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Rugby

Julien Farnoux (USAP) : "La fête ne sera belle qu'avec la victoire"

vendredi 27 avril 2018 à 20:56 Par Cyrille Manière, France Bleu Roussillon

Juste avant la demi-finale USAP - Mont-de-Marsan, Julien Farnoux se confie. L'arrière de l'USAP revient sur la saison de son équipe, sur son parcours personnel à l'USAP. A l'image de cette génération PRO D2, le jeune joueur a connu des rebondissements en quatre années sang-et-or.

Julien Farnoux à l'attaque à Aimé-Giral
Julien Farnoux à l'attaque à Aimé-Giral - Zebulon Nog

Perpignan, France

France Bleu Roussillon : Qu'est-ce qui a changé dans ce groupe USAP et à quel moment, personnellement, vous en êtes-vous rendu compte ?

Julien Farnoux : Je pense que le déclic s'est fait dès le début de saison. Avec ce staff renforcé, dès la pré-saison on a vraiment senti que le club voulait nous donner les moyens de réussir. On a tous eu un objectif commun. Je pense que le déclic dans nos têtes s'est fait à ce moment là, et on avait en plus déjà pris conscience de nos capacités la saison dernière. On avait à cœur de construire quelque chose sur des bases saines. Le premier match contre Bayonne a été un beau symbole pour démarrer cette saison, et ensuite on a confirmé à l'extérieur, à l'inverse des saisons précédentes.

FBR : Et vous avez senti ce groupe progresser ? 

Julien Farnoux : On avait déjà des bases solides de la saison dernière et tous les mecs qui nous ont rejoint étaient vraiment des plus-values. On a pourtant eu des coups durs en début de saison. Le premier a été l’arrêt de carrière de Brice Mach, et il y en a eu d'autres ensuite. Heureusement que ce groupe est fort, parce que ça aurait pu péter à un moment donné. Le groupe s'est très vite resserré et c'est quelque chose qui nous a rendu plus solides. C'est facile de le dire maintenant, mais je le pense vraiment ! 

"A Carcassonne, je me suis dit qu'enfin cette notion de match à domicile et à l’extérieur n'existait plus"

FBR : Et sur le terrain, comment ça se matérialise, en quoi ce groupe a-t-il mûri ?

Julien Farnoux : On est mieux dans l'approche, et je parle surtout du noyau dur des jeunes de la génération 92-93-94. On a tous commencé en même temps en Pro D2, on a une histoire commune et on a emmagasiné de l'expérience. On gère donc les matchs différemment. On les appréhende surtout avec plus de sérénité. On peut travailler plus précisément sur des détails, alors qu'avant on se concentrait sur nos performances personnelles. Avant je me mettais la pression sur des choses qui sont finalement aléatoires sur un match. Désormais, je me concentre sur les bases et sur ce que je peux apporter à l'équipe et le reste vient naturellement. Peut-être qu'on se laisse aussi moins parasiter par l'environnement et les ondes négatives.

"On se laisse aussi moins parasiter par l'environnement et les ondes négatives."

"Quand on a gagné à Carcassonne, j'ai compris qu'on irait batailler partout cette saison"

FBR : Et quel match a été le déclic alors cette saison ?

Julien Farnoux : Pour moi, c'est le match à Carcassonne. Sincèrement, j'ai vraiment senti que ce n'était plus pareil qu'avant à l'extérieur. On passe une première mi-temps compliquée, mais on ne s'est pas affolés. On est rentrés aux vestiaires avec le score contre nous, et on s'est dit qu'on allait gagner ce match à coup sûr. Je n'ai pas vu un seul mec baisser la tête. C'est vraiment là que je me suis dit qu'enfin cette notion de match à domicile et à l’extérieur n'existait plus, et qu'on irait batailler partout pour ramener des points cette saison. C’est très important dans la construction d'un groupe, ça prend du temps, mais quand tu l'as, tu as des bases solides pour jouer en PRO D2. 

FBR : A quoi vous attendez-vous ce dimanche pour la demi-finale au niveau de l'ambiance ?

JF : Ça fait quatre ans que j'évolue ici, et je sais l’engouement qu’il va y avoir ce dimanche. Rien que d'en parler, j'en ai des frissons. Le fait d'avoir vécu la demi-finale contre Agen laisse un souvenir exceptionnel. Ça fait un moment qu'on y pense mais ce serait se tromper que de penser que c'est un aboutissement. Ça va être un moment exceptionnel, mais pour qu'il soit magnifique, il faudra la victoire. Hâte d'y être, il ne faut pas se mettre de pression inutile, la fête ne sera belle qu'avec la victoire. 

"Ce serait se tromper que de penser que c'est un aboutissement"

FBR : Ça représente quoi pour vous Julien de jouer à Aimé Giral ?

JF : Chaque match à Aimé-Giral, c'est la boule au ventre. C'est cette petite émotion de rentrer sur le terrain.  Et en plus, c'est spécial ici. Ne serait-ce que de rentrer derrière les poteaux. Quand ça gagne, c'est quand même très sympa de voir la fête qu'il peut y avoir dans ce stade. C’est beau à voir ce sang & or, on a même droit à la chenille et à la ola. On jette toujours un coup d'oeil aux tribunes quand on se replace. J'aime bien aussi célébrer les essais de mes potes avec le public, et on se chambre parfois entre nous dans la semaine suivante. Mais sur le coup, on craque, on fait des trucs bizarres en voyant la foule se lever. Quand tu revois ensuite la video, tu te dis que t'étais dans un état second, mais c'est ce qui est beau ici, c'est l'ambiance du stade qui te fait faire ça.

