Rugby

Stade Français: du rire...aux larmes

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris Région dimanche 13 avril 2014 à 1:46

La terrible désillusion de Jérôme Fillol
La terrible désillusion de Jérôme Fillol © stade.fr

De l'espoir, on est passé au désespoir. Les rires de début de saison ont laissé place aux larmes et aux regrets éternels de certains. Sauf miracle, le Stade Français ne jouera pas les phases finales cette année et pour la cinquième fois d'affilée. La faute à une nouvelle défaite contre Bayonne, 24 à 19. Paris est aujourd'hui cloué à la huitième place du Top 14.

Certains ont eu beau avertir à plusieurs reprises au cours de la saison, on n'y croyait guère ou on n'avait pas envie de les croire. On pensait surtout le Stade Français à l'abri cette année d'une nouvelle désillusion, après tant d'années de galères. Force est de constater que l'on s'est trompé. Sauf miracle, on l'a dit, Paris ne disputera pas les phases finales en 2014. Comme en 2010, 2011, 2012 et 2013. Alors que tout semblait leur sourire après les défaites de Castres et Bordeaux-Bègles, les Stadistes se sont inclinés à Anoeta, devant de valeureux Bayonnais, 24 à 19.

Trop d'inscipline et des consignes pas respectées

Une défaite pour un match qui, sans insulter les Bayonnais, était largement à la portée des Parisiens. Mais encore aurait-il fallu qu'ils se libèrent, qu'ils jouent comme ils l'ont fait les trois-quarts de la saison avec ce brin de folie et de créativité. Des joueurs qui, selon l'entraîneur adjoint Jeff Dubois, n'ont pas non plus respecté les consignes donnnées à la mi-temps.

Stade Français/Jeff Dubois

Pour Antoine Burban, c'est surtout l'indiscipline qui a coûté très cher aux Stadistes; les 24 points inscrits par Bayonne l'ont été sur des pénalités avec en plus le premier 100% de la saison de Martin Bustos Moyano, rentré très tôt (8e) dans la partie pour remplacer Saimoni Vaka, blessé au bras.

Stade Français/Antoine Burban

La suite? Mathématiquement, c'est possible

Une réussite au pied des Bayonnais combinée à des Parisiens en-deça de leur vrai niveau (exception faite de la mêlée où bizarrement Alexandre Ruiz a multiplié les sanctions contre Bayonne mais sans délivrer de carton jaune) et voilà comment Paris en trois matches perd quasiment tout espoir de jouer les phases finales. Quasiment car mathématiquement, avec encore deux matches à jouer, tout est possible. Les Parisiens sont huitièmes, à trois points du Top 6. Sauf que, honnêtement, samedi soir, à la sortie des vestiaires, joueurs et entraîneurs avaient bien du mal à s'en convaincre eux-mêmes. Et à nous convaincre. A l'image du demi de mêlée Jérôme Fillol qui soulignait aussi un surplus d'envie des Ciel et Blanc sur certaines actions.

Stade Français/Jérôme Fillol

A mon grand âge, il ne reste pas beaucoup de chances de jouer des phases finales.

Jérôme Fillol qui a fondu en larmes à la fin du match. A 36 ans, le joueur dispute peut-être ses toutes dernières minutes de rugbyman professionnel, lui qui espérait tant pouvoir finir sur une bonne note, après avoir mangé son pain noir comme les anciens du club. Alors, restera-t-il pour tenter à nouveau sa chance ou va-t-il raccrocher sur cette désillusion? Si la dernière option est choisie, ce serait en tout cas triste à en pleurer.

Jérôme Fillol en plein doute

Une certitude: le joueur et l'homme méritent une toute autre sortie que cette défaite subie contre Bayonne. Reste deux matches au Stade Français pour tenter l'impossible ou au à défaut, sortir la tête haute et redonner un sourire à ceux qui quitteront le club en fin de saison (on pense aussi à David Attoub). Pour y arriver, l'association de supporters du Virage des Dieux a déjà appelé à la mobilisation générale, samedi prochain, pour le dernier match à Jean-Bouin, face à Bordeaux-Bègles, concurrent de fortune pour une éventuelle 7e place qualificative pour la Grande Coupe d'Europe la saison prochaine. A croire aussi que les équipes joueuses ne sont pas récompensées: inquiétant pour l'avenir du rugby.

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