars 2019 à 16:24 Par Cyrille Manière, France Bleu Roussillon

Après les remous des derniers jours et les démissions d'administrateurs, le président de l'USAP François Rivière a fait une mise au point et a annoncé un calendrier pour les prochains projets : "je veux être un président bâtisseur". Si les projets n'aboutissent pas, il partira.

François Rivière, le président de l'USAP
François Rivière, le président de l'USAP - Cyrille Manière

Perpignan, France

François Rivière a répondu aux invitations de France Bleu Roussillon et France 3 pays catalan pour s'exprimer sur la situation de l'USAP. Le président affirme qu'il reste le maître à bord. Concernant les démissions au conseil d'administration (dont la dernière en date, celle de Jean-Charles Nieto annoncée en ce jour), hormis celle de Sylvain Deroeux, elles ont été remises à sa demande se justifie-t-il.

Concernant le projet de modernisation du stade et la création d'un centre d'entraînement et de formation, tout sera dévoilé d'ici deux à trois semaines, s'est il engagé. Ce projet onéreux mais indispensable pour l'avenir du club est le nouveau cap sur l'avenir de l'USAP, François Rivière met en jeu son avenir personnel au club si ce projet ne parvient pas à être exécuté : "je ne serai pas le président d'un club qui végète en milieu de PRO D2".

Dans ce très long entretien, François Rivière évoque le présent et le futur de l'USAP, sans manquer de régler quelques comptes sur des faits passés. Le président du club catalan fait de nouvelles promesses mais avec une mise à exécution à court terme qui permettra de le juger sur des actes. Cette "pseudo caballe", comme il la qualifie, permettra-t-elle finalement de faire accélérer les choses ? Extraits.

La situation actuelle à l'USAP et les démissions au conseil d'administration

Je suis indigné si je veux être gentil et écœuré si je veux l'être moins par ce qui se passe depuis quelques jours à l'initiative de quelques-uns. Quelle est la vérité vraie ? Il y a 14 administrateurs à l'Usap et j'ai souhaité préparer un renouvellement de la gouvernance en vue de la prochaine assemblée générale. Les administrateurs actuels n'avaient pas démérité, mais certains sont là depuis dix ans et à un moment donné, il est de bon ton de pouvoir faire entrer de nouveaux administrateurs qui vont apporter un jus supplémentaire. Le président doit être entouré par des personnes qui apportent quelque chose en terme d'aide et de partenariat. 

Il y a quatre administrateurs qui ont démissionné dont trois à qui j'ai demandé la démission et je l'assume. S'il le faut, j'ai les documents qui l'attestent. (...) Sylvain Deroeux, et il me l'a écrit, est écœuré par les rumeurs et les fuites sur le projet de restructuration dont il était en charge. Il m'a dit qu'il ne voulait plus être soumis à ces critiques. Sylvain Deroeux reste un ami proche. J'ai peut-être commis une erreur. Il avait beaucoup trinqué en tant que Directeur Général et peut-être qu'en le remettant sur le devant de la scène en lui demandant de prendre une vice-présidence, ça l'a exposé d'une manière qui n'était pas bonne.

Pour les trois autres, je le redis, c'est moi qui leur ai demandé de partir (Ndlr : Jacky Loos dément et précise avoir démissionné par choix personnel), car on ne peut pas être au conseil d'administration de l'USAP et critiquer l'USAP et sa gouvernance. (...) À l'inverse de ce qui a été écrit, je n'ai pas 68% du club, j'ai 95,5% du club, le club est financé pour cette saison et il le sera pour la saison prochaine, il n'y a donc pas de sujet, ni de crise.

L'exercice du pouvoir en solitaire

Quel intérêt j'aurais à faire une exercice seul du pouvoir ? C'est pour cela que je dis que si quelqu'un me donne ne serait-ce que la moitié de ce que j'ai mis à l'USAP, je pars. Je n'ai pas songé à démissionner les derniers jours, mais par contre, je songe à préparer ma succession. Ce que je veux, c'est lancer les projets USAP. L'USAP ne s'en sortira pas si on ne met pas en oeuvre des équipements d'entraînement, de formation et une modernisation du stade Aimé-Giral. 

A l'USAP, il y a un patron qui assume et qui finance. Que ça plaise ou non, tant que je serai là, l'USAP fonctionnera au rythme que j'aurais décidé. J'ai peut-être été trop gentil et j'ai trop écouté, il est temps de rappeler maintenant comment ça fonctionne.

Le projet de création des centres d'entraînement et de formation

Ça fait un an qu'on y travaille. On a pris un bureau d'études qui a travaillé avec Jean-Michel Aulas à Lyon. Il faut du temps. Il faut des terrains avec les modifications nécessaires. Le maire de Perpignan m'a appelé la semaine dernière pour me dire qu'il était indigné par ce qui était écrit sur les journaux. Depuis un an, nous sommes en relations très régulièrement avec ses services. 

