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Rugby

Rugby : un week-end en mode "derby" pour la 6e journée de Top 14 et Pro D2

vendredi 28 septembre 2018 à 14:27 - Mis à jour le vendredi 28 septembre 2018 à 16:48 Par Germain Arrigoni, Julien Balidas, Fanny Lechevestrier, Gérald Paris, Thibault Vincent, Cyrille Manière, Nicolas Blanzat, Amaia Cazenave et Antonin Kermen, France Bleu Paris, France Bleu Hérault, France Bleu Isère, France Bleu La Rochelle, France Bleu Occitanie, France Bleu Pays Basque, France Bleu Roussillon et France Bleu

La Ligue Nationale de Rugby (LNR) a mis à l'honneur les derbys lors de la 6e journée du Top 14 et Pro D2 disputée ce week-end.

Le derby entre Toulouse et Castres lors de la saison 2016-2017 de Top 14
Le derby entre Toulouse et Castres lors de la saison 2016-2017 de Top 14 © Maxppp -

Bayonne, France

Il y a les "vrais"et les "faux" derbys. Reste que la LNR a voulu faire de cette 6e journée de Top 14 et Pro D2 un week-end "derby", à suivre sur l'antenne de France Bleu. Certains diront que les rivalités authentiques sont "traditionnelles" et pas seulement "géographiques".

Francebleu.fr fait le point sur les derbys avec les journalistes de France Bleu qui couvrent l'actualité de leur équipe tout au long de la saison depuis plusieurs années.

Les matches de la 6e journée en Top 14

Les matches de la 6e journée en Pro D2

Biarritz - Bayonne, le derby basque

Le derby basque a lancé les hostilités jeudi soir en ouverture de la 6e journée de Pro D2 avec la victoire du BO face à l’Aviron Bayonnais (22-6) pour le 110e derby "officiel". Qui dit mieux ?  Et cette rencontre est l’archétype du derby.  De par la distance entre les deux villes voisines et les deux stades. Seulement 4.769 kilomètres les séparent. Vous ne trouverez pas plus proche dans le rugby professionnel. 

De par l’histoire de ces matchs entre les deux voisins. Le tout premier derby de l'histoire a lieu le 5 janvier 1908 au Parc des sports d'Aguiléra entre le Biarritz Stade (qui fusionnera plus tard pour devenir le Biarritz olympique) et l'Aviron Bayonnais. Biarritz s'impose sur tapis vert. 

De par la rivalité entre les deux clubs : les deux villes revendiquent le leadership au Pays Basque. Même si sportivement  l’Aviron n’a plus gagné de titre depuis 1980 (Challenge Yves du manoir) et son dernier Brennus en 1943 quand le BO  brillait dans les années 2000 (3 Brennus) et dérochait son dernier trophée en 2012 (Challenge européen).  

De par l’imaginaire populaire qui voudrait que ce derby oppose les bourgeois biarrots aux prolétaires bayonnais. 

De par les couleurs des deux maillots, rivalité entre les Bleus et les Rouges. 

Le derby basque en 2012 - Maxppp
Le derby basque en 2012 © Maxppp -

De par la passion populaire qui remplit les deux stades à chaque opposition, qui déclenche des passes d’armes homérique entre  supporters des deux camps, rois du chambrage. Jeudi soir, les supporters bayonnais étaient appelés par l’un de leur groupes à venir avec le journal Sud Ouest pour en faire un tifo : clin d’œil aux démêlés du président biarrot avec la presse. Il y a quelques années des bayonnais avaient subtilisé la lettre Y de "Pays" sur le fronton du stade Aguiléra pour transformer  le nom du club résident en "Biarritz Olympique Pas Basque". La lettre géante n’a jamais été retrouvée. Dans les années  2000 toujours, un charcutier bayonnais avait envoyé un jambon de Bayonne à Philippe Bernat Salles pour chambrer l’ailier  international auteur d’une monumentale cagade qui a offert la victoire aux Bayonnais) et parfois entre entraîneurs et  joueurs des deux équipes. 

De par les scénarios souvent à part des derbys. Des rencontres qui basculent à la dernière secondes comme Lucien Harinordoquy,  père d’Imanol, qui entre sur le terrain lors d’un accrochage entre son international de fils et Jean-Jo Marmouyet,  bayonnais pur jus, en novembre 2011. Un autre match qui avait dû être reporté quelques semaines plus tôt en raison de l’épidémie d’oreillons qui avait affecté le BO.

