Rugby

Rugby : le Stade Français, l'ombre de lui-même contre Toulon

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris lundi 7 septembre 2015 à 2:18 Mis à jour le lundi 7 septembre 2015 à 11:46

Triste déconvenue pour le Stade Français et Jules Plisson ce dimanche
Triste déconvenue pour le Stade Français et Jules Plisson ce dimanche - stade.fr

C'était l'un des objectifs de la saison du Stade Français : rester invaincu à Jean-Bouin. Mais les Parisiens se sont inclinés dimanche soir face à Toulon, 20 à 13, en match en retard de la 3e journée du Top 14. Dans un stade plongé dans la pénombre, ils n'ont pas su trouver la lumière.

La frustration était grande dimanche soir à la sortie des vestiaires parisiens. Frustration et colère rentrée chez certains joueurs, dépités d'avoir perdu leur invincibilité à domicile dès le deuxième match de la saison à Jean-Bouin. Les joueurs du Stade Français se sont en effet inclinés logiquement 20 à 13 face à Toulon, en match en retard de la 3e journée du Top 14. Les voilà ce lundi matin à la 12e place seulement du classement, à égalité avec les derniers Pau et Agen (4 points). Difficile à encaisser après un titre de champion et avant un déplacement plus que compliqué à Montpellier, samedi prochain. Difficile aussi de comprendre une incongruité supplémentaire du championnat de France de rugby : un match joué dans la pénombre suite à un problème d'éclairage du stade. En football, des rencontres de Ligue 1 sont arrêtées pour moins que cela mais là, l'arbitre a tout de même donné le coup d'envoi de cette affiche télévisée en prime time. 

"On n'a pas montré le vrai visage du Stade Français. En seconde période, on n'a rien produit" - Julien Arias

Alors, bien sûr, pas question de remettre en cause et de contester la victoire de Toulon, sa première de la saison. Déterminés, vexés sans doute par leur mauvais début de saison et les énièmes remontrances de leur président, les Varois ont réussi à faire commettre des fautes inhabituelles aux Parisiens. Après, force est d'admettre qu'on n'a pas non plus totalement reconnu les Parisiens, notamment en seconde période, où ils ont semblé amorphes, incapables de relancer le jeu. Un constat non démenti par l'ailier Julien Arias : "On était prévenu et on n'a pas su répondre présent. La deuxième mi-temps, on est retombé dans des choses pas très positives. C'est très décevant (...) On s'est un peu mis...c'est pas top

La réaction de Julien Arias après la défaite contre Toulon

"Je ne vais pas mettre en cause l'engagement de mon équipe. C'est sûr qu'il y a eu au début des fautes en défense un peu bizarres et dans la gestion du match, on s'est beaucoup trompé" - Gonzalo Quesada

A chaud, l'entraîneur Gonzalo Quesada n'avait pas beaucoup d'explications à apporter sur la défaillance de ses joueurs. Il rejette un manque de détermination et d'engagement en tout cas : "peut-être, il y en a un ou deux qui n'ont pas été forcément au niveau de la détermination qu'il fallait mais du bord du terrain, je ne vais pas mettre en cause la détermination et l'engagement de mon équipe. Je crois qu'il y a beaucoup plus de fautes de jeu techniques et de prises de décision, plus qu'un manque d'engagement (...) et je crois que dans la gestion du match, on s'est aussi beaucoup trompé" expliquait ainsi l'Argentin, à l'issue de la partie.

L'analyse de Gonzalo Quesada après la défaite contre Toulon

"Vous trouvez qu'on a été catastrophique partout? Je ne sais pas. Moi, je n'ai pas vu le match assis dans la tribune" - Laurent Sempéré

De là à tout jeter? Les Parisiens présents en conférence de presse ne sont pas d'accord. C'est le cas du talonneur et vice-capitaine Laurent Sempéré, passablement énervé par un journaliste qui lui faisait remarquer d'entrée le très mauvais match du Stade Français. Laurent Sempéré sans doute frustré par ce premier faux-pas à domicile. Frustration d'autant plus grande que Paris, c'est vrai, s'est ressaisi en mêlée après avoir pris la marée il y a une semaine à Brive, en dépit des absences de Hugh Pyle (mollet), d'Aled de Malmanche (adducteurs) ou encore de Gerhard Mostert, sur le banc après une angine. Les Parisiens ont également montré quelques très beaux mouvements collectifs comme ils en ont le secret mais malheureusement avortés à 5 mètres de l'en-but, par une très bonne défense toulonnaise. "Ce qui est le plus rageant, c'est qu'il y avait la place pour gagner" confie le talonneur, avant d'ajouter "Inquiet? Si votre question est de savoir si on est frustré et si cette défaite nous fait très mal, la réponse est clairement oui".

La réaction de Laurent Sempéré, très déçu, après la défaite

"Je crois que ce match aurait dû avoir lieu avec tout l'éclairage, cela aurait été plus sympa. Déjà qu'il manquait 30 joueurs. Si en plus, on ne voit rien" - Gonzalo Quesada

Reste un fait de match, tout sauf anodin : une rencontre disputée dans la quasi-obscurité avec une moitié de stade dans le noir, à la suite d'un éclairage défectueux. Difficile de comprendre comment on peut laisser un match se dérouler dans de telles conditions avec des buteurs incapables de viser les perches de loin, des ouvreurs gênés dans l'organisation du jeu. "Ce n'est pas une excuse mais c'est vrai que Jules a été très perturbé par le manque de lumière. Il n'arrêtait pas de demander quand l'éclairage allait revenir" précisait ainsi Gonzalo Quesada à l'issue de la partie. Et c'est vrai que le jeune ouvreur parisien n'a jamais semblé dans son assiette, auteur de son plus mauvais match depuis bien longtemps mais comment le blâmer? Qui n'est jamais passé au travers d'une rencontre? Qui ne s'est pas déjà laissé happer par des éléments extérieurs au point d'en perdre son latin? Un joueur marqué qui s'est même excusé ce dimanche soir sur les réseaux sociaux, parlant de honte, avant de recevoir le soutien de Julien Dupuy : "on est tous ensemble, on va s'accrocher". 

Gonzalo Quesada et le manque de lumière qui a tant perturbé Jules Plisson

Mais bon, le rugby français n'est plus à une ineptie près, déjà que rien ne le choquait à disputer une rencontre de Top 14 entre le champion de France et le champion d'Europe avec quelque 28 joueurs absents. Alors jouer dans le noir...ma foi, il y a plus grave! Reste au Stade Français à faire fi de tous ces aléas et autres pépins physiques pour tenter d'entrevoir enfin une éclaircie. 

 Rester soudés, c'est le mot d'ordre en ce début de semaine au sein du club. Faire le dos rond aussi en attendant des jours meilleurs car le plus dur est peut-être encore à venir pour le Stade Français avec un déplacement samedi prochain, à Montpellier, vainqueur à Bordeaux.  Pendant ce temps-là, les amateurs de ballon ovale continueront de rêver d'un rugby qui ne marche plus sur la tête.