L'erreur que j'ai faite, c'est d'avoir dit que j'annoncerai ce projet à Noël. J'ai finalement jugé qu'il ne fallait pas le faire compte tenu des résultats de l'équipe. Je voulais donc l'annoncer en fin de saison, mais poussé par cette actualité nauséabonde, j'ai décidé de le rendre public d'ici deux ou trois semaines. (...) 

Quant au coût de ce projet, personne ne connaît encore le montant, j'attends les retours du bureau d'études, j'attends ensuite de connaître les niveaux de participation de la Ville, du Département et de la Région et ensuite, on le rendra public.

Le développement du stade Aimé-Giral

Aimé-Giral est un stade de centre-ville, mais on a plein de problèmes qui se posent. On a les problèmes pour se garer et le problème de sécurité (voitures cassées). Il faut organiser dans l'enceinte d'Aimé-Giral, un parking de grande capacité. Il nous faut des hospitalités. Il faudra fermer les buvettes, les moderniser. Notre système de loges est aussi vieillissant et il faut le changer. C'est une première étape qui va coûter entre trois et cinq millions et ça va être lancé dans les deux à trois ans. On a les garanties des collectivités pour nous aider, mais entre les garanties et les faits, il faut que ce soit fait par écrit, car il va y avoir des élections.

Quand je vais présenter en détails ce projet, je vais solliciter les collectivités et je veux qu'elles s'engagent sur ce projet. L'USAP ne peut pas le faire seul. Mais, bien sûr qu'il faut du temps. La deuxième étape qui consiste à rajouter une barre derrière la tribune Chevalier pour agrandir nos espaces réceptifs, on est plutôt sur du cinq à huit ans. Mais qu'on arrête aussi dans ce département de s'auto-flageller et de dire que rien ne va à Aimé-Giral, je ne suis pas jaloux de toutes les structures d'hospitalité qu'il peut y avoir en top 14.

L'avenir de François Rivière à l'USAP

Je vous assure que ce projet de rénovation du stade et de centre d'entraînement va se faire. Je le dis facilement et fermement, car c'est ma feuille de route et si ce projet ne se fait pas, il est certain que je ne resterai pas à l'USAP. Je ne resterai pas à la tête d'un club qui végétera en milieu de PRO D2. D'autres décisions importantes vont être officialisées, comme celle de notre nouvel équipementier. J'espère que ces chicayas journalistiques ne vont pas fragiliser tout ça.

Un budget à la hausse à l'USAP ?

C'est une condition essentielle, mais il faut que ça se fasse par étapes. En un an, ce budget est passé de huit à seize millions (grâce aux droits télés aussi). Pourquoi dans les années prochaines, n’arriverait-on pas à franchir l'étape suivante de 16 à 20 millions ?  Il faut aller chercher de l'argent avec les entreprises et on va y arriver. 

Pour la saison prochaine, Christian Lanta a le budget sportif qu'il m'avait demandé. (...) Le budget de l'USAP l'an prochain en D2 sera bien sûr un des plus gros. C'est voté et ce sera maintenu et surtout financé. Par contre, c'est vrai que je ne peux pas le faire seul et il faut qu'on m'aide. Mais ce n'est pas François Rivière qu'il faut aider, c'est le club qu'il faut aider.

Trois nouvelles dotations pour le club, les supporters appelés à participer

Il y aura un crowdfunding des supporters. J'ai été frappé durant cette pseudo cabale du soutien des supporters et je les remercie. Beaucoup de supporters m'ont même demandé comment faire pour aider le club. Des clubs l'ont fait avant nous, comme Toulon. J'avais déjà suggéré l'idée, mais il fallait vérifier que c'était légalement possible. On va le lancer dans les quinze jours qui viennent. Ça représentera 500.000 euros.

On va aussi se doter d'un fond de dotations, car ce fond permet aux partenaires de récupérer une partie plus importante de leurs avantages en contrepartie d'une économie solidaire. Ce sera aussi de l'ordre de 500.000 euros. À titre personnel, je vais aussi procéder à une augmentation de capital de 500.000 euros. Tout cela permettra de mieux structurer la saison prochaine.

Quel visage pour le sportif la saison prochaine et avec ou sans Christian Lanta ?

Vous le savez, l'effectif a largement été renouvelé. Il y a eu aussi des recrues annoncées et encore une ou deux de renom vont arriver, comme celle dont il est question les derniers temps (Ndlr : Piula Faasalele) et qui sera confirmée demain. 

Pour Christian Lanta, il ne devait être là qu'un an et peut-être qu'on va devoir construire plus longtemps en PRO D2, on ne sait pas. Je pense qu'il est en réflexion en ce moment sur son avenir, car s'y coller à plein temps, c'est harassant. Je souhaite qu'il reste et il le sait. Bien sûr, il veut des garanties et il a raison. J'ai entendu ses déclarations sur France Bleu Roussillon, certains m'ont dit attention Christian Lanta critique, moi je l'ai félicité, car il a raison, le club doit avoir un projet.

Sa conclusion

Je veux être un président bâtisseur. Si je ne le suis pas, je ne resterai pas. 

VIDEOS - L'interview de François Rivière (images France 3)