Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

"Faire des économies et rajeunir l'effectif du Montpellier Hérault Rugby" dit Philippe Saint-André

-
Par , France Bleu Hérault

Philippe Saint-André, directeur du rugby au MHR depuis février dernier, était notre invité en Facebook Live, ce mercredi. Avec lui, nous avons évoqué la reprise, l'avenir du club, le mercato et les conséquences financières de la crise liée à l'épidémie de coronavirus.

Philippe Saint-André veut recruter entre neuf et onze jours cet été au MHR
Philippe Saint-André veut recruter entre neuf et onze jours cet été au MHR © Getty - Richard Heathcote

La reprise du Top 14 

Alors que la date initialement retenue pour le démarrage de la saison prochaine est celle du 5 septembre, personne ne sait si la situation sanitaire permettra de démarrer à ce moment là. De son côté, Philippe Saint-André imagine un calendrier de reprise pour les hommes de Xavier Garbajosa : "Il faut être patient, mais si la courbe descend, on pourrait alors imaginer s'entraîner à haute intensité et avec du contact en juillet, faire des matchs amicaux en août et commencer début septembre. Cependant, s'il y a des soucis, on pourrait commencer mi-septembre ou début octobre." 

Quant à la difficulté qui s'annonce au sujet de l'élaboration du calendrier, entre les dates françaises, européennes et internationales, Philippe Saint-André espère notamment que la Coupe d'Europe sera modifier : "Il faut voir si l'équipe de France joue en octobre et en novembre. Ou bien si elle ne joue qu'un un seul match du tournoi des six nations fin octobre, plus les tests du mois de novembre, donc cinq matchs ou six matchs. Il y a aussi une négociation pour la Coupe d'Europe, à savoir réduire les poules de quatre à trois équipes pour faire deux matchs de moins (...) Pour moi, ce qui est important, c'est qu'on ait un vrai Top 14 la saison prochaine et une coupe d'Europe avec moins de dates". 

Des matchs à huis-clos ? 

Alors que la reprise pourrait se faire à huis-clos dans de nombreux sports professionnels, cette perspective inquiète grandement le monde du rugby, dont l'économie repose beaucoup sur la billetterie : "C'est assez simple. Au foot, qui est une référence, les droits télé constituent en moyenne 80% du budget des clubs. Nous, c'est entre 15% et 20%. Du coup, le sponsoring, les supporters, le merchandising, les RP (Rugby Partenaires), tout ça est primordial et vital pour la sérénité du rugby. Imaginez des partenaires venir dans les loges, mettre un masque et ne pas pouvoir boire une bière ou une coupe de champagne et manger quelque chose, ça ne va pas trop avec l'esprit du rugby et de la troisième mi-temps. On peut sans doute supporter un ou deux matchs à huis-clos par club, mais on espère qu'on va trouver des solutions face à cette pandémie. Et on espère qu'en septembre ou en octobre, on pourra rejouer avec des capacités correctes dans nos stades.

Mercato : changement de cap au MHR

L'arrêt des compétitions n'a évidemment pas empêché les clubs de travailler sur le recrutement et d'anticiper la saison future. AU MHR, changement de cap. C'est avec la volonté de "faire des économies" quePhilippe Saint-André, Xavier Garbajosa (entraîneur) et Jessica Casanova (directrice générale), notamment, ont travaillé pour constituer l'effectif de la saison prochaine. Au total, "entre neuf et onze recrues, en plus des jeunes du centre qu'on va signer," vont être annoncées la semaine prochaine. 