Au Pays Basque le derby ne dure pas le temps d’un match mais s’étend longtemps avant et après. Le vainqueur s’érige en  champion du monde, les supporters du perdant sont voués à raser les murs et subir les railleries adverses au travail et au café, car évidemment, supporters des deux camps se côtoient au quotidien... quand ils ne sont pas amis proches ou même membres d’une même famille !

Enfin de par l’impact des derbys qui ont souvent propulsé le vainqueur tandis que le perdant traîne la défaite comme un  boulet pendant quelques semaines. Pour tout cela, le derby basque est vraiment à part !

Paris - Racing 92, le derby francilien

C'est le derby francilien. Il y a rarement eu des matches à enjeu depuis le retour du Racing en élite : à chaque fois,  l'une des équipes était mal en point au classement. Cette année, il y a un vrai enjeu sportif même si le match aller arrive tôt dans la saison. Pour les bébés du club, comme Henri Chavancy au Racing, ou Djibril Camara, au Stade Français  par exemple, le mot derby signifie encore quelque chose car ils l'ont vécu lors des compétitions jeunes.  

Le joueur le plus conspué lors des derbys à Jean-Bouin : le talonneur du Racing 92 Dimitri Szarzewski, les supporters  parisiens ne lui ont jamais pardonné son départ du Stade Français pour le Racing.  

La personne clef de ce derby, c'est bien sûr Max Guazzini. C'est lui qui a remis ce derby au goût du jour pour faire la  promotion du rugby en région parisienne et aimait afficher son hostilité au Racing 92. Les deux clubs ont tenté de le  relancer en 2011 avec Jacky Lorenzetti et Thomas Savare en signant un contrat pour que les matchs aient lieu au Stade de France mais le public n'a pas suivi, contrat qui avait valu une belle passe d'armes entre Lorenzetti et Richard Pool-Jones : les Parisiens offrant un calendrier des Dieux du Stade au président, "pour sa femme", ce qui n'avait pas du tout été du  goût de Lorenzetti. 

Le derby francilien en décembre 2017 - Maxppp
Le derby francilien en décembre 2017 © Maxppp -

L'un des derbys les plus beaux reste la victoire du Stade Français à Colombes en 2015, l'année du titre des Parisiens : ce  jour-là, le capitaine Sergio Parisse est sévèrement exclu dès le début de la partie. Réduits à 14, les Parisiens  parviennent à l'emporter 28-19 avec une défense héroïque. Défaite qu'avait eu beaucoup de mal à digérer le président Jacky  Lorenzetti.  

Sans oublier le match de l'an dernier à Jean-Bouin, il arrivait juste après l'épisode de la fusion avortée. La tension était très palpable. Sur le terrain, le Stade Français l'avait emporté de peu, et les bagarres ont  émaillé toute la partie avec notamment le carton rouge de Pascal Papé, qui finira sa carrière là-dessus.

Toulouse - Castres, le derby du sud-ouest

Toulouse-Castres, c'est (encore) un "vrai" derby ce samedi.  Le petit qui depuis plusieurs années fait de l’ombre à l’ogre toulousain et ses 19 Brennus.  Toulouse a remporté ses derniers championnats en 2011 et 2012 (dernière équipe à faire un doublé). Depuis, plus rien. Au contraire du CO : Brennus en 2013 et 2018. La saison dernière Castres a battu Toulouse trois fois (match aller et retour Top 14, et les Castrais sont revenus gagner à Ernest Wallon lors du barrage !). Grosse revanche dans l’air.   

Côté histoire, c'est bien un derby mais pas une rivalité énorme. Deux mondes complètement différents entre un club quatre fois champion  d’Europe, la grande ville et de l’autre côté une sous-préfecture du Tarn de 40.000 habitants.

Bordeaux-Bègles - La Rochelle, le derby de l’Atlantique 

C'est soi-disant le derby de l'Atlantique. La première venue du leader rochelais au Matmut Atlantique de l'UBB la saison passée a fait que l'on parle de "derby Atlantique".

Mais le Stade Rochelais n'est jamais très chaud pour parler de ce match comme un derby. Plus un truc de journalistes selon les Maritimes qui se souviennent surtout de Bordeaux pour leur montée en Top 14 à Chaban-Delmas mais face à...  Agen !

