Rugby

Stade Français - Gonzalo Quesada : "l'adversité m'a permis de découvrir mes hommes"

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris jeudi 31 mars 2016 à 18:29 Mis à jour le jeudi 31 mars 2016 à 22:29

Gonzalo Quesada, invité de France Bleu 107.1
Gonzalo Quesada, invité de France Bleu 107.1 - ©stade.fr/photo Stéphane Hamel

Dans les moments compliqués traversés par le club, sa parole prend encore plus de sens. L'entraîneur du Stade Français Gonzalo Quesada était l'invité ce jeudi soir de France Bleu 107.1. La saison en cours, les erreurs ou pas, la Coupe d'Europe, les rumeurs, il répond à toutes les questions.

L'entraîneur Gonzalo Quesada était ce jeudi soir l'invité exceptionnel de Stade Français & Co, sur France Bleu 107.1. A dix jours du quart de finale de Coupe d'Europe à Leicester, sa parole compte. Encore grippé, il nous a accordé un long entretien à Jean-Bouin, en fin d'après-midi, à l'issue d'une séance d'entraînement très pluvieuse. Bien sûr, il revient longuement sur la saison en cours mais il nous confie aussi ses espoirs et ses certitudes pour l'avenir. On fait le point également sur les rumeurs d'arrivées et de départ dans son staff. "Cette saison, ces adversités m'ont permis de connaître  mes hommes" explique celui qui sera toujours aux commandes du club parisien la saison prochaine.

"Ce n'est pas évident à traverser mais on reste lucide"

La situation du club. "Dire que cela va bien, ce serait mentir et presque irresponsable, c'est sûr que ce n'est pas évident à traverser mais on reste lucide. J'aime bien me dire que si je me suis permis de ne pas m'enflammer durant des époques plus faciles, je ne vais pas non plus me mettre la tête au fond du seau. Il y a toujours cette envie positive de trouver des solutions (...) Il y a une aventure humaine et affective qui me motive autant ou plus que les résultats et les trophées mais bon, j'avoue qu'on a vraiment envie de retrouver la victoire. On en a marre des défaites. Retrouver les victoires, le sourire, valider certaines choses, c'est le grand objectif."

Trop protecteur? "Je manage une nouvelle génération. A ma génération, il y avait une ou deux radios, deux-trois journaux et on n'en parlait plus. Aujourd'hui, l'image est devenue très importante, c'est une carrière courte où une partie est très liée à la communication et à l'image (...) on n'a rien à gagner à être très dur publiquement avec les joueurs. Cela me paraît mal par rapport à mon métier de sortir du bateau, de justifier une défaite à cause d'un joueur : cela me paraît lâche aussi. Et je sais donc, que par rapport à cette nouvelle société, ils vivent très mal qu'on touche à leur image publiquement. En tête à tête, on peut être plus dur,  on est plus dur, mais jamais publiquement!"

"On apprend beaucoup plus que quand on est champion..."

Une saison longue, trop longue? "Oui, c'est une saison longue mais il n'y a personne qui démissionne, il y a un groupe qui se bat, un staff qui ne lâche pas, personne ne baisse les bras. Donc oui, cette saison est longue mais cette saison m'a permis aussi de réorganiser tellement de choses, de travailler sur la suite, que cela permet de la rendre un peu moins longue. (...) La saison prochaine déjà, on pourra recommencer très tôt car on n'ira pas en phases finales. Du coup, on sait exactement quand on va finir la saison, on sait déjà combien de semaines on va s'arrêter, quand on va reprendre. On aura des plages de repos pendant le Challenge Européen. Sur le groupe, on a un effectif intéressant surtout s'il n'y a plus la Coupe d'Europe : il y aura un voire deux joueurs supplémentaires mais c'est tout. Par contre, on va avoir de nouvelles infrastructures, on va compléter le staff bien sûr. Et les leçons et l'expérience de cette année vont beaucoup nous servir . On apprend beaucoup plus que quand on est champion."

"J'adore cette identité, je suis à fond derrière"

Le projet du Stade Français est-il viable? "J'adore cette identité, je suis à fond derrière, c'est un peu la philosophie de Thomas (Savare), de Pierre (Arnald), du club, et quelque part, j'aime beaucoup savoir que l'on a créé quelque chose en s'appuyant sur la dizaine, la douzaine de joueurs formés au club, qui aiment le club, qui ont connu les galères...(...) Aujourd'hui, ce n'est pas intelligent, on est d'accord, : le système, les règles aujourd'hui font que si tu veux gagner, si tu veux être plus intelligent que nous, tu laisses partir tes Français, tu investis sur des joueurs dont tu sais que de juillet à juin, ils seront au club parce qu'ils n'ont rien d'autre à jouer...mais je préfère cette galère et le plaisir de faire les choses au niveau éthique, normal pour le rugby français, et j'espère que les règles vont un jour évoluer pour que notre philosophie soit récompensée comme il faut."

