Rugby

Les clés de l’exploit face aux All Blacks

Par Arnaud Carré, France Bleu vendredi 16 octobre 2015 à 9:39

Guilhem Guirado annonce une guerre de tranchées.
Guilhem Guirado annonce une guerre de tranchées. © Maxppp

Vouloir battre les champions du monde, c’est bien. Savoir comment s’y prendre, c’est mieux. Voici quelques ingrédients indispensables pour espérer surprendre la Nouvelle-Zélande ou au moins être capable de la menacer le plus longtemps possible.

Avoir la rage

Les Français s’étaient donné rendez-vous sur le match de l’Irlande et ils n’ont pas fait ce qu’il fallait pour le gagner. La formule de la compétition leur offre une deuxième chance. « Bien sûr qu’il y a de la révolte, avoue le pilier Teddy Ben Arous. On sait qu’on a pêché, qu’on a utilisé notre joker face aux Irlandais. On sait que c’est un match à la mort et on n’a pas envie de terminer cette aventure ». Trop spectateur de son match dimanche dernier, le XV de France va devoir, selon Philippe Saint-André, trouver les ressources mentales, psychologiques et être sûrement dans un état second si on veut battre la Nouvelle-Zélande ». La frustration irlandaise et le pedigree de l’adversaire ont servi de moteur pendant la courte semaine de préparation. « Si on a un minimum de fierté et d’honneur, on n’a pas besoin de grand monde pour se motiver » avance le deuxième ligne Yoann Maestri. « Il faut un groupe en colère », lui répond PSA en écho.

Gagner la bataille de la ligne d’avantage

Guilhem Guirado évoque aussi cette « colère » mais ajoute qu’il faudra la canaliser. « Il faut qu’on soit maître de nous-mêmes et surtout très virulents ». Emportée dans les rucks par l’Irlande, en difficulté dans cette zone depuis le début de la compétition, peut-être parce qu’elle respecte trop la règle, l’équipe va devoir cette fois réussir l’opération nettoyage. Car si on parle beaucoup du jeu de ligne des Néo-Zélandais, on oublie trop souvent qu’il ne peut se mettre en place que parce que les Blacks avancent à chaque impact. « On sait qu’ils vont venir nous attaquer sur les cinq premiers temps de jeu avec du jeu direct pour gagner cette ligne d’avantage, poursuit le talonneur, ce qui leur permet de jouer leur jeu plus léché après. Mais ne vous y trompez pas, ce sera d’abord une guerre de tranchées ». Sans munitions, sans bons ballons à jouer, le XV de France va subir et on vit mal comment il pourrait ne pas craquer.

Morgan Parra sera chargé d'accélérer le jeu français. - Radio France
Morgan Parra sera chargé d'accélérer le jeu français. © Radio France

Faire douter les All Blacks

Les coéquipiers de Richie McCaw se sont promis de laver l’affront du quart de finale 2007 mais ils savent aussi que les Français, qu’ils ont eu un mal fou à battre en finale de la dernière édition, peuvent leur poser des problèmes. Blacks ou pas, ce sont des joueurs de rugby et il n’y en aura que quinze sur le terrain au coup d’envoi. « Si tu plonges dans les jambes et que tu serres fort, explique le flanker Yannick Nyanga, ils n’arrivent plus à avancer et en général ils tombent ». Les Néo-Zélandais n’ont perdu que trois fois depuis 2011 (Angleterre, Afrique du Sud, Australie), ils sont les favoris logiques de la compétition mais, à ce titre, porteront toutes la pression du match sur leurs épaules. « C’est leur collectif qui est très performant donc, devant ou derrière, ce sera des duels pour tout le monde » rappelle Wesley Fofana. Dans ce match couperet, chaque Français aura donc pour tâche de semer le doute dans la tête de son vis-à-vis en espérant réussir à mettre un grain de sable dans cette redoutable mécanique.

Y croire

Ça peut sembler une évidence. Mais pour réaliser l’exploit, les Bleus doivent entrer sur la pelouse du Millennium avec la certitude qu’ils en sont capables. Début juillet, le groupe s’est soudé autour de l’objectif du titre mondial et même si le plat néo-zélandais arrive sur la table plus tôt que prévu, il serait sans doute passé à un moment ou un autre. «A nous de faire en sorte que ce rêve devienne collectif et fort, avance Yoann Maestri, et surtout qu’il devienne un cauchemar pour nos adversaires ». Un discours plus mordant que ceux tenus en début de semaine qui avaient pu faire penser que la défaite face à l’Irlande avait cassé le moral des troupes. « Nous on a jamais dit qu’on était résignés même si on le lit ou qu’on le voit partout, réagit Wesley Fofana. C’est un quart de finale, bien sûr qu’on croit en nous. Ils sont très forts mais pas imbattables. »

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