Rugby

Rugby - Coupe du monde : à J-10, les cinq questions autour du XV de France

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde et France Bleu mardi 8 septembre 2015 à 17:19

Les Bleus à la manœuvre face à l'Angleterre
Les Bleus à la manœuvre face à l'Angleterre © Reuters

La coupe du monde de rugby débute dans dix jours (vendredi 18 septembre) avec un alléchant Angleterre-Fidji. Le lendemain, l'équipe de France débutera face à l'Italie. Les Bleus qui n'ont pas effacé les interrogations lors trois des matches de préparation.

Les 31 joueurs sélectionnés pour la coupe du monde de rugby (18 septembre - 31octobre) avaient bénéficié de deux jours de repos après la courte victoire samedi soir contre l'Ecosse (19-16). Ils ont retrouvé les terrains du centre national de Marcoussis ce mardi matin. Lors de la phase de préparation, les Bleus n'ont pas levé les doutes concernant leur capacité à jouer les premiers rôles en Angleterre face aux meilleures nations mondiales. Voici les principales questions qui se posent encore.

1 | Frédéric Michalak est-il l'homme de la situation ?

L'ouvreur toulonnais a été désigné comme titulaire en 10 après sa belle prestation contre l'Angleterre au Stade de France. Il avait battu à cette occasion le record de points marqués en équipe de France, détrônant Christophe Lamaison. Mais surtout, il avait parfaitement conduit le jeu du XV de France, comme sur cette remise intérieure qui avait permis à Yoann Huget d'aller marquer l'essai. Sauf que Michalak n'a pas su rééditer sa performance samedi soir contre l'Ecosse, beaucoup trop timoré et envoyant systématiquement les ballons trop rapidement sur les extérieurs. Il n'a par exemple, jamais tenté de transversale au pied ou de ballon par-dessus la défense pour perturber l'ordonnancement écossais. L'incertitude règne aussi autour d'un joueur réputé fragile mentalement et physiquement. En revanche, après un 6/7 contre les Anglais, il a encore signé un 3/4 face aux perches contre l'Ecosse et se positionne comme le buteur le plus fiable du groupe France.

2 | Les Bleus doivent-ils réduire leurs ambitions dans le jeu ?

Contre l'Ecosse samedi soir, le XV de France a battu son record de passes dans une rencontre. Avec 182 transmissions, les Bleus se sont situés dans la fourchette haute des standards internationaux. Pourtant seul Nakaitaci a pu conclure. Le reste du temps, le jeu français est resté beaucoup trop improductif. Lors de la victoire face aux anglais, les hommes de Philippe Saint-André ont joué de manière beaucoup plus directe, s'appuyant notamment sur les percussions de Louis Picamoles. De là à penser qu'un jeu plus restrictif est sans doute plus efficace actuellement... Adieu donc le french flair et place aux gros bras. L'attelage Bastareaud-Fofana au centre montre bien que PSA compte sur ses costauds pour prolonger l'aventure en coupe du monde.

3 | Le XV de France possède-t-il des individualités de niveau mondial ?

Au petit jeu des comparaisons entre les titulaires du XV de France et ceux des autres équipes favorites, peu de Français en sortent à leur avantage. Yoann Huget, sur sa forme actuelle, peut rivaliser sur son aile. Mais même un Mathieu Bastareaud et sa capacité à récupérer des ballons dans les rucks ne font pas forcément le poids face à l'explosivité du néo-zélandais Nonu ou de l'Anglais Jonathan-Joseph, ou encore le talent brut de l'australien Matt Gitau. Devant, Louis Picamoles a démontré qu'il avait retrouvé son meilleur niveau et peut faire le match avec les meilleurs numéros 8 de la planète. Les autres, avant cette coupe du monde, n'ont pas donné toutes les garanties. Même les plus réguliers comme le toulousain Yoann Maestri . Il doit, c'est vrai, affronter la concurrence du sud-africain Etzebeth ou du néo-zélandais Retallick qui, par leur technique, révolutionnent le poste de deuxième ligne.

4  | Faut-il se fier aux matches amicaux ?

Dans les travées du Stade de France samedi soir, plusieurs proches de la Fédération ont remis en cause l'intérêt de ce troisième match de préparation. Si les Bleus ont livré une partition aussi terne, c'est peut-être par peur de la blessure à quelques jours du coup d'envoi du mondial. Ce qui est arrivé aux Gallois Leigh Halfpenny (genou) et Rhys Webb (cheville) ne peut qu'appuyer cette thèse. Les résultats des deux rencontres face aux Anglais doivent également être remis en perspective. A Twickenham, le XV de France a su à peu près tenir le score mais c'était face à une équipe privée de ses principaux titulaires. Au Stade de France, les Bleus ont réalisé une très belle première heure. Mais si les Anglais s'étaient réveillés un peu plus tôt, la victoire leur serait certainement revenue. Les impressions du mois d'août et du début septembre doivent donc être prises avec beaucoup de prudence. 

5 | Les Bleus peuvent-ils enchaîner des performances de haut niveau ?

C'est toute la question. S'ils ne trébuchent pas d'entrée face aux Italiens, les Français vont enchaîner la Roumanie et le Canada. Pas de quoi effrayer un chat. Mais ensuite, les Bleus vont devoir enchaîner. Le dernier match de poule contre l'Irlande sera certainement décisif pour la première place. Le perdant risque fort de devoir se coltiner les Blacks dès les quarts de finale. Il faudra ensuite enquiller trois matches "couperet" pour aller au bout. Depuis la prise de fonction de Philippe Saint-André, les Bleus n'ont jamais su enchaîner. On ne parle pas des gadins réguliers lors du Tournoi. Mais, même lors des tests de novembre, traditionnellement la meilleure période des Bleus, le XV de France n'a jamais démontré sa capacité à aligner les succès. Exemple, l'automne dernier, lorsque les Français avaient terni les jolies victoires obtenues contre l'Australie puis Fidji en trébuchant au Stade de France contre les Argentins. 

Mais attention, en rugby, tout est possible. Il y a quatre ans, les Bleus avaient survécu miraculeusement à une défaite en poule face aux Tonga avant de rejoindre la finale en écrasant d'un point des Gallois réduits à 14 au bout d'un quart d'heure.

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