"Felipe, c'est mon pote mais c'est complètement faux"

Le futur staff? "J'ai une analyse de ce Stade Français qui n'est pas la même qu'il y a trois ans et j'essaie de trouver le bon. Maintenant, on a plusieurs profils pour le remplaçant de Jeff (Dubois), le remplaçant d'Adri (Buononato). Peut-être aussi que l'on va ajouter une personne dans notre staff côté logistique". Alex Marco? "Il est sous contrat avec nous, comme beaucoup, il a eu, il a des propositions, cela a été très transparent. Cet hiver, il nous a parlé de quelques contacts, on a discuté, mais en principe, il est là pour un bon moment". Felipe Contepomi? "C'est mon pote et tout mais je vous jure, je n'ai pas parlé avec Felipe. Jamais. Le seul avec qui j'ai parlé, avant les demi-finales et la finale de Top 14 l'an dernier, c'est Martin Gaitan, mon pote aussi. Je l'ai contacté pour lui demander s'il était intéressé par le poste après le départ de Jeff mais il était déjà engagé avec les Pumas, la Fédé". La short-list? "J'ai une petite short-list aujourd'hui avec des priorités, un premier candidat et dans les deux cas, un plan B qui est rassurant. Il y a des étrangers et des Français mais je ne préfère rien dire car dans plusieurs situations, ce sont des entraîneurs en poste dans un club et on ne veut pas perturber comme nous, on a été perturbé avec l'annonce du départ d'Adri. Cela m'a gené que cela se sache si tôt, cela gène le groupe. Donc je ne veux pas faire pareil."

"Oui, certains m'ont surpris positivement : certains m'ont un peu déçu"

Des déceptions cette saison? "Oui. Je ne donnerai pas de noms et ce ne sont pas d'énormes déceptions non plus. Mais j'aime les comportements humains, la psychologie humaine et cette saison, au moins, cela sert car tu finis de connaître les hommes, joueurs et staff. J'observe beaucoup et là, je vois les réactions devant moi ou derrière moi de tout le monde. On voit tout, on comprend tout. Donc voir comment les personnes réagissent dans l'adversité, c'est intéressant. J'ai pu mieux connaître mon staff, mes joueurs. Certains m'ont surpris positivement, d'autres m'ont un peu déçu. Dans l'adversité, on peut avoir le choix de se cacher ou de prendre les rames et voir ce qu'on peut faire pour améliorer les choses et j'ai eu des réactions de mecs, dans les moments durs, qui ont été extrêmement émouvantes et j'avoue que je fais ce métier un peu pour cela. Moi, j'aime le rugby parce que c'est le sport des adversités, de l'humilité. Dès qu'on perd l'humilité, cela ne pardonne pas. Le rugby, c'est une école de vie, cela construit les hommes face aux adversités. Peut-être qu'on en a eu trop, on aurait pu apprendre sans autant d'adversités, mais moi, cela m'a permis de découvrir mes hommes".

L'intégralité de notre entretien avec Gonzalo Quesada au micro France Bleu 107.1

Les Infos en plus avant La Rochelle

Une question de fierté. Fierté, orgueil, ce sont les mots du demi d'ouverture Jules Plisson avant le déplacement ce samedi, à La Rochelle, 10e du Top 14 et qui n'a été battu qu'une seule fois à la maison cette saison, en championnat, face à Clermont.

Tout donner pour essayer de gagner notre place la semaine d'après. Et à écouter Antoine Burban, le troisième ligne du Stade Français enfin de retour après un k-o., impossible de calculer ce week-end. "C'est un super test, tous les joueurs présents vont vouloir tout donner pour essayer de gagner notre place pour la semaine d'après" et ce quart de finale de Coupe d'Europe, à Leicester, le dimanche 10 avril.

Encore des absents. Reste une infirmerie toujours pas vide avec l'entrée de Sergio Parisse qui n'a plus joué depuis trois semaines. Le capitaine italien souffre du dos et devrait déclarer forfait samedi. Waisea n'est pas encore totalement rétabli. Alexandre Flanquart, Julien Dupuy, Rémi Bonfils, Jonathan Danty sont aussi incertains et pourraient être présevés : ils étaient absents de l'entraînement ce jeudi.

La Rochelle/Stade Français, 20e journée du Top 14, à vivre en direct et en intégralité sur France Bleu 107.1, ce samedi, à 18h30.