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Rugby

Le capitanat, les jeunes, les critiques... Les confidences de Mathieu Acébès (USAP)

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Par , France Bleu Roussillon

Avant la réception de Mont-de-Marsan, Mathieu Acébès s'exprime sur la situation de l'USAP. Ce match doit confirmer la montée en puissance des Catalans. Le nouveau capitaine de l'USAP n'a guère apprécié les critiques en début de saison mais pour lui, le groupe est serein... et lui aussi.

Mathieu Acébès, capitaine de l'USAP
Mathieu Acébès, capitaine de l'USAP - Zebulon Nog

Perpignan, France

Le capitaine de l'USAP Mathieu Acébès a des choses à dire et il les dit. Après un début de saison poussif, l'USAP est sur la bonne voie. Pas de surprise pour Mathieu Acébès car le groupe a toujours travaillé dans la sérénité et il juge les critiques abusives. Il s'exprime sur son rôle de capitaine et sur la fraîcheur apportée par les jeunes dans le groupe USAP. Ce vendredi, contre Mont-de-Marsan, c'est un match important et il le sait.

Après deux victoires convaincantes, on se dit que la pression ne retombe pas avec cette réception de Mont-de-Marsan. Ce match doit-il déterminer si votre début de saison est bon ou moyen ?

Il ne faut pas avoir fait une école d'ingénieur pour savoir ça. C'est un match clef, après une victoire à l'extérieur et à la fin d'un bloc qui avait mal commencé à Rouen. Il est nécessaire pour nous de gagner à la maison et peu importe l'adversaire. Il nous faut une victoire parce qu'on est à Aimé-Giral et qu'on veut garder cette invincibilité à domicile. On sait qu'on a une très bonne équipe en face de nous, on la connaît. C'est une équipe qui, pour moi, n'est pas à sa place pour le moment, elle a de la qualité partout et on est tous vigilants. 

Ce match doit désormais vous positionner en haut du classement, est-ce en cela qu'il est le plus important ?

Ça va même au-delà du classement. La Pro D2 est un championnat marathon. Je ne suis pas dans l'optique du classement, je suis dans l'optique de la construction de notre groupe et de comment on se remet dans la marche avant. Il est très important pour nous pour gagner en sérénité et être bien dans la performance. Ce match est avant tout pour nous et pas plus que ça pour le classement.

La victoire à Aurillac constitue-t-elle un premier déclic pour ce groupe cette saison ?

Ce n'est pas la victoire à Aurillac qui nous a fait un bien fou. Depuis le début de saison, on vit dans un climat particulier autour de l'USAP. Je le redis, pour moi, il y a de la sérénité dans ce groupe et ça arrive à tout le monde des fois de se rater. Ça peut arriver à tout le monde de perdre à Rouen. Tout le monde pense que Rouen c'est des gugusses parce qu'ils montent de Fédérale 1 et que c'est une équipe de merde. Les gens qui disent ça ne connaissent pas le rugby et ne savent pas les joueurs qu'il y a à Rouen. Ils montent de Fédérale 1 et nous on est l'USAP. L'USAP représente quelque chose, OK, mais ça c'était il y a 10 ans. On est l'USAP d'aujourd'hui. C'est pour ça que je dis qu'il faut arrêter de vivre dans le passé et regarder devant. 

"Ici, on veut foutre le feu partout à la moindre chose qui ne va pas."

Certes, on sait très bien qu'on n'a pas été au niveau en début de saison, qu'on a perdu des matchs à l'extérieur, mais la saison est longue. J'ai l'impression qu'ici, on veut foutre le feu partout à la moindre chose qui ne va pas. C'est comme si on virait quelqu'un dans la vie de tous les jours à la moindre erreur commise. Non, ça ne se passe pas comme ça. On travaille dans la sérénité. Je le dis à mes joueurs : je veux de la sérénité dans notre groupe, je veux qu'on travaille pour avoir des certitudes sur ce qu'on est, sur ce qu'on fait et sur ce qu'on donne au club. On est dans la remise en question permanente, c'est la loi de notre sport et de notre statut de professionnel. Chaque match est important et celui qui arrive est le plus important de la saison.

