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Rugby

Rugby - Ludovic Loustau (UBB) : "En Nouvelle-Zélande, ils ont tout compris"

lundi 1 janvier 2018 à 18:07 Par Thomas Coignac, France Bleu Gironde

Le préparateur physique de l'Union Bordeaux-Bègles est en Nouvelle-Zélande depuis novembre, en immersion dans les franchises du Super Rugby, en commençant par les Canterbury Crusaders, le champion en titre su Super Rugby. Et dresse des comparaisons peu flatteuses pour le rugby français.

Le préparateur physique de l'UBB est impressionné par son expérience aux antipodes.
Le préparateur physique de l'UBB est impressionné par son expérience aux antipodes. © Radio France - Justine Hamon

Bordeaux, France

France Bleu Gironde : Cette expérience aux Crusaders, cela correspond à ce à quoi vous vous attendiez ?

Ludovic Loustau : Je m’attendais à découvrir autre chose. Et je découvre quelque chose d’étonnant, où tout est tourné vers le rugby, et où le rugby est premier. On revient aux valeurs essentielles, la technique, la technique individuelle… Ils sont très tournés là-dessus. Et ça c’est impressionnant. 

Comment ça se manifeste, ils touchent tout le temps le ballon à l’entraînement ?

Oui, le ballon est très présent. Par exemple, ils répètent beaucoup des micro-phases de jeu, avant de les faire ensuite avec de la vitesse. Nous, en Europe, on a mis le physique en avant. On a essayé de faire croire que quelqu’un de bien préparé physiquement arriverait à bien jouer au rugby. Moi je n’en n’étais pas persuadé, et j’en ai la confirmation ici en Nouvelle-Zélande. 

Ce que je voulais voir, c’était le mélange entre le rugby et la préparation physique. Et c’est le rugby qui prime. Ils sont partis du principe que quelqu’un de bien préparé physiquement, s’il n’est pas capable de jouer une action intelligemment, de faire une bonne passe à un moment précis, ben, ça ne sert à rien. Voilà, ils ont tout compris. 

Les Crusaders célèbrent leur titre dans le dernier Super Rugby. - Maxppp
Les Crusaders célèbrent leur titre dans le dernier Super Rugby. © Maxppp - Maxppp

C’est possible de transposer ces méthodes de travail en France ?

On ne peut pas tout transposer. Ici, la mentalité des joueurs est impressionnante. On n’a pas besoin de les cadrer de les suivre, ils sont autonomes. Quand ils font une séance physique, ils la font à fond. En France, on est toujours en train de leur dire quoi faire, de leur donner des temps de référence, pour être sûrs qu’ils le font à fond. 

En musculation c’est pareil, ils sont autonomes. En France, il faut que l’on soit un préparateur pour 4-5 mecs, qu’on les suive, qu’on note les poids de chaque mec, sinon ils ne travaillent pas au poids où ils devraient travailler. Et cette mentalité n’est pas transposable.

Chez nous, ça donne parfois des bouillies d'entraînement et de match

Parce que le rugby, c’est sacré chez eux ?

Oui c’est ça… Ils baignent dedans depuis qu’ils sont petits. Sur les échauffements, ils travaillent la technique de passe, et c’est hallucinant, ils ont tous la même ! On voit qu’ils ont appris ça depuis jeune. 

Et tout ce qui est autour du rugby, la préparation physique, la préparation mentale, ce sont des outils au service du rugby. Nous, on a tendance à faire le contraire, parce que quand on voit jouer les All Blacks on se dit… « Ils mettent beaucoup de vitesse, ils vont très vite ». Mais en fait, c’est tout un petit travail qui est fait à petite vitesse, avec beaucoup de précision… Et ensuite, ils mettent de la vitesse. Et nous, en Europe, quand on observe ça, on se dit : « il faut qu’on aille vite, que l’on mette des changements de rythme ». Sauf que comme on plaque ça sur une base technique qui n’est pas très bien définie, ça donne parfois des bouillies d’entraînement et des bouillies de match.

Tout ce que vous nous décrivez, cela ne rend pas confiant sur la capacité du rugby français à rattraper son retard.

Je ne suis pas inquiet, parce que l’on est en train de corriger ça. Et ça fait du bien d’aller voir ce que font les Blacks aussi. Après il faudra l’adapter. Ici, ils travaillent dans une atmosphère qui n’est pas du tout pesante. En France, il y a toujours une pression, pour la relégation, la 6e place. Ici, c’est une ligue fermée, sans montée, ni descente. Donc ils sont plus cools, plus sereins. 

Ludovic Loustau (à gauche) avait déjà vu Raphaël Ibanez (au centre) être pressenti à la tête de l'équipe de France, avant le feuilleton Jacques Brunel - Radio France
Ludovic Loustau (à gauche) avait déjà vu Raphaël Ibanez (au centre) être pressenti à la tête de l'équipe de France, avant le feuilleton Jacques Brunel © Radio France - Justine Hamon

Vous allez retrouver une UBB changée en revenant en France, cela a beaucoup changé ces derniers jours. 

C’est un peu compliqué, je me demande ce qu’il va se passer, où on va aller, comment ça va se finir. C’est un peu hallucinant de voir tout ça en fin de saison, des départs comme ça… Toute la sérénité qu’il y a ici, c’est à comparer toute l’instabilité qu’il y a en Europe. 

On avait déjà eu nous une mauvaise expérience avec Raphael Ibanez qui était pressenti pour rejoindre l’équipe de France, ce qui avait déstabilisé l’équipe pendant pas mal de temps. Au moins là, ça a été très rapide, on sait où on en est. Le président connaît aussi bien le sujet pour bien gérer tout cela.  J’ai suivi l’affaire, je suis en contact avec tout le monde… J’ai les préparateurs physiques quasiment tous les jours… Maintenant on est dans l’expectative de voir ce qu’il va se passer la semaine prochaine. Mais on n’a pas plus d’infos que les journalistes.