De son côté, l'UBB préfère le derby de la Garonne face au Stade Toulousain. pourtant, d'anciens joueurs de La Rochelle sont à l'UBB comme Brock James ou Afa Amosa... et inversement on trouve à La Rochelle le talonneur Hikairo Forbes qui vient de l'UBB.

Le "demi derby" entre l'UBB et La Rochelle en novembre 2016  - Maxppp
Le "demi derby" entre l'UBB et La Rochelle en novembre 2016 © Maxppp -

Lyon-Grenoble, le faux derby 

Après une première en Top 14 à l'arrachée 31-32 la semaine dernière contre Perpignan, le FCG se déplace chez les voisins du LOU. C'est un match entre voisins mais est-ce vraiment un derby ? 

Demandez à n'importe quel anciens du rugby grenoblois, il n'y a pour le FCG qu'un seul vrai derby, c'est celui contre le CSBJ de Bourgoin-Jallieu. Mais les voisins isérois sont tombés en Fédérale 1 et Grenoble ne les a plus croisés depuis 2012.

Lyon est situé à une centaine de kilomètres. On peut dire que c'est un derby géographique donc.  Mais il n'y a pas forcément des antécédents bouillants entre les deux clubs, ce qui donne l'âme d'un derby, il n'y a pas (encore) cette animosité, que le FCG a par exemple entretenue dans les années 90 avec Toulon. 

Il n'y a pas non plus de différence majeure entre les deux villes. Ce n'est pas la métropole contre la campagne,  pas vraiment de rivalité non plus entre les supporters. 

Les rugbymen grenoblois du GCG - Maxppp
Les rugbymen grenoblois du GCG © Maxppp -

Perpignan - Montpellier, le derby géographique

USAP-MHR est un derby en terme géographique mais ce n'est pas un "vrai" derby qui a une saveur particulière comme un Perpignan-Béziers. La raison : il n'y a  pas le même engouement populaire à Montpellier. Par conséquent, pour les supporters ce n'est pas la "guerre".

Autre raison : le MHR n'a pas cent ans de haut niveau donc pas d'antécédents notables lors des rencontres Perpignan-Montpellier.

Le seul antécédent entre les deux clubs pourrait être le départ inattendu de Nicolas Mas, emblématique usapiste, pour le MHR en 2013.

Loin des gros chambrages pouvant régner avant tout derby sudiste, le seul point de querelle sur les réseaux sociaux les derniers jours concerne le choix de l'arbitre. Les quelques supporters montpellierains qui ont souligné les origines catalanes de Tual Trainini ont vite eu des répliques moqueuses. Les supporters usapistes se mettent volontiers dans la peau du petit face à l'ogre.

Brive - Aurillac, le derby à cheval entre la Corrèze et le Cantal

C'est un autre derby de Pro D2. Un derby au goût différent de d'habitude qui se joue ce vendredi soir au Stadium de Brive. Car, avec la relégation, ce n'est plus Clermont qui se présente mais le voisin d'Aurillac. 

Les derniers derbys entre les deux équipes remontent à la saison 2012-2013. Aurillac avait gagné à domicile, Brive aussi. Avant que Brive, sur son terrain, gagne encore en demi-finale finale du championnat pour aller remporter la finale (gagnée contre Pau) pour remonter en Top 14. 

Le CAB tentera, à l'occasion de ce derby, d'enchaîner un cinquième match consécutif sans défaite (trois victoires et un match nul depuis la défaite à Bayonne lors de la 1re journée) pour poursuivre sa remontée au classement et se hisser sur le podium, face à des Aurillacois en bas de tableau et qui restent sur deux revers.

"On a le rôle du favori alors que, contre Clermont, on avait celui d'outsider", a déclaré Didier Casadéï, l'entraîneur des avants du CAB. Et de préciser : "Aurillac a deux objectifs dans l'année : finir le mieux placé au classement, et puis gagner à Brive".

Le dernier derby entre Brive et Aurillac remonte à la saison 2012-2013  - Maxppp
Le dernier derby entre Brive et Aurillac remonte à la saison 2012-2013 © Maxppp -

Au programme également ce week-end : Clermont-Toulon. Ce n'est évidemment pas un derby mais une affiche entre deux ogres qui promet tout autant - voire plus - qu'un derby.