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Rugby

Pro D2 - demi-finale Oyonnax-Bayonne : "le sport c'est fait pour gagner"

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Par , France Bleu Pays Basque

Oyonnax reçoit Bayonne ce samedi 18 mai (18h30) pour la première demi-finale de Pro D2. L'Aviron qui estime avoir déjà rempli ses objectifs se présente dans la peau du petit, de l'outsider qui n'a pas grand chose à perdre. Entretien avec Joël Rey, entraineur des avants, et Antoine Battut, capitaine.

Les supporters bayonnais ont encouragé leurs joueurs jeudi avant leur départ pour Oyonnax
Les supporters bayonnais ont encouragé leurs joueurs jeudi avant leur départ pour Oyonnax © Radio France - Thibault Vincent

Bayonne, France

Oyonnax / Bayonne, c'était un match de Top 14 il y a quelques années, c'est l'affiche d'une demi-finale de Pro D2 ce samedi 18 mai (18h30). Une opposition qui, à en croire les Bayonnais, est tout sauf équilibré sur le papier. Joueurs et entraineurs de l'Aviron font d'Oyonnax, relégué cette saison, le favori. Une posture qui arrange bien l'entraineur des avants, Joël Rey, et son capitaine, Antoine Battut. Entretiens croisés.

Pour votre manager, Yannick Bru, Bayonne n'apparait pas comme le favoris dans cette demi-finale et jouera avec moins de pression que lors du quart de finale, c'est aussi votre sentiment ?

Joël Rey : C'est sûr. Contre Nevers, vu la physionomie du match, on était un peu tendus parce qu'on voulait réussir, on voulait passer. Là c'est carrément autre chose. Depuis le début de la saison, Oyonnax a annoncé qu'il voulait remonter. Ils ont le budget, ils ont les joueurs, ils ont une demie à la maison donc quelque partils ont obligation de réussir.

"C'est le plus grand moment de l'année, il faut le gagner"

Nous c'est tout "bénef". En début de saison, quand on a fait les premières interviews, on a dit qu'on voulait montrer un beau visage, on a pas dit qu'on voulait remonter. Je pense que l'objectif est différent entre Oyonnax et nous. Nous on y va... je dis pas totalement relâchés parce qu'il faudrait pas en prendre 40 ou 50, on a envie de faire un beau match, mais clairement je pense que la pression est plus sur Oyonnax que sur nous.

Le plus important dans les phases finales c'est de les réussir. J'ai eu la chance d'en faire, joueur et entraineur, et... c'est le plus grand moment de l'année ! Donc il faut les gagner, il ne faut pas avoir de regrets en se disant on aurait du l'aborder différemment. On a essayé de faire tout ce qu'il fallait pour être prêts, mais il faut les réussir, c'est cela le plus important.

"Il faut jouer sa chance à fond, on y va pas pour prendre une valse"

Antoine Battut : Cette demie ça valide le travail qu'on a pu faire toute la saison. On avait pour objectif d'être dans les 6 et on s'est retrouvés à  recevoir un quart à domicile, donc ça aurait quand même fait tâche de pas gagner ce match devant notre public, devant nos proches. Maintenant on est en demie et faire parti du dernier carré c'est une belle récompense pour tout l'effectif, pour tous ceux qui ont travaillé dur pour qu'on soit là aujourd'hui.

Un match de phase finale, il faut jouer sa chance à fond et je leur dis, ok là c'est une récompense, mais je vous assure qu'on y va pas pour s'en prendre 70. Aujourd'hui, si on vous parle de la saison de Mont-de-Marsan vous allez me dire "oui mais tu as vu ils sont allé en prendre 50 à Vannes", alors que c'est une belle équipe qui depuis des années est en haut du tableau. Et moi ce que je ne veux pas c'est qu'on garde cette image là de notre saison, parce qu'on a travaillé dur. Donc la seule chose que je ne veux pas c'est qu'on prenne une valse.

"On a vraiment rien à perdre"

Après, je vous assure qu'on jouera notre carte à fond, comme on l'a fait à chaque fois avec le rugby le plus positif du monde, on va essayer de mettre du volume.

Aujourd'hui, est ce que Bayonne a les moyens de monter ?

J.R. : Monter je ne sais pas, mais faire un bon match contre Oyo oui. On s'est accrochés toute la saison et sur un match on a quelques atouts, on a la jeunesse, on tentera de jouer, vraiment. On a vraiment rien à perdre, pour nous la saison, quoi qu'il arrive, elle est réussie. 

"Il ne faut pas avoir peur de cela. L'Aviron peut le faire"

Après, je ne me vois pas arriver face à 25 mecs, même moi juste avec les avants ou Yannick (Bru) face à toute l'équipe, et dire "les gars vous jouez avec le frein à main, toi tu pars en touche si tu vas marquer..." Non. J'ai pas été éduqué comme cela, Yannick encore moins que moi je pense (rires). On joue pour gagner, on est ambitieux. Ce serait l'inverse du sport que de ne pas vouloir quelque chose qui... je ne sais pas si cela nous tend les bras mais on a travaillé pour cela.

L'objectif il est atteint par rapport à ce que l'on voulait, maintenant tu as quelque chose qui peut arriver, il faut le faire. Il y a quelques années, Agen est monté à l'arrache. Moi je me suis dit "ils vont se faire démâter" et ils sont toujours là, ils sont toujours en Top 14. Il ne faut pas avoir peur de cela. L'Aviron peut le faire.

