Rugby

Le fiasco européen plonge l'ASM dans la crise

Par Eric Le Bihan et Jean-Pierre Morel, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu lundi 25 janvier 2016 à 14:39

Les Clermontois abattus après leur élimination en Champion's Cup
Les Clermontois abattus après leur élimination en Champion's Cup © Maxppp - Richard Brunel

Eliminés prématurément de la Coupe d'Europe, joueurs et dirigeants clermontois doivent se remettre en question. Chez les supporters, la colère gronde.

Les trop nombreuses défaites en finale de championnat de France et de Coupe d'Europe paraissent quasiment anecdotiques au lendemain de l'énorme camouflet subi dimanche au Michelin face à l'Union Bordeaux-Bègles (28-37) sous les yeux d'une Yellow Army désarmée et presque sans voix. Il faut remonter à la saison 2010-2011 pour retrouver trace d'un accident aussi précoce sur la scène continentale. Et dire que les plus optimistes s'étaient délectés le jour du tirage au sort de phase de poule. Au-delà de l'énorme déception générée par cette élimination et du manque à gagner financier, c'est une nouvelle fois l'image du club qui est mise à l'épreuve. Une goutte d'eau qui a fait déborder le vase de Jamie Cudmore. Le bûcheron canadien y est allé à la tronçonneuse dimanche soir sur son compte Twitter. Préconisant un gros ménage dans les instances dirigeantes et concluant par un hashtag en forme de bombe. Cudmore réclamant le retour de Vern Cotter (désormais sélectionneur de l'équipe nationale d'Ecosse) aux affaires.

la plus grosse erreur jamais commise en Coupe d'Europe - Will Greenwood

Et puisqu'on en est à naviguer sur les réseaux sociaux, que dire alors du tweet de Will Greenwood. L'ancien international et champion du monde anglais a carrément dézingué le buteur Morgan Parra en qualifiant la dernière pénalité jouée à la main par l'ouvreur de l'ASM de "plus grosse erreur jamais commise en Coupe d'Europe". On ne peut pas donner complétement tort sur ce coup au donneur de leçon britannique, mais ce n'est certainement pas à Parra de porter le chapeau. D'abord parce que c'est un des rares Clermontois à s'être envoyés sur le pré dimanche, mais aussi et surtout parce que la première responsabilité incombe au staff technique. Comment personne sur le bord de la pelouse n'a pu faire passer le message que l'ultime pénalité du match pouvait permettre d'arracher le point de bonus défensif et donc la qualification poussive mais réelle pour les quarts de finale de la Coup d'Europe. Au moment de boire des bières et refaire le monde dans les entrailles du Michelin dimanche, personne n'avait encore trouvé la réponse à ce raté monumental de communication.

Même si ce ne sont pas forcément les mêmes, d'autres optimistes vous diront que Clermont va avoir un calendrier involontairement allégé et pouvoir se concentrer dans la quête d'un second bouclier de Brennus. Si c'est le cas, l'équipe et le club auront prouvé une énorme force de caractère. Et la Coupe d'Europe version 2016 ne sera qu'un vilain et ancien souvenir. Mais l'expérience récente de ce groupe a plutôt mis en avant sa fragilité mentale aux lendemains de grandes désillusions. Le match de Top 14 samedi face à Montpellier à la maison donnera une première indication sur l'état général du groupe. L'accueil du Michelin servira aussi de jauge pour voir si la côte d'amour entre l'ASM et son public a baissé ou pas.

L'ASM d'Aurélien Rougerie genou à terre  - Maxppp
L'ASM d'Aurélien Rougerie genou à terre © Maxppp - Richard Brunel

La crise couve à l'ASM - Jean-Pierre Morel -

En attendant le quotidien du championnat, l'heure est aussi au lavage de linge sale au sein de la famille ASM. Et dieu sait que ce fiasco européen a fait des tâches sur le maillot jaune et bleu. Le président Eric De Cromières est attendu au tournant d'une saison mal engagée. Il tiendra une conférence de presse très attendue à midi ce mardi aux côtés de son entraineur Franck Azéma. Leurs déclarations donneront le pouls d'un club qui a le souffle coupé depuis dimanche soir.

Morgan Parra aurait dû tenter la dernière pénalité contre l'UBB - Maxppp
Morgan Parra aurait dû tenter la dernière pénalité contre l'UBB © Maxppp - Thierry Larret