Rugby

Les All Blacks attendent leur meilleur ennemi

Par Arnaud Carré, France Bleu Béarn et France Bleu mercredi 21 octobre 2015 à 7:00

Le centre Conrad Smith prêt au combat.
Le centre Conrad Smith prêt au combat. © Radio France

Après leur démonstration de force face à la France, les champions du monde néo-zélandais se préparent sans trembler à défier leur rival sud-africain samedi à Twickenham dans une demi-finale explosive. A l'image du futur Palois Conrad Smith, ils ont hâte d'en découdre.

Une conférence de presse des All Blacks est aussi huilée que leur jeu de ligne. Un timing tenu à la minute près sous les ordres d’un adjudant-chef déguisé en attaché de presse et deux vagues de trois joueurs qui se succèdent. Des sourires, du professionnalisme et des réponses consensuelles afin d’éviter la moindre polémique. Surtout avant de retrouver les Boks.

Après avoir balayé les Français, quitté Swansea et le Pays de Galles, les All Blacks ont donc garé leur bus devant le Oatlands Park Hotel à Weybridge, dans une banlieue très chic à l’ouest de Londres. Si certains sont allés se promener aux alentours, si d’autres ont tapé quelques balles de golf, tous sont déjà tournés vers le choc qui les attend samedi face à l’Afrique du Sud.

C'est à Weybridge, sur les bords de la Tamise, que les All Blacks se préparent. - Radio France
C'est à Weybridge, sur les bords de la Tamise, que les All Blacks se préparent. © Radio France

« C’est toujours particulier de jouer contre elle, admet le centre Conrad Smith, et le contexte d’une demi-finale de coupe du monde rendra ça encore plus particulier que d’habitude ».

20 ans après,  l'intoxication alimentaire leur reste encore sur l'estomac

Car qui les deux équipes s’affrontent chaque année dans le cadre du Rugby Championship, l’ex-Four Nations, leurs routes ne se sont curieusement croisées qu’une seule fois. C’était en finale de l’édition 1995 où, devant le public de l’Ellis Park de Johannesburg et sous les yeux de Nelson Mandela, les Springboks avaient contenu les assauts de Jonah Lomu et avaient arraché la victoire en prolongation (15-12) face à des Néo-Zélandais curieusement diminués par une intoxication alimentaire.

A l’époque, le deuxième ligne Sam Whitelock était encore un gamin. « Je suis né en 1988 et j’ai baigné dans le jeu. Dans l’histoire de la Coupe du monde, il y a eu un certain nombre de matches importants que les All Black et les Springbok ont joué dans diverses compétitions mais c’est la première fois qu’on se rencontre dans une demi-finale donc ça va être très intéressant de voir ce qui se passe et je suis sûr que ce match va entrer dans l’histoire. »

Conrad Smith, Ben Smith et Tawera Kerr-Barlow (de g.à droite) - Radio France
Conrad Smith, Ben Smith et Tawera Kerr-Barlow (de g.à droite) © Radio France

S’ils se gardent bien d’en parler, les All Blacks sont décidés vingt ans après à remettre les choses au point. « C’est une rivalité très spéciale, rappelle quand même le futur joueur de la Section Paloise Conrad Smith. J’ai grandi pendant la période de l’apartheid où c’est l’Australie qui était l’ennemi traditionnel. Mais depuis, l’Afrique du Sud est revenue, les choses sont de nouveau comme elles étaient et c’est notre plus grande rivale ».

Déterminée à devenir la première nation à remporter trois titres mondiaux, la Nouvelle-Zélande se méfie d’un adversaire qui, depuis sa défaite face au Japon, a recentré son jeu sur les bases. « Même si on les a battus lors du dernier Rugby Championship (ndlr : 27-20 grâce à un essai de Richie McCaw dans les dernières minutes), on n’était pas très fier de la manière, avoue Conrad Smith. On sait qu’on va affronter une équipe très forte et très physique ».

Du combat, de la revanche, du talent aux quatre coins du terrain. Les All Blacks sont prêts et impatients. Nous aussi.

Retrouvez notre dossier spécial coupe du monde de rugby 2015