"Le voyage de fin d'année ou une étape"

Est-ce qu'on est structurés ? Est-ce qu'on est prêts ? J'ai pas envie de me poser la question. A l'Aviron, hormis il y a 3 ans, depuis combien de temps il n'y a pas eu de phases finales ? Si on monte, on verra, on se posera la question dans 8 jours ou 15 jours. Là, on s'en fout, le sport c'est fait pour gagner, c'est pas fait pour gérer.  Si on peut, on le fera. 

A.B. : Moi je ne me projette pas encore. Je leur ai dit (dans le vestiaire) on va à Oyo, ça peut être le voyage de fin d'année comme ça peut être une étape.  Pour moi, la préparation et nos pensées s'arrêtent à ce match là. 

"Le but d'Oyonnax, c'est de nous détruire"

Est-ce que les deux confrontations cette saison, à chaque fois serrées, contre Oyonnax vous confortent dans l'idée que vous pouvez vous imposer ?

J.R. : Oui, face à Oyonnax on a fait 2 matchs où on nous prédisait que ce serait très dur, physiquement... et on a été au rendez-vous. Je ne me pose pas de questions sur l'adversaire. Je sais qu'Oyo va vouloir jouer, va vouloir nous imposer beaucoup de temps de jeu, ils vont vouloir accélérer, nous prendre physiquement. Mais c'est faisable. On a des garçons au sein du groupe qui sont capables de lutter dans le défi et surtout de surprendre l'adversaire. 

Le but d'Oyonnax c'est de nous détruire. Nevers a essayé de nous détruire pendant 80 minutes en nous tapant dans la tête, je pense que c'est ce qu'Oyonnax va faire. Ils ont fait cela sur les deux matchs. Ils sont capabes de jouer, mais avant ils pensent à te détruire, et ils jouent quand ils ont bien déblayé. On en est conscients, c'est à nous à trouver les solutions et à créer la surprise.

"Quand tu es le petit contre le grand, c'est le top"

A.B. : On les voit comme favoris à la montée parqu'ils ont un jeu très structuré. On sent une organisation permanente, orchestrée par Botica actuellement, rien est laissé au hasard dans leur façon d'attaquer, que ce soit à partir de touches ou de mêlées. On voit que c'est une équipe qui est bien huilée, qui travaille bien, et c'est logiquement pour cela qu'ils sont favoris.

Du coup ça vous arrange

J.R. : Ah ouais, moi j'adore. Quand tu es le petit contre le grand, c'est hyper motivant, c'est vraiment le top. Tous les exploits que tu peux faire, ça a une saveur vraiment énorme quand l'autre est favoris. Toi tu arrives et tu te dis "qu'est-ce que tu veux qu'il t'arrive ? Tu en prends 30, bon beh écoute c'était prévu, c'était les meilleurs." Mais bon attention... On arrive en bus hein, on arrive pas en avion, donc on est vraiment les petits, pas de problème.

"On va jouer le rugby le plus positif possible"

A.B. : Moi je ne suis pas trop dans ce discours là. Quand je rentre sur un terrain c'est pour jouer. Vous allez voir, on ferme pas le jeu, on joue le rugby le plus positif possible. Alors comme je leurs dis (aux joueurs), quand on joue des favoris, pas de question à se poser, et quand nous sommes favoris, je leur dis souvent dans le vestiaire que ce ne sont pas ces équipes là qui ont le privilège du coeur ou d'avoir un rugby solide sur les bases. J'ai toujours un discours de challenger quelque soit l'équipe que l'on joue

Ca peut être le dernier match de certains joueurs, de Vincent Etcheto, est-ce que c'est un paramètre qui entre en compte ?

J.R. : Moi je suis un affectif. J'ai fait deux ans avec Vincent, et malgré tout ce que j'entendrai en France et n'importe où, j'ai adoré. Il accroche, il a quelque chose, il faut vraiment le connaitre, voir comment il est sur le terrain, en dehors. Moi j'aimerai bien au fond de moi qu'on aille à Pau avec Vincent. Tant qu'on peut continuer à avoir des matchs ensemble, moi ça me motive. 

"Vincent, c'est un mec qui est fait pour les phases finales"

Ce que j'adore c'est que Vincent il aime attaquer, donc quand tu es en phase finale c'est le top. Ca m'étonnerait qu'il dise à un mec "on va aller faire des percussions pendant 80 minutes." Bon après on est pas outillés hein Antoine (rires). C'est ça, Vincent il aime attaquer et quand tu es le petit contre le gros, tu es obligé de faire un truc malin. Et Vincent il adore cela. C'est un mec qui est fait pour les phases finales.

A.B. : Franchement, c'est des joueurs que j'adore (qui partent), Vincent je partage beaucoup avec lui en dehors du rugby, on s'adore profondément, mais moi quand je suis dans ces matchs là, j'essaie de laisser l'affect de côté parce que c'est tellement court, et on a tellement attendu toute la saison, on a travaillé pour ce match là... En tout cas j'espère que ce n'est pas à travers le rugby qu'ils perçoivent l'amitié que j'ai pour eux.

Oyonnax / Bayonne, match à vivre dès 18h sur France Bleu Pays Basque

Les compositions

Victime d'une déchirure aux ischios face à Nevers, Peyo Muscarditz est forfait, tout comme Emmanuel Saubusse (commotion cérébrale). Retour d'Ugo Boniface. Julien Tisseron est titularisé à la place d'Aymeric Luc qui couvrira le poste de demi-de-mêlée si besoin. Martin Bustos Moyano prend place sur le banc.