Personnellement, comment vous sentez-vous dans ce nouveau rôle de capitaine ?

Ma fonction de capitaine, honnêtement, j'ai trouvé que c'était plus médiatique et plus l'image qu'on voulait donner. Moi, ça n'a pas changé ma façon d'être dans le groupe. Je suis dans le groupe comme j'étais quand je suis arrivé, j'ai toujours fonctionné comme ça dans les groupes. J'ai déjà été capitaine et pas capitaine dans d'autres équipes, et je fonctionnais pareil. Même en n'étant pas capitaine, j'étais considéré comme un leader car c'est comme ça : des fois, des joueurs sont leaders d'autres non, et ça ne se décide pas. J'essaye juste d'être pour le bon fonctionnement de l'équipe, pour qu'elle soit performante. C'est mon rôle aujourd'hui. Quand il y avait Maf (Lifeimi Mafi) à l'époque ou Tom (Écochard) l'année dernière, je faisais déjà ça. 

"Quand t'es capitaine, t'es sur le devant de la scène et tu es le premier qui ramasse."

Après, je ne le cache pas, être capitaine, et surtout à l'USAP, ce qui m'a un peu fait chier en début de saison, c'est que t'es sur le devant de la scène et que tu es le premier qui ramasse, mais c'est comme ça. Ça ne me dérange pas de ramasser, mais quand c'est juste et que c'est fondé. Quand ce sont des conneries totales, ça énerve un peu. En même temps, la société est comme ça aujourd’hui. 

Regarde avec l'équipe de France de rugby, elle est très critiquée et tout le monde donne son point de vue sur les réseaux sociaux. Des fois, je ne trouve pas ça pertinent, ça rabaisse la société et on ne se tire par vers le haut. Il faut respecter les mecs qui sont en équipe de France. Quand tu n'y as pas été, tu n'es pas apte à dire ce que tu aurais fait. Si le mec est en équipe de France, c'est qu'il est le meilleur. Il faut être pour l'équipe de France comme il faut être derrière l'USAP. C'est ça que je n'aime pas aujourd’hui, et que je n'avais pas au début de ma carrière. Ça me dérange et ça m'énerve un peu. Je reste un passionné, je prends plaisir à rester dans un groupe et à fonctionner comme quand j'étais jeune. Je me sens en forme, je suis bien, l'opération m'a fait beaucoup de bien .

Dans cette équipe de l'USAP, l'arrivée de ces jeunes joueurs constitue-t-elle un gros coup de fraîcheur ?

Déjà, je suis très content de leur arrivée. À Aurillac on a gagné avec beaucoup de jeunes joueurs issus de la formation française et c'est un vrai plaisir. Quand tu rentres dans un groupe, le but est d'amener de l'insouciance, de ne pas avoir cette notion de pression, et on est tous passé par là. Ta seule consigne c'est de prendre un ballon et d'avancer. Plus on grandit et plus on perd un peu ça parce qu'il y a d'autres choses à gérer. Quand tes jeune, tu n'as pas ces soucis là. En plus tu rentres à la maison, ta maman te lave le linge et tu n'as pas de gosses à t'occuper (rires). Ils font du bien en tout cas dans le groupe et en plus ce sont de supers jeunes. C'est rafraîchissant, c'est clair. 

En plus, ils amènent de la concurrence. Patrick (Arlettaz) a toujours été un coach juste qui fait jouer les joueurs qui méritaient de jouer. Et là c'est le cas. Ils méritent et donc ils enchaînent les matchs. Ce n'est pas un cadeau parce qu'ils sont jeunes, c'est juste qu'ils méritent de jouer et ça met tout le monde au diapason. Il va y avoir encore plus de concurrence bientôt et c'est ce qui fera avancer l'USAP.

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