Rugby

Du rugby à la gastronomie, la nouvelle vie de Jérôme Fillol

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris jeudi 29 octobre 2015 à 22:11

Jérôme Fillol, la joie du champion ©stade.fr/photo Stéphane Hamel
Jérôme Fillol, la joie du champion ©stade.fr/photo Stéphane Hamel - © stade.fr/Stéphane Hamel

On l'avait quitté le 13 juin dernier, heureux, sur un petit nuage après le titre de champion de France du Stade Français, 16 ans après son premier sacre. Près de six mois plus tard, on retrouve Jérôme Fillol serein, bien dans les baskets de sa nouvelle vie, entre télévision et restauration.

Jérôme Fillol était l'invité, ce jeudi soir, de Stade Français & Co. On l'avait quitté un soir de juin, au Stade de France, sur un titre de champion de France avec son club de coeur, le Stade Français : on l'a retrouvé, toujours aussi taquin, attablé dans son nouveau restaurant, le Mil'a, à Paris, prêt à écrire sereinement un nouveau chapitre de sa vie, lui qui a raccroché les crampons à l'âge de 37 ans. Lui qui a toujours rêvé de devenir restaurateur. Interview.

"C'est toujours difficile d'arrêter, il faut se créer un nouvel univers"

L'après rugby? "C'est toujours difficile d'arrêter quinze ans de haut niveau, avec des instants forts, avec un collectif fort et du jour au lendemain se retrouver un peu tout seul. Il faut se récréer un nouvel univers." Le Stade Français? "Je ne suis pas inquiet. C'est normal. Il y a toujours un petit relâchement après deux ans intenses. Aujourd'hui, il n'y a pas de drame, ils n'ont perdu qu'une fois à domicile, contre Toulon. Quand tu es champion de France, il y a beaucoup de choses qui se disent entre joueurs, il y a un bon état d'esprit, ils ne vont pas lâcher et ils vont reprendre le chemin de la victoire."

"J'en avais encore sous la pédale mais pas envie de faire la saison de trop"

Pourquoi pas une saison de plus? "C'est vrai, physiquement, j'en avais encore sous la pédale. Mentalement aussi. Mais depuis un certain temps, je me posais des questions pour ne pas faire la mauvaise saison de plus. Et comme on finit sur un titre, cela a confirmé ma décision. Finir comme cela à 37 ans, qu'est-ce -qui allait me remotiver? Ce titre, l'imaginer, personne ne l'imaginait même au sein du Stade Français en début de saison mais je l'avais rêvé durant la saison. Je rêvais de soulever le Bouclier de Brennus et de finir sur un titre. Et c'est incroyable, le rêve s'est réalisé. Tout était exacerbé. (...) Beaucoup de personnes me disent tu imagines entre ton premier titre, en 1999, et celui de 2015..."

"C'est beaucoup plus apaisant pour arrêter, vous n'avez pas d'aigreur, c'est une fin douce"

Arrêter sur un titre? "C'est beaucoup plus apaisant, vous n'avez pas d'aigreur, c'est une fin douce. C'est être en paix avec la sérénité derrière, être porté sur d'autres projets et ne pas ressasser. C'est fini et bien fini. C'est d'autant plus facile pour nous de continuer une nouvelle vie. (...) Après, c'est toujours très agréable de revenir à la maison (Jean-Bouin), les portes ouvertes, le sourire et en tenue civile et de les voir souffrir...(rires)

Belle image de Jérôme Fillol et Julien Arias  - Aucun(e)
Belle image de Jérôme Fillol et Julien Arias - © stade.fr/Stéphane Hamel

"L'esprit des vestiaires, l'odeur, les crampons..."

Ma nouvelle vie? "C'est déjà au bord du terrain, en tant que consultant. C'est sympa d'être encore au bord du terrain, au contact des joueurs. Ce n'était pas prévu, j'ai refusé plusieurs propositions pour entraîner dans des clubs de Top 14 mais j'avais envie de couper, de profiter. Et puis Eric Bayle m'a appelé en juillet, j'ai dit pourquoi pas. C'est toujours sympa de retrouver les joueurs, l'esprit des vestiaires, les crampons, l'odeur, la pelouse."

"L'idée d'un restaurant a toujours été un rêve"

Ma nouvelle vie bis? C'est aussi la restauration. "Cette passion? je suis né dans le Sud-Ouest, à Agen, on a toujours été baigné dans les bons produits, on parlait de bouffe et de rugby, c'était les sujets phares le dimanche après-midi, en famille. J'ai toujours aimé cela, recevoir les gens, recevoir les amis, faire plaisir. Moi, j'adore la gastronomie. L'idée de restaurant a toujours été un rêve. C'est mon activité maintenant. Restaurateur même si je ne suis pas très doué pour porter les assiettes. Je choisis les produits, des petits producteurs, j'adore cela, et je veux promouvoir la bonne bouffe et le fait-maison, c'est important."

Pour découvrir le restaurant de Jérôme Fillol : le Mil'a. 11, rue Jean-Jacques Rousseau, dans le 1er arrondissement de Paris.

Retrouvez l'intégralité de notre interview avec Jérôme Fillol

Le Mil'a, la nouvelle vie de Jérôme Fillol - Aucun(e)
Le Mil'a, la nouvelle vie de Jérôme Fillol - ©Mil'a