Rugby

Pascal Papé : "Personne ne peut se prétendre titulaire"

Par Arnaud Carré, France Bleu Paris Région, France Bleu Isère et France Bleu mardi 29 septembre 2015 à 15:01

Pascal Papé en action lors du match face à l'Italie.
Pascal Papé en action lors du match face à l'Italie. © Maxppp

Le deuxième ligne du XV de France et du Stade Français aborde avec envie et impatience le match de jeudi face au Canada. Convaincu que les Bleus vont devoir se retrousser les manches mais persuadé que l'état d'esprit du groupe peut l'emmener très haut. Entretien.

France Bleu : Vous quittez Croydon demain pour Milton Keynes. Pas de nostalgie ?_

Pascal Papé_ : Déjà, c’est bien pour la fraîcheur mentale de quitter les lieux. Ça fait toujours du bien de découvrir de nouveaux endroits, de couper la routine. Les joueurs sont contents de bouger. On s’était posé la question de savoir si on emmenait les cuisiniers avec nous. On va les laisser là, ils sont mieux ici. Çà va faire du bien d’aller vivre une nouvelle aventure. On change aussi de lieu d’entraînement, ça va faire du bien à la tronche. Ce sont de tout petits détails qui peuvent compter à la fin.

Trop de confort, ça peut être un danger. On coupe la routine hôtelière pour autre chose. C’est comme quand vous changez de femme, il y a toujours de nouvelles sensations.

C’est important de fuir le confort ?

Trop de confort, ça peut être un danger. On coupe la routine hôtelière pour autre chose. C’est comme quand vous changez de femme, il y a toujours de nouvelles sensations (sourires). C’est un rapprochement un peu bizarre mais, en tous cas on est content de bouger.

Une des constantes de cette coupe du monde, c’est qu’il n’y a pas d’équipes faibles. Il faudra être sérieux face au Canada ?

Vous avez vu les matches comme nous. C’est une équipe qui a posé des problèmes à l’Irlande pendant vingt minutes et pendant tout le match face à l’Italie, un match qu’elle aurait dû gagner. C’est une équipe qui n’hésite pas à aller sur les latéralités, qui impose de longues séquences de jeu avec des trois-quarts dangereux dans la ligne d’attaque et une mêlée hyper tonique. C’est très propre, Il faudra construire notre performance et notre victoire et ne pas faire les choses dans le désordre car autrement on va se tromper.

Ce resserrement, c’est une bonne chose pour le rugby ?

C’est une très bonne chose. Dans toutes les équipes il y a des joueurs exilés dans les plus grands championnats, ils ont eu trois mois de préparation physique. C’est sûr que ce n’est plus comme les coupes du monde d’avant et même celle de 2007 où il y avait encore des 80 ou 100 points d’écart. Je pense que ça évoluera encore dans l’avenir.

Pascal Papé va disputer son neuvième match de coupe du monde. - Radio France
Pascal Papé va disputer son neuvième match de coupe du monde. © Radio France

Hiérarchie du rugby, hiérarchie aussi dans le groupe France. Y a-t-il encore de la place pour tout le monde ?

Evidemment. On ne peut pas se prétendre titulaire dans cette équipe. On est obligé d’être performant pour espérer jouer le match d’après. Aucun joueur ne peut se dire : « Je passe à côté de mon match, mais ce n’est pas grave car je suis titulaire ». Ce serait manquer de respect par rapport aux coéquipiers et ne pas être dans le vrai au niveau de l’état d’esprit. On a 31 joueurs sur le qui-vive sans arrêt. Ce que je trouve exceptionnel dans cette équipe c’est qu’à chaque fois on a 23 joueurs sur la feuille et on a les 8 autres qui ont amené beaucoup à l’entraînement pour que l’équipe puisse travailler. C’est un super état d’esprit et tant qu’on l’aura, on sera une grande nation.

On ne fait pas de la danse, ce sont les risques du métier. Évidemment il y a de la casse en ce début de coupe du monde mais c’est parce que ça tape fort. Face à l’Italie et la Roumanie, c’était du costaud.

Votre avis sur les nombreuses blessures depuis le début de la compétition ?

On ne fait pas de la danse, ce sont les risques du métier. On fait un sport de contact, on sait qu’il y a de l’impact, de la collision, du danger. Un accident, ça arrive vite. C‘est une vie de rugbyman. Elle est faite de grands moments, de moments de souffrance, de blessure…Évidemment il y a de la casse en ce début de coupe du monde mais c’est parce que ça tape fort. Face à l’Italie et la Roumanie, c’était du costaud.

Un dernier mot sur le comportement de Philippe Saint-André avec vous ?

Il y a de l’interaction avec les joueurs. Il est sans arrêt en train de demander à ses joueurs comment ils ressentent les séances, les matches, comment ils se sentent dans la vie du groupe. Il y a beaucoup d’échanges avec lui et avec les autres personnes du staff. Il paraîtrait qu’il y a des tensions entre les joueurs et le staff. Vous n’aurez rien à gratter la dessus parce qu’il n’y a rien à gratter.

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