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Rugby : le Stade Français se réveille et Bordeaux déguste

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris Région dimanche 8 mars 2015 à 8:36 Mis à jour le lundi 9 mars 2015 à 10:30

Morné Steyn, l'ouvreur du Stade Français
Morné Steyn, l'ouvreur du Stade Français © Maxppp

C'est sans nul doute l'exploit et le gros coup de la 19e journée du Top 14. Le Stade Français, qui restait sur deux défaites et privé de plusieurs de ses cadres, est parvenu à s'imposer à Bordeaux 22/23. Une victoire acquise à la dernière seconde de jeu mais qui ne doit rien à la chance. Paris est aujourd'hui encore troisième du Top 14 derrière Toulon et Clermont.

Décidément, le Stade Français est toujours là où on ne l'attend pas . Après deux défaites consécutives contre Oyonnax et à Bayonne, avec les absences de Sergio Parisse, Pascal Papé, Julien Dupuy et Waisea, on lui prédisait le pire à Bordeaux. Et voilà que le club parisien crée la sensation de la 19e journée du Top 14, vainqueur 22/23 d'un match particulièrement bien maîtrisé mais aussi pimenté d'un brin de suspense avec ce drop inscrit à la dernière seconde de jeu.

Stade Français - Jules Plisson et le drop de la gagne

Bref, finalement, on a retrouvé le Paris qu'on aime, celui que l'on avait perdu depuis un petit mois.

"On ne va pas s'enflammer mais c'est vrai qu'elle fait du bien celle-là" - Rabah Slimani

Et le Stade Français en avait bien besoin de cette victoire pour se rassurer, pour ne pas commencer à cogiter et repenser au spectre de la saison dernière. D'où le soulagement à la fin du match des joueurs mais aussi du staff. Rarement, les sourires, les rires même, n'avaient été aussi présents à la sortie des vestiaires cette saison. A l'image du pilier Rabah Slimani, encore énorme dans la conquête , samedi à Bordeaux.

Stade Français - Rabah Slimani

"Quoi de mieux que Morne qui nous fait un gros match" - Gonzalo Quesada

Une victoire acquise, c'est vrai, sur le fil par un drop de Jules Plisson, entré en fin de partie, mais une victoire qui ne doit rien au hasard ou à la chance. Au contraire. Car si on avait pu dire que le Stade Français s'était trompé de stratégie à Bayonne, il n'en a rien été samedi à Bordeaux. Gonzalo Quesada et son staff avait choisi de prendre des risques en titularisant par exemple Morne Steyn , en s'appuyant sur sa science des coups de pied, choix qui se sont avérés gagnants avec une équipe de l'UBB sevrée de ballons, ralentie dans ses sorties de balle et qui a fini par déjouer. 

Stade Français - Gonzalo Quesada sur la prestation de Morne Steyn

Coup de chapeau donc à l'ouvreur sud-africain qui se savait très attendu et qui a enfin répondu présent et a proposé tant offensivement que défensivement une belle prestation. Mais il n'a pas été le seul à livrer une belle partie. Citons Jono Ross pour pallier l'absence de Sergio Parisse, Hugh Pyle toujours aussi actif en deuxième ligne, Jonathan Danty qui fait mal sur les impacts ou encore Raphael Lakafia décidément percutant et pertinent en 7.

"Il faut être honnête, Gonza nous a bien bougés en début de semaine" - Jérémy Sinzelle

D'où la fierté de l'entraîneur argentin satisfait d'avoir vu son équipe réagir après deux défaites. Satisfait d'avoir trouvé les clefs pour relancer son groupe dans la course aux phases finales. 

Stade Français / Gonzalo Quesada sur le match

Quant à l'ailier Jérémy Sinzelle, toujours aussi présent, lui aussi était soulagé après avoir reconnu quelques moments de doutes et une bonne explication de la part de Gonzalo Quesada. "Ca sent bon mais rien n'est encore fait " avertit-il tout de même.

Stade Français / Jérémy Sinzelle

Reste à confirmer encore et toujours le week-end prochain, à Jean-Bouin, pour ne pas perdre le bénéfice de cet énorme exploit et valider cette quatrième victoire à l'extérieur après Castres, Toulon et Grenoble. En attendant, le Stade Français occupe la troisième place du championnat, avec désormais dix points d'avance sur le 7e et premier non qualifié pour les phases finales. Le 7e qui n'est autre que l'UBB et des Parisiens, à la sortie du vestiaire de demander quelle était la fin de saison de leur adversaire du soir. Pas pour s'assurer que les Bordelais ne reviendraient pas dans la course. Non, juste "parce que Bordeaux, c'est quand même une très belle équipe, un beau jeu, un joli club. Ce serait bien que l'UBB et le Stade Français soient tous les deux en phases finales cette année ". Ce serait pas mal effectivement pour le spectacle et la promotion du rugby français.

Stade Français/Grenoble, 20e journée du Top 14, à vivre en direct et en intégralité sur France Bleu 107.1, samedi prochain à partir de 18h30.

 

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