Rugby

Les raisons de l'échec du XV de France contre l'Irlande

Par Yves Maugue, France Bleu Béarn, France Bleu Creuse, France Bleu Gascogne, France Bleu Gironde, France Bleu Isère, France Bleu La Rochelle, France Bleu Limousin, France Bleu Pays Basque, France Bleu Pays d'Auvergne, France Bleu Périgord, France Bleu Toulouse et France Bleu dimanche 11 octobre 2015 à 20:39

Les Irlandais ont monopolisé le ballon.
Les Irlandais ont monopolisé le ballon. © Reuters

Le XV de France n'a pas résisté à la marée verte ce dimanche au Millenium Stadium de Cardiff, dominé 24 à 9 par l'Irlande. Avant d'affronter les Blacks en quarts, les Bleus devront comprendre les raisons de leur échec. Voici quelques pistes.

1 | Le XV de France privé de ballons

Une seule statistique, le XV du Trèfle a bénéficié de deux fois plus de turn-overs que le XV de France. Durant la deuxième période, les Irlandais ont campé dans la moitié de terrain des Français. Alors, bien sûr, les Bleus ont montré une belle solidité défensive pendant la première période et même en deuxième mi-temps face aux longues séquences irlandaises. Ils ont été longtemps efficaces sous les ballons hauts. Mais à force de défendre, les Français se sont usés alors même que l'équipe d'Irlande voyait pourtant ses leaders sortir sur blessure : Jonathan Sexton puis Paul O'Connell et enfin Peter O'Mahony. Et finalement, les Bleus ont craqué et ils ont perdu le fil de la rencontre.

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2 | Des Bleus battus dans les rucks

Seul Thierry Dusautoir a surnagé. Mais pour le reste, on n'a vu que du vert dans cette phase de jeu tellement déterminante. A l'image d'un Sean O'Brien parfois à la limite de la règle mais impressionnant de présence. Les Français n'ont jamais réussi à aligner plus de trois ou quatre temps de jeu alors que les Irlandais en enchaînaient parfois plus de quinze. Et c'est souvent dans cette bataille des rucks que les joueurs de Joe Schmidt récupéraient les munitions française.

3 | L'incapacité à développer du jeu

Cette équipe de France manque-t-elle de talents ? La question peut se poser au vu de cette rencontre. On va encore revenir sur ces trop courtes séquences de jeu. Pris dans les rucks, les Bleus ont aussi rendus beaucoup trop de ballons d'attaque sur des petites (ou parfois grosses) maladresses. A l'image de cette obstruction de Morgan Parra gênant un défenseur irlandais alors que les Bleus étaient encore à portée de fusil à dix minutes de la fin. Et les coups de butoir systématiques sur la ligne de défense irlandaises n'ont guère été productifs. Sans parler du regretté "french flair" définitivement disparu, aucun joueur n'a pu surprendre les Irlandais, à part sur une feinte de Frédéric Michalak en première période mais trop loin de la ligne d'en-but pour créer un danger définitif.

Mathieu Bastareaud n'a pas eu son rendement habituel. - Reuters
Mathieu Bastareaud n'a pas eu son rendement habituel. © Reuters

4 | Des leaders défaillants

Un seul exemple : Mathieu Bastareaud. On a vu le Toulonnais prostré à la fin du match dans le vestiaire tricolore, la tête entre les mains. Mais Bastareaud est passé à côté de son sujet sur ce match qui constituait un véritable test pour le XV de France. Il a d'abord été pris et il a manqué son plaquage sur l'action qui amène l'essai de Rob Kearney. Offensivement, il a gâché deux ballons très importants. A la 25ème minute, il a commis un en-avant à 40 mètres de la ligne irlandaise, alors que les Français venaient d'avoir un trois contre un à négocier. A la 59ème, il a été sanctionné pour avoir gardé un ballon au sol dans les 22 mètres de l'Irlande. Un match raté pour Bastareaud mais les autres leaders n'ont pas pu se hisser au niveau d'intensité et de rythme réclamé par les performance du XV du Trèfle.

5 | Pas de capacité de réaction 

Pascal Papé l'a reconnu à la fin de la rencontre. "On manque d'intensité, on subit une longue séquence et on prend un essai, a expliqué le deuxième ligne des Bleus. A partir de là, on est devenu plus fragiles, fébriles". C'est bien cette incapacité à se rebeller qui peut inquiéter avant le quart de finale contre la Nouvelle-Zélande. Car il ne s'agira pas seulement de réagir face à la meilleure équipe du monde depuis quatre ans, il s'agira d'aller chercher l'exploit. Pour le moment, on voit mal quels ingrédients les hommes de Philippe Saint-André pourraient trouver pour faire trembler les Néo-Zélandais.

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