Faire des économies, mais aussi rajeunir l'effectif : "On avait besoin de rajeunir l'effectif, besoin d'avoir plus de joueurs issus de la filière formation. Besoin aussi de recruter sur certains postes en première ligne et en seconde ligne, où l'équipe était en difficulté. Des joueurs plus jeunes avec un très gros potentiel vont amener de la concurrence. On a signé beaucoup de joueurs sur trois saisons, qui vont s'inscrire dans un nouveau cycle (...) On a des joueurs de classe mondiale, mais on n'a pas besoin de 200 joueurs de classe mondiale. On a besoin d'un état d'esprit, d'une identité, de mecs qui mouillent le maillot. On a rencontré tous les joueurs qu'on recrute, pas sur vidéos ou via des agents. Et pour moi c'est important de sentir leur envie et leur détermination de venir relever le challenge (...) On a aussi resigné nos meilleurs joueurs, comme Bouthier pour deux ans supplémentaires. Le meilleur des recrutements, de toute façon, c'est de conserver ses meilleurs éléments. C'est ce que j'ai fait avec Picamoles, quand je suis arrivé, alors même qu'il était blessé au genou, en lui faisant une année supplémentaire." 

Eviter les trous d'air en cas de "doublons"

Le recrutement a aussi été réalisé dans le but de ne pas subir autant que la saison précédente les doublons, ces moments dans la saison où les matchs de championnat se télescopent avec des dates internationales : "On ne peut pas se plaindre, c'est une fierté pour le club d'avoir des joueurs en équipe de France (...) mais l'effectif manquait d'équilibre, lors des doublons. On n'avait pas anticipé que six à neuf joueurs seraient régulièrement pris en équipe de France. On a donc travaillé pour avoir un effectif tout terrain, notamment lors des doublons" (...) Avoir un quinze de rêve, c'est bien. Mais l'important, c'est d'avoir deux premiers choix sur un poste, et un jeune à fort potentiel en numéro trois".

Et, malgré la crise, pas question de retenir les internationaux, autrement dit de les empêcher de rejoindre leur sélection : "C'est impossible ! J'ai eu la chance de jouer 69 fois avec l'équipe de France, Xavier aussi a joué, et tu ne peux pas dire à un joueur de ne pas y aller. Déjà, ce qui est positif, c'est qu'il n'y aura pas de tournée au mois de juillet. Ce qui est important, c'est que les joueurs commencent très bien avec le MHR le début de saison. Et qu'on ait un effectif suffisant, ensuite, lors des matchs où nos internationaux seront absents."

Baisse des salaires : entre 15 et 31% au MHR

Plusieurs clubs négocient actuellement une baisses des salaires de leurs joueurs, pour surmonter la crise. C'est aussi le cas au MHR : "Ce qui est important, c'est qu'il y ait une vraie solidarité dans le club. On a la chance d'avoir un président qui a donné énormément au club. Il est encore motiver pour continuer à donner, mais je crois qu'il faut un geste fort de tous les employés. C'est pas que les joueurs, c'est aussi le staff, ceux qui les encadrent. On avait une réunion avec six représentants des joueurs, ce mercredi. On essaie de travailler en osmose. La Ligue Nationale de Rugby a demandé aux joueurs de faire des efforts, parce qu'elle pense qu'il y aura entre 20% et 30% de moins en sponsoring sur les saisons prochaines et entre 15% et 20% de moins en matière de supporters. On est donc obligé d'anticiper cette période de crise. Les joueurs sont conscients de la situation. La DNACG propose aux clubs de baisser les salaires des joueurs de 31%. Après, chaque club à son économie. Nous, on serait entre une baisse située entre 15% et 31%. Mais pour l'instant, rien n'est acté." 

Et encore, aux yeux de Philippe Saint-André, les clubs et joueurs de Top 14 n'ont pas à se plaindre : "On n'est pas mal loti, en France. Le chômage partiel, avec la prise en charge par l'Etat, nous a beaucoup aidé. En Nouvelle-Zélande, les All-Blacks ont du accepter 50% de baisse de salaires immédiatement, 60% en Australie, 42% en Afrique-du-Sud. Nous, on est dans la négociation". 

REVOIR 100% MHR : Philippe Saint-André en Facebook Live, avec Bertrand Queneutte

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu