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Serge Blanco : "Le BO est en renouveau mais ces remous autour du club m'attristent"

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Pays Basque

L'ancien international qui n'a connu qu'un club avant d'entamer une carrière de dirigeant en son sein, de devenir le premier président de la Ligue Nationale de Rugby, puis vice-président de la Fédération Française de Rugby était l’invité de France Bleu Pays basque.

Serge Blanco est engagé sur la liste de Florian Grill pour les prochaines élections à la FFR
Serge Blanco est engagé sur la liste de Florian Grill pour les prochaines élections à la FFR © Radio France - Stéphane Garcia

Sa jeunesse, le Biarritz Olympique, le XV de France et la Coupe du monde, l’évolution du rugby et les élections à la Fédération Française de Rugby. Serge Blanco, qui vient de sortir son autobiographie, "Mes rebonds favorables” (aux éditions Marabout), invité exceptionnel de 100% Club ce lundi, répond à toutes ces questions.

Réécouter en intégralité l'interview de Serge Blanco, 100% Club - France Bleu Pays basque 

France Bleu Pays basque : Comment vous voyez l'évolution du Biarritz Olympique, en Pro D2 ? 

Serge Blanco : Le BO est en train de trouver une forme de résultats. La victoire à Valence notamment, me fait plaisir, mais elle me fait aussi râler, parce qu’on a des moyens exceptionnels, parce qu’on est capable de faire. Je suis peut-être un peu trop dur avec ce que j’aime, les gens que j’aime. Mais je crois très sincèrement, qu’il y a un renouveau au club, il y a un regain au club, il faut aider et moi j’aiderai. Je suis toujours actionnaire, même si mes actions diminues (rires), je suis partenaire du club, j’ai ma loge, je vais voir tous les matches… On a besoin de tout partager, y compris entre les médias et les dirigeants.

Aujourd’hui, on a de bons dirigeants à Biarritz

Tous ces remous en coulisses, ces polémiques, ça vous attriste ?

Bien sûr. Je crois que tout le monde a à y gagner. Moi j’aime le BO. Il y a des gens qui sont là et qui ont fait en sorte que le Biarritz Olympique renaisse de ses cendres. On a vécu pendant deux ans une histoire difficile, où l’on s’est fait rouler dans la farine, où l’on s’est trompé de dirigeants. Aujourd’hui, on a de bons dirigeants, un bon propriétaire qui est prêt à faire le maximum pour ce club. Ce soutien il est là depuis le départ. J’ai assez œuvré pour que ces dirigeants viennent au BO, je le revendique et il n’y a aucune raison aujourd’hui que je change d’avis. Malgré les soucis de communication, des échanges entre un club, son président et la presse.

Le derby. Dans votre autobiographie vous écrivez qu'il "servait d'exutoire. Son absence provoque une cassure, met de la distance entre deux communautés qui s'observent de loin". Ca manque un derby dans une saison ?

Évidemment, mais ça ne veut pas dire que je souhaite que l’Aviron redescende (rires) au contraire, j’aimerais que le BO retrouve le Top 14. Le rugby c’est la fête, c’est le fait de démontrer qu’il y a une région qui est passionnée, qui se divise mais qui garde cette complicité parce qu’en fin de compte, la plupart des supporteurs se connaissent, ils partagent beaucoup de choses. Il n’y a pas de haine, pas d’attaque sévère. Il y a uniquement du chambrage, et j’y ai participé (rires), mais sans jamais s’invectiver ou se taper dessus. S’il n’y a pas de derby avant plusieurs années, les uns, les autres vont faire en sorte qu’on puisse le rejouer.

Le XV de France et la Coupe du monde

L’annulation du Crunch samedi dernier face à l’Angleterre, c’est à regretter ?

C’est dommage oui, mais il faut d’abord respecter les victimes de ce typhon. La décision n’a pas été prise à la légère, avec les risques qu’il y avait. Mais surtout, je me pose la question de savoir si cette compétition est faussée ou non ? On aurait peut-être pu décaler ce match de quelques jours, avant ou après [...] Il y a aussi des gens qui ont économisé des mois, des années pour faire le voyage jusqu’au Japon, et il n’y a pas de match. Alors on peut très bien comprendre, parce que c’est vrai qu’on ne va pas exposer les spectateurs à un typhon. Mais des questions se posent sur l’organisation. Malgré tout, je suis heureux que la compétition se déroule au Japon, d’autant plus que l’équipe nationale est en train de démontrer quelque chose d’exceptionnel.

Le poste de seconde ligne est le plus en danger

Cette équipe de France, vous en pensez quoi ?

C’est très difficile d’avoir une vision tranchée. Il faut reprendre le rugby à sa base. Pour qu’on ai une équipe de France forte à l’avenir, il faut qu’on recommence l’éducation, qu’on redonne confiance aux parents, qu’on éduque les enfants différemment [...] On va forcément dire qu’il y a trop d’étrangers dans le Top 14 et la Pro D2. Mais le rugby n’a pas les armes pour se battre contre les lois et la politique. Même la règle des JIFF a finalement été contournée. On a fait venir des étrangers, plus jeunes qu’avant, dans les écoles de rugby pour les former et qu’ils soient JIFF, et ça se termine avec des Fidjiens en équipe de France, même dans les clubs. Et le danger arrive aussi dans le monde amateur.

Quel avenir pour le XV de France ?

On a une nouvelle et bonne génération qui arrive. Il suffit de trouver la bonne identité, la bonne formule. Après, on a beau avoir des joueurs intéressants, le futur sera compliqué sur certains postes. Le poste de seconde ligne est le plus en danger pour moi. Quand on compare avec les autres grandes nations du rugby, en France à mon sens, on est en retard.

Les élections à la FFR

Vous avez décidé, malgré votre accident cardiaque en 2018 de repartir en campagne, aux côtés de Florian Grill, qui mène la liste concurrente à celle de Bernard Laporte, l'actuel président. Vous n'avez pas hésité ?

Non. Quand je me suis retrouvé à l’hôpital, je me suis rendu compte que je n’avais plus ce feu sacré qui m’accompagnait jusque là. Être leader, ça demande un drôle de boulot : il faut répondre à tout, être présent partout, avoir les idées claires. Je préfère être en retrait. Je vais pousser, en deuxième ligne, mon gabarit me le permet maintenant (rires). Je pourrais pourtant m’en passer, faire autre chose, mais je ne peux pas m’empêcher d’aimer le rugby. Et puis j’ai toujours été élevé avec “la mamelle du bénévolat”. J’ai toujours eu des gens autour de moi qui étaient bénévoles, qui ont sacrifié leur vie pour des gosses, et pouvoir rendre service à des gens qui pratiquent ce sport, je pense que c’est la plus belle des récompenses pour moi quand il y a des résultats.

Comment vous jugez ces trois ans “d’ère Bernard Laporte” à la FFR ?

Pas forcément en faveur du rugby. Beaucoup de choses n’ont pas été intéressantes, même si je ne vais pas énumérer tout ce qui ne va pas. Mais la perte de licenciés en est le symbole. Quand vous promettez un pays nouveau avec des avantages exceptionnels, il faut tenir sa parole. J’espère qu’il n’y aura pas d’autre blessé, d’autres accident grave mais il faut redistribuer certaines cartes et c’est là où le bât blesse. 

Il faut de la proximité pour le monde amateur

Quel est votre message dans ces élections ?

Il faut éduquer les jeunes, intéresser les parents. Je pense que dans le côté amateur, on n’a pas besoin d’aller chercher la performance. Il permet de vivre des expériences exceptionnelles, des aventures, de partager et savourer des moments uniques… cela devrait être uniquement ça. Il faut avoir de la proximité, et nous n’en avons plus et je parle des treize ligues qui ont été mises en place. Certes, l’Etat a voulu faire ça mais on n’était pas obligé de tuer tous les comités territoriaux. On se retrouve aujourd’hui dans une situation où l’on manque de bénévole, où les gens ne se reconnaissent pas. Quand il faut aller porter une réclamation, c’est à 400 kilomètres [...] Il n’y a aucun moyen moderne. Il faut de la proximité. 

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