Rugby

Jonathan Danty, un destin simple comme un coup de fil

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris jeudi 22 octobre 2015 à 22:33

Jonathan Danty, champion de France avec le Stade Français à seulement 22 ans
Jonathan Danty, champion de France avec le Stade Français à seulement 22 ans © Radio France

Invité de France Bleu 107.1 ce jeudi soir, le trois-quart centre du Stade Français Jonathan Danty, celui que l'on annonce sur toutes les listes du XV de France sans pour le moment en avoir vu la couleur, celui qui à 22 ans, a été sacré champion de France. Et dire que tout cela a tenu un coup de fil.

Il n'a que 23 ans mais est déjà champion de France de rugby avec le Stade Français, après une très belle saison. Si belle que tout le monde l'annonce en équipe de France. Jonathan Danty attend lui de voir pour y croire, déjà déçu à plusieurs reprises. Une équipe de France qui le fait toujours rêver. 

"Il y avait peut-être des jeunes joueurs à essayer sur cette Coupe du monde"

Ses débuts au Stade Français? "_J'ai commencé durant la Coupe du monde 2011, quand Felipe Contepomi était à la Coupe du monde. Il manquait du coup du monde au centre et c'est à ce moment-là que j'ai pu avoir du temps de jeu. Et voilà, aujourd'hui, quatre ans plus tard, je me retrouve à jouer ma première Coupe d'Europe. Donc voilà,  c'est ce que j'espère pour nos jeunes qui ont jeunes durant cette Coupe du monde, pour ceux aussi des autres clubs. Quand on parle des problèmes du XV de France et de manque de formation...Tout le monde parle des mauvais résultats de l'équipe de France mais si on veut des résultats en Coupe du monde, il nous faudra des jeunes joueurs français. Il y avait peut-être des jeunes à essayer durant cette Coupe du monde!_** Pour moi, c'était ma saison la plus accomplie, on me dit que je suis jeune mais c'est à ce moment-là que j'aurais voulu y être, que je me sentais prêt."

Dans la peau du champion? "C'est pas facile car on se rend compte que toutes les équipes veulent abattre le champion. On ne peut plus faire comme la saison dernière où on va faire des petits coups à gauche, à droite. Maintenant, on est attendu, on a le petit écusson champion 2015. Tout le monde sait de quoi on est capable et qui on est. Il va falloir qu'on se réveille, qu'on reconstruise avec le retour des Internationaux sinon la saison peut être très longue."

"Le plus dur, c'est de confirmer"

Une nouvelle confiance? "Oui, car je pense avoir passé un cap avec tout ce qui s'est passé la saison dernière. Tout le monde me dit que j'ai fait une très belle saison mais le plus dur, c'est de confirmer...Il y a quatre ans, quand j'ai commencé, j'avais discuté avec pas mal de journalistes que je me sentais un peu bridé dans mon jeu, que  je préférais garder le ballon plutôt que de tenter une passe. Aujourd'hui, j'ai vraiment l'impression d'avoir muri. Il y a quatre ans, je disais que le jour où j'aurais confiance,  où je jouerai détendu, je serai meilleur, que j'évoluerai techniquement et je me rends compte aujourd'hui que je ne m'étais pas trompé."

"Ca tient à une vidéo et un coup de fil"

Le coup de fil de Gonzalo. "Avant que Gonzalo arrive, on s'était posé la question avec mon agent de savoir ce qu'il en était de moi, sachant que j'avais fait une saison quasi-blanche. Mon agent m'avait dit clairement qu'il fallait peut-être penser à aller jouer en Pro D2. Au final, je n'y suis pas allé et je suis bien content d'être ici!  Gonzalo ne me connaissait pas trop mais un analyste vidéo qui travaillait au Stade lui a envoyé une vidéo de mes débuts en Top 14 et il a accroché. Il m'a appelé avant Sergio Parisse, Pascal Papé et Julien Dupuy. Il a appelé Nicolas Garrault et moi...Deux ans après, je me retrouve champion de France. Comme quoi, il y a des choix de carrière qui sont bons et d'autres pas. Un destin, ça tient à une vidéo et un coup de fil".

"On parle de moi à gauche, à droite mais au final, pour le moment, c'est la déception. Alors on verra"

L'équipe de France?  "Cela fait un moment que j'aimerais bien aller plus haut et aller me jauger avec le niveau international. Ce qui est embêtant, c'est qu'on parle de moi à gauche, à droite et qu'au final, la déception est là. On a parlé de moi pour le Tournoi des Six nations après quelques bons matches, on a parlé de moi pour la Coupe du monde après ma saison, le titre et au final, j'ai juste appris que j'étais dans la liste cachée. Ce n'est pas évident. Comment le prendre? La seule réalité, c'est que c'est Guy Noves qui fera sa liste et personne d'autre autour! Si je ne confirme pas, ce sera malheureux pour moi mais je n'y serai certainement pas." (...) "En tout cas, avec l'équipe de France, il y a un beau truc à faire, cela peut redevenir beau avec une nouvelle génération. Tout le monde se remet un peu en question. Si les Bleus avaient fait un résultat contre les Blacks, la formation française, les jeunes, ...je ne sais pas si toutes ces questions se seraient posées. Donc ce qui s'est passé, c'est très bien pour nous et cela donne des directives de travail à ceux qui arrivent et au rugby français_."

"J'arrive même à faire rire les coaches durant leurs réunions"

Jo la mascotte. Celui que ses coéquipiers surnomment affectueusement Fatou aime faire rire l'équipe. "à faire des blagues, c'est un rôle que j'ai toujours eu. J'arrive même à faire rire les coaches pendant leurs réunions...c'est ma manière d'être, j'ai toujours le sourire, j'ai mon rôle un peu dans l'équipe de celui qui fait rire tout le monde.

La danse?_ "J_e ne danse plus trop. J'ai connu récemment un ami qui joue au rugby et qui s'est fait une entorse en dansant en soirée...donc quand je danse, c'est chez moi tout seul devant mon miroir!"

L'intégralité de notre entretien avec Jonathan Danty