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Rugby

Club rugby - Serge Blanco : "Il faut que Jacques Brunel ait l'aide de tout le monde pour pouvoir réussir"

lundi 8 janvier 2018 à 20:55 Par Valérie Menut, France Bleu Pays Basque

Serge Blanco, ex-vice-président de la Fédération française de rugby, aujourd'hui membre du comité directeur de la FFR, dans l'opposition Laporte, est revenu ce lundi soir avec nous sur l'actualité de l'équipe de France, et celle du Biarritz Olympique.

Serge Blanco, invité de ce 1er Club Rugby de 2018
Serge Blanco, invité de ce 1er Club Rugby de 2018 © Maxppp - Olivier Corsan

Pays Basque, Pyrénées-Atlantiques, France

Serge Blanco était ce lundi l'invité du "Club rugby" de France Bleu Pays Basque.

France Bleu Pays Basque : L'éviction de Guy Novès. Elle était indispensable après ce bilan catastrophique de 6 défaites et 1 nul, ou fallait-il persister dans ce projet et maintenir le sélectionneur dans ses fonctions ?

Serge Blanco  : Je ne me permettrais pas de parler sur le fond, parce qu'en tant que président de club ça m'est arrivé d'évincer quelques entraîneurs. En revanche, sur la forme, c'est là où le bât blesse. Il aurait fallu amener quelque chose de différent en terme de communication.  Et surtout que Guy Novès n'apprenne pas son limogeage par les médias (en fait c'est Jean-Baptiste Ellissalde qui a prévenu Guy Novès par téléphone dans la matinée du 27 décembre, avant l'annonce de la décision de Bernard Laporte, NDRL).

On est dans un système qui a changé : on est dans un système financier où il faut absolument des résultats, et s'ils ne sont pas là il faut que quelqu'un trinque et c'est l'entraîneur parce que c'est lui qui porte toujours la bonne parole. J'arrive à comprendre ce système là , mais  je n'arrive pas à comprendre c'est cette communication et ça me dérange énormément. 

Jacques Brunel a reçu ce lundi les entraîneurs du Top 14. Echange qui s'est révélé "fructueux" a-t-il déclaré. Ce pool de 5-6 entraîneurs pour épauler à la pige, en tant qu'experts, le sélectionneur du XV tricolore, vous en pensez quoi ?

C'est très difficile, parce que les employeurs de ces entraîneurs sont les clubs, et c'est difficile pour eux de s'en passer ! Par contre ce qui est intéressant c'est que ces entraîneurs ont été réunis aujourd'hui. Alors que leur a-t-on réellement proposé en terme d'aides pour développer les forces de cette nouvelle équipe de France? Je ne sais pas mais cela peut être sympathique. Il faut garder un pool d'entraîneurs et après s'appuyer sur d'autres personnes compétentes en liens directs avec les internationaux. C'est ce qu'il faut développer.

Il faut qu'il y ait un grand patron : Jacques Brunel a fait ses preuves, il est très fort, à lui à le prouver. Il sait qu'il entre dans une arène, et qu'il va falloir qu'il ait l'aide de tout le monde pour pouvoir réussir. A commencer par l'aide des joueurs. Un seul joueur a pris la défense de Guy Novès. Lui a vu la réalité en face : les joueurs se doivent de se donner à 200 %. Quand on a envie de porter le maillot frappé du coq, on est prêt à se battre sur le terrain, et c'est vrai que de temps en temps, on n'avait pas cette impression-là de la part des joueurs.

Le projet Laporte-Brunel porte sur le staff tricolore, le relationnel avec les entraîneurs. Mais les joueurs justement, ils sont toujours autant sollicités entre le championnat, les coupes d'Europe; et pour s'entraîner avec l'équipe de France, ils n'ont pas plus de temps ! Ils payent ce calendrier dément.  Ce week-end, le KO du jeune Clermontois Samuel Ezeala, 18 ans, a choqué tout le monde (il jouait son 1er match en Top 14).

C'est vrai qu'il faut trouver des dates pour qu'ils puissent s'entraîner. Mais c'est plus profond que cela : il faut former les jeunes dans les clubs, mettre en place un système pour qu'ils évoluent tranquillement. Et puis notre jeu évolue, avec une rapidité excessive qui laisse entrevoir des chocs faramineux qui risquent de peser très fort sur la santé des joueurs. Mais ce n'est pas que le rugby français qui est mis en cause. Il faut une réflexion mondiale à ce stade-là.  Et nous, il faut se mettre d'accord pour faire un championnat avec un bon nombre d'équipes pour que le calendrier soit cohérent. Il faut un temps de préparation, et laisser un temps de récupération. Et peut-être aussi faut-il ne pas voir notre sport comme justifiant un professionnalisme, mais permettre d'avoir des entraînements qui soient moins intenses, faire moins de musculation, de vitesse etc. Il faut peut-être lever le pied. Et si la saison ne pouvait faire que 8 mois, ce serait formidable. Mais les intérêts des uns et des autres ne sont pas toujours les mêmes. Il faut que tout ce business pense aux joueurs avant tout. Et si on y arrive, on est capable de sortir de cette ornière.

Hamdaoui, Arrate, Placines ne seront plus Biarrots la saison prochaine. Ils ont signé pour le Top 14. "On ne peut pas rivaliser" nous a concédé le président du Biarritz Olympique, Nicolas Brusque. Est-ce que le fossé financier et sportif entre le Top 14 et la Pro D2 se creuse ? 

Cela a toujours existé. Il faut que la Ligue puisse donner les moyens aux clubs qui montent d'être plus compétitifs. Le tout est de ne pas être obnubilé par le fait de savoir si on peut garder ses joueurs ou pas. Alors ce n'est pas le cas du BO, mais il faut accepter la règle. Le seul inconvénient que je vois à la situation actuelle, c'est que ces signatures interviennent en milieu de saison, et non à la fin.  J'aurais préféré que l'on ne pille pas un club un an avant. Mais on ne maîtrise pas cela depuis des années.