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Rugby - UBB | Laurent Marti hausse le ton avant Toulon

Par Arnaud Carré, France Bleu Gironde lundi 16 février 2015 à 15:02

Laurent Marti attend une réaction de ses joueurs samedi face au champion d'Europe.

Le président de l'Union a profité des vacances pour aménager son emploi du temps et assister exceptionnellement à l'entraînement du lundi à cinq jours d'un match capital face au champion d'Europe. Le patron n'a toujours pas digéré ce qui s'est passé à Montpellier et appelle ses troupes à plus d'exigence. Entretien.

France Bleu Gironde : Après Julien Rey, c’est au tour de Félix Le Bourhis de passer mardi sur la table d’opération. La série noire continue ?

Laurent Marti : C’est problématique surtout que ça s’ajoute à celle de Darly Domvo qui est notre arrière titulaire et à celle de Romain Lonca. Quatre blessés derrière, ça fait beaucoup avec la possibilité de voir Sofiane Guitoune partir en équipe de France. Mais c’est un peu le lot de toutes les équipes. On est surpris parce qu’on a souvent été épargné par les blessures et que là tout à coup un peu au même poste, on a une accumulation. Heureusement qu’on a passé quelques nuits blanches au mois de décembre pour chercher des joueurs comme Ulrich Beyers, Spence avant lui ou encore Peter Saili devant, parce que sinon on serait dans une situation très compliquée. Heureusement qu’on avait anticipé.

"Je ne peux pas douter une seconde de la motivation des joueurs. Donc à partir de là, il faut se remettre en question, arrêter de croire qu’on est les plus beaux, les plus forts et qu’on joue le meilleur rugby parce que ce n’est pas vrai. On est surtout sur de l’exploit individuel et ça devient du mauvais rugby."

L’UBB reste sur un match manqué à Montpellier. Faut-il oublier ou s’en servir ?

Faut l’analyser déjà et mettre beaucoup plus de sérieux dans tout ce qu’on fait. C’est là que le bât blesse. Je ne peux pas douter une seconde de la motivation des joueurs. Donc à partir de là, il faut se remettre en question, arrêter de croire qu’on est les plus beaux, les plus forts et qu’on joue le meilleur rugby du monde parce que ce n’est pas vrai. On est surtout sur de l’exploit individuel et quand on est face à des joueurs de qualité comme au MHR, ça devient du mauvais rugby et une défaite lourde puisqu’à 14 contre 15 on ne prend même pas le bonus.

"Si on perdait, on sait que les espoirs de qualifications s’envoleraient certainement. Il va y avoir une grosse pression sur nous mais c’est une pression saine."

L’UBB doit élever son degré d’exigence ?

Complètement et ça commence par les entraînements sur lesquels on doit être encore plus exigeants. Ce n’est pas un hasard en fin de championnat si on retrouve les gros, si une équipe comme Grenoble, qui était 4e à cette époque de l’année, a failli descendre et ce n’est pas un hasard si on a fini 8e après avoir longtemps espéré terminer dans les 6. Après le Tournoi, les équipes récupèrent leurs gros joueurs et ce sont des gros joueurs parce qu’ils sont extrêmement ambitieux et volontaires. C’est ce que nous devons nous aussi apprendre à être.

Toulon était venu au printemps briser vos espoirs de qualification. Les circonstances sont-elles différentes cette année ?

J’ai tendance à dire que ce sont paradoxalement les matches les plus faciles à jouer. Vous savez que vous jouez contre plus fort que vous, que vous avez la ferveur du public et que vous n’avez pas grand-chose à perdre c’est-à-dire qu’une défaite peut toujours être honorable face à de telles armadas. Mais en même temps, si on perdait on sait que les espoirs de qualifications s’envoleraient certainement. Il va y avoir une grosse pression sur nous mais c’est une pression saine, des matches où vous n’avez pas à calculer donc ça les rend paradoxalement plus faciles.

"En cas de double défaite, c'est la relégation qui nous tendrait les bras."

Déjà battus par Toulouse, Julien Ledevedec et l'UBB n'ont pas droit à une deuxième défaite à domicile. - Radio France
Déjà battus par Toulouse, Julien Ledevedec et l'UBB n'ont pas droit à une deuxième défaite à domicile. © Radio France

Vos joueurs ont besoin d’avoir peur ?

Oui je crois surtout qu’apparemment ils se sont vus trop vite trop beaux. Je pense qu’ils vont avoir peur. Et s’ils ne sont pas prêts contre ce genre d’équipes, on ne sait pas où ça peut s’arrêter au niveau du score.

Dans trois semaines, après les réceptions de Toulon et du Stade Français, l’UBB saura si elle est encore dans le coup ?

On saura simplement si elle n’y est plus mais on ne pourra pas savoir si elle y sera car ça va se jouer encore à la dernière journée. Mais en effet, en cas de double défaite c’est la relégation qui nous tendrait les bras. Il faut être très vigilant, ça va vite dans ce championnat.

"Je suis dubitatif. Je n'aime pas ce que j'ai vu ces dernières semaines. Il va falloir mettre un grand coup de collier."

Il y aura encore plus de 30.000 personnes samedi à Chaban-Delmas ?

Oui et c’est pour cela que c’est frustrant de ne pas obtenir de meilleurs résultats parce que club a tellement grandi ces dernières années, tout le monde fait tellement d’efforts pour l’amener à ce niveau-là. Aujourd’hui le club est solide, il ne l’a pas toujours été. On est en train d’avoir les infrastructures d’un grand club progressivement avec l’aide d’Alain Juppé donc il ne faut pas gâcher tout ce beau travail.

On en revient à ce besoin d’exigence ?

Il n’y a pas d’autre solution. Moi je ne supporte pas les gens qui ne veulent pas tout donner et s’impliquer à fond dans ce club. Ce n’est pas notre marque de fabrique, notre nature et on n’a pas fait tous ces efforts pour faire les malins. On est là pour travailler très dur et être très ambitieux.

Vous êtes optimiste pour la fin de saison ?

Je suis un peu dubitatif parce que je n’aime pas ce qui s’est passé ces dernières semaines. Il va falloir mettre un grand coup de collier.

Le président Laurent Marti aux côtés d'Olivier Brouzet. - Maxppp
Le président Laurent Marti aux côtés d'Olivier Brouzet. © Maxppp