Rugby

Les Springboks retentent leur chance

Par Arnaud Carré, France Bleu mercredi 21 octobre 2015 à 14:58

Bismarck Du Plessis et Heyneke Meyer.
Bismarck Du Plessis et Heyneke Meyer. © Radio France - Arnaud Carré

L’Afrique du Sud défie les All Blacks samedi (17h) à Twickenham en demi-finale de la coupe du monde. Consciente qu’elle est prête mais persuadée que les Néo-Zélandais n’ont peut-être jamais été aussi forts qu’aujourd’hui.

C’est dans une salle minuscule et donc forcément bondée d’un hôtel de luxe au centre de Guilford que le staff a annoncé mercredi matin l’équipe qui va tenter de relever le challenge All Black. Un XV de départ inchangé par rapport au match face au Pays de Galles (23-19). Seul le vétéran Victor Matfield, 38 ans, fait son retour sur le banc.

L’Afrique du Sud s’apprête à retrouver un rival qu’elle n’a battu qu’une fois depuis la dernière édition. C’était le 4 octobre 2014 à Johannesburg, seule éclaircie au milieu de six défaites en Rugby Championship.

C'est peut-être la meilleure équipe All Black de tous les temps
— Heyneke Meyer, le sélectionneur de l'Afrique du Sud

Si les affrontements ont souvent été disputés, ils ont basculé en faveur de l’adversaire. Tout sauf un hasard. « J’ai fait l’erreur de trop motiver les gars quand on jouait les All Blacks, avoue le sélectionneur Heyneke Meyer, et chacun voulait faire quelque chose différent. Le passé nous a appris qu’il ne faut pas en faire trop. On croit en nous, on croit qu’on est capable sur un match de battre n’importe qui mais là, c’est peut-être la meilleure équipe néozélandaise de tous les temps ».

La leçon de rugby (62-13) donné aux Français le week-end dernier à Cardiff n’a pas échappé au demi d’ouverture Handré Pollard. « C’était une très grande performance, il n’y a pas grand-chose à ajouter. Mais là c’est un match différent, on sait que ça peut-être le dernier. On s’avance vers ça avec confiance. »

A seulement 21 ans, Handré Pollard est l'ouvreur des Boks. - Radio France
A seulement 21 ans, Handré Pollard est l'ouvreur des Boks. © Radio France - Arnaud Carré

Confiance et méfiance. Les Boks savent à quoi s’attendre et travaillent pour être prêts. « On a un plan mais c’est la façon de l’appliquer qui compte, rappelle Heyneke Meyer. Ils n’ont aucune faiblesse. Ils ont un très bon jeu au pied, ils mettent le ballon derrière vous et mettent beaucoup de pression. Depuis le début de la coupe du monde, notre triangle arrière a progressé dans ce domaine. Mais c’est samedi qu’il faudra répondre présent. »

Les coéquipiers de Handré Pollard ont promis qu’ils essaieront de ne pas subir. L’ouvreur s’attend d’ailleurs à moins d’envolées alors que se joue un billet pour la finale. « On sait comment ils jouent et eux savent comment on joue. Après, ce sera un peu différent car c’est une demi finale de coupe du monde et le jeu sera peut-être un peu plus restrictif. S’il y a une opportunité, on la prendra, c’est sûr. »

Heyneke Meyer veut offrir une bière à Steve Hansen

Si la rivalité est forte entre les deux pays, avec en point d’orgue la finale de 1995, elle n’empêche pas le respect mutuel. « La première fois qu’ils nous ont battus, rappelle Heyneke Meyer, j’étais effondré et Steve Hansen (ndlr : coach des All Blacks), que je ne connaissais pas, est venu m’offrir une bière après le match. La deuxième fois, le score était plus serré et il a fait la même chose. Nous sommes des nations fières, chacun veut faire grandir son équipe mais il y a énormément de respect entre nous. J’espère juste que samedi soir, je pourrai lui apporter une bière

Le duel Habana / Savea, le choc des troisièmes lignes et le jeu au pied sont quelque unes des clés d’un match qui fait saliver les Springboks. « La pression ? Depuis notre défaite initiale face au Japon, répond le talonneur Bismarck Du Plessis, on ne joue plus que des matches couperet ».