"En quatre ans, j'ai  vécu des choses que des mecs ne vivent pas en une carrière"

FBR : On parle souvent de la maturité acquise par les jeunes joueurs qui sont là depuis le début de la ProD2, dont vous. Vous n'avez pas traversé que des moments faciles et de franche communion avec le public, est-ce que c'est ça aussi qui vous a aidé à grandir ?

JF : Je ne peux pas dire que ça n'a pas influé. C'est ce qui fait qu’aujourd’hui, on est tous plus matures. C'était des coups à prendre, c'était compliqué car en plus on était jeunes. En y repensant, ce sont des choses qui nous ont aidés à mûrir plus vite. On était des jeunes lancés dans le grand bain, dans un milieu compliqué, dans un club qui essayait de se restructurer. On devait absorber la pression car personne ne pouvait le faire à notre place. C'est ce qui a changé aussi aujourd’hui depuis l'arrivée de Christian (Ndlr : Lanta) et du nouveau staff, on sent que la pression extérieure est mieux gérée et on se concentre sur le sportif. 

Mais aujourd'hui, je vous dirai que je suis content d'avoir vécu ces moments-là, parce que ça ne se passe pas comme ça dans tous les clubs. Quand je regarde derrière moi ces quatre années, je me dis que j'ai déjà vécu des choses que des mecs ne vivent pas en une carrière. Il ne faut rien renier, tout ça fait partie de notre aventure. Et si on y arrive cette année, ce sera du coup encore plus beau. 

FBR : Vous êtes en demi-finale, et comme les autres équipes donc... à  deux victoires du Top 14!  L’éternel débat est de savoir si la marche n'est pas trop haute, et si vous avez le niveau de l'élite du rugby. Qu'en pensez-vous ?

JF : Personne ne le sait, pas même nous. Je regarde les matchs chaque weekend et c'est vrai que ça tape fort, que c'est un cran au-dessus. Mais si on n'y croyait pas et qu'on ne se sentait pas capables, on ne bataillerait pas tous les week-ends. Je comprends que les gens soient sceptiques, mais c'est paradoxal. Souvent j'entends des gens dire qu'on a un effectif de Top 14, et quand on s'en approche, on va entendre que c'est une connerie, qu'il ne faut pas monter. C'est comme ça ici. 

On verra, on n'y est pas encore, peut-être qu'il faudrait aller en Top14 pour voir ce que ça donne. De toute façon, on va affronter des équipes qui ont autant envie que nous d'y aller, donc ça va être très très compliqué. J'entends dire qu'on est déjà en finale parce qu'on est à domicile : c'est des conneries. Et dire aussi qu'on va se faire éclater à tous les matchs si on monte en Top14 : c'est des conneries aussi. Agen avec un effectif stable par rapport à la saison dernière s'en sort très bien ! A nous surtout de ne pas nous laisser parasiter par toutes ces projections.

"Dire qu'on est déjà en finale parce qu'on joue à domicile : c'est des conneries"

FBR : Votre parcours personnel à l'USAP est aussi fait de rebondissements. Vous aviez signé à Albi il y a deux ans à la même époque, avant de finalement rester à la demande du club. Avec le recul, quel sentiment vous laisse ce faux départ ?

JF : Ça reste un mauvais souvenir, un moment très difficile à vivre. J’ai poireauté jusqu'au dernier moment, je ne savais pas ce que le staff voulait de moi. J’entendais qu'on voulait me garder, mais aussi qu'on ne voulait pas. Dans ma vie privée c’était le moment où j'allais être papa. C’était donc plusieurs responsabilités qui arrivaient et que j’allais devoir gérer. J’ai eu ces contacts avec Albi, et j'ai signé rapidement pour tourner la page. Je voulais être à l'abri. Le destin a fait que je suis resté ici et que ça s'est bien passé ensuite. Au final, je suis content d'être resté car j'ai eu du temps de jeu. J'ai peut-être une petite étoile au-dessus de moi. Quand j'y repense, ça me fait sourire, comme quoi la roue tourne. Personnellement, ça a été un tournant en tout cas.

FBR : Votre petite étoile s'appelle-t-elle Patrick Arlettaz ?

JF : Je ne vais pas dire ça sinon ça va faire fayot, et ce n'est pas dans mon tempérament. Mais je ne peux pas m'en cacher,  j'ai sportivement complètement adhéré à son projet de jeu, et il m'a fait confiance très rapidement. Il a changé pas mal de choses dans ma façon de jouer, mais aussi dans le jeu collectif. Oui il a été très important, mais pas seulement pour moi. C'est quelqu'un de droit et on sait où on va. C'est vrai que son arrivée m'a fait du bien car oui, je sortais d'un moment difficile. J’ai retrouvé la joie de rejouer, le sourire de revenir aux entraînements, et c'est quand même la base de notre métier. 

Julien Farnoux : "Toujours cette petite boule au ventre quand tu joues à Aimé-Giral" - Aucun(e)
Julien Farnoux : "Toujours cette petite boule au ventre quand tu joues à Aimé-Giral" - Zebulon Nog