Rugby

Stade Français | ITW Laurent Panis : parfois, on se dit "pince-moi, je rêve"

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris Région vendredi 22 janvier 2016 à 1:37 Mis à jour le vendredi 22 janvier 2016 à 10:43

Laurent Panis, l'un des jeunes joueurs qui montent au Stade Français
Laurent Panis, l'un des jeunes joueurs qui montent au Stade Français - ©stade.fr/photo Stéphane Hamel

Samedi dernier, à Thomond Park, il a tenu seul la baraque au talon. A 22 ans, Laurent Panis est l'un des jeunes qui montent au Stade Français, guidé, comme il le dit, par "son grand frère" Laurent Sempéré. Rencontre avec un vrai titi parisien qui a "l'amour du maillot" chevillé au corps.

Laurent Panis, 22 ans, vrai titi parisien né à Paris. Première participation à Stade Français & Co, sur France Bleu 107.1. Et on ne va pas se mentir, Laurent Panis, on l'avait vu apparaître la saison passée le temps d'un éclair, d'une blessure, on l'a mieux vu cette saison, un peu en Top 14 (34 minutes), beaucoup plus en Champions Cup avec notamment 80 minutes dan l'antre de Thomond Park, mais voir ne veut pas dire connaître un joueur. Et pour une première rencontre, on n'a encore une fois pas été déçu : rencontre avec un gamin de 22 ans déjà posé, déterminé mais aussi plein de fraîcheur. Ce qui nous a étonnés surtout, dans une période où l'on ne cesse de pointer du doigt les aspects négatifs du professionnalisme, c'est "son amour du maillot" -une expression qui reviendra souvent au cours de notre entretien-, son amour pour SON club et son regard quand il vous raconte jouer et s'entraîner au côté d'anciens comme Pascal Papé ou Sergio Parisse, ces mêmes joueurs qui l'ont fait rêver quand il était enfant.

J'essaie de ne pas trop me prendre la tête"

La chance de jouer avec les pros?_ "J'essaie de ne pas trop me prendre la tête alors qu'il y a des moments, je fais un peu ma tête de mule. L'un de mes défauts est parfois de trop baisser la tête parce que si je râte quelque chose, je m'en veux énormément. Surtout vis-à-vis de l'équipe. Certes, c'est une chance qu'on me donne mais je ne veux pas non plus les pénaliser." (...) Parfois, je suis un peu trop dans l'auto-flagellation" explique le jeune talonneur parisien, avant d'ajouter "_jouer avec les Pros, au Stade Français, cela représente beaucoup pour moi. Je n'ai toujours qu'ici, je n'ai toujours porté que ce maillot. C'est juste énorme chaque année de voir qu'on est toujours là."

Les débuts dans le rugby d'un Parisien. "C'est venu de mes parents. Ma mère voulait qu'on bouge, qu'on ne reste pas dans l'appartement, on a testé plein de sports avec ma soeur, j'ai longtemps fait du judo, de la natation. Et quand j'étais en vacances d'été, mon père m'a inscrit au Stade Français. Je suis rentré, il me l'a dit "tu es inscrit", j'ai dit OK et cela s'est bien passé. J'ai tout de suite accroché, adhéré à l'ambiance, on ne se prenait pas la tête."

Je ne voulais pas être derrière mon poste de télévision et me dire j'aurais pu y être

Ramasseur de balles au Stade de France. "quand j'étais petit, je faisais souvent ramasseur de balles pour le Stade, notamment au Stade de France. Il y avait vraiment une ambiance incroyable et quand on rentrait, même ramasseur de balles, l'ambiance, cela faisait vraiment quelque chose, on avait des frissons. Et j'avais vraiment envie de ressentir ce que pouvaient  vivre les joueurs, l'ambiance d'un match (...) je ne voulais pas être derrière mon poste de télévision et me dire "j'aurais pu y être". 

On se dit "pince-moi, je rêve, ce n'est pas possible". Il y aura toujours de l'admiration

Laurent Sempéré. "Je suis surtout aidé par Laurent Sempéré. Il m'a vraiment pris sous son aile. Je le prends un peu comme "un grand-frère". Il m'apprend vraiment beaucoup de choses et cela, je lui en serai toujours reconnaissant car ce n'est pas facile quand on est jeune. J'ai beaucoup de respect envers les anciens joueurs et par timidité, j'y vais plutôt à reculons. Il m'a beaucoup aidé là-dessus (..) Cela reste  quand même bizarre, c'est limite on se dit "pince-moi, je rêve, ce n'est pas possible". Quand on se retrouve à l'entraînement à côté d'eux, cela fait vraiment bizarre. Limite, à des moments, on dit stop, on fait arrêt sur image et on se dit "je m'entraîne quand même avec des joueurs comme cela. C'est exceptionnel". Il y aura toujours de l'admiration, on joue avec des joueurs qui nous ont fait rêver".

"On ne peut pas faillir pour eux, pour ce maillot"

L'amour du maillot? 'Il y a de moins en moins de jeunes issus de la formation des clubs malheureusement. On a l'opportunité, nous, au Stade Français, d'être nombreux à pouvoir jouer avec les pros. C'est tout bénef d'être ici. C'est juste énorme pour nous de pouvoir accéder à ce genre de matches (...) "Quand on a une équipe de coeur, on ne change pas. Comme pour les supporters. Déjà, on ne peut pas faillir pour eux et pour ce maillot. Il y a tellement de personnes qui lui sont restées fidèles même dans les moments difficiles, c'est là qu'on voit si on aime vraiment cette équipe." 

Les supporters? l y en a certains qui font tous les déplacements professionnels, cela fait de sacrés frais. Il y en a même qui font les déplacements pour les Espoirs. On ne pourra jamais leur en être assez reconnaissants. Tout ce temps qu'ils prennent et toujours avec le sourire. On ne peut pas après, nous sur le terrain , faillir ou faire n'importe quoi. On doit leur rendre".

Rencontre avec Laurent Panis, invité de France Bleu 107.1

Les autres infos avant la 6e et dernière journée de Champions Cup :

-Une semaine compliquée pour se préparer... Terrain gelé, froid glacial, le Stade Français a dû se rabattre sur la porte d'Auteuil pour s'entraîner ce mardi avec une séance sur synthétique, pas le top pour plusieurs joueurs qui étaient en phase de reprise comme Antoine Burban, Alexandre Flanquart ou encore Aled de Malmanche. Ce jeudi, la séance prévue au Saut du Loup a dû être annulée. 

-...mais tout reste possible pour Paris. Le Stade Français peut encore rallier les quarts de finale de la Champions Cup en terminant parmi les trois meilleurs deuxièmes des phases de poule.  Avant la dernière journée, le Stade compte 14 points et occupe la 7e place du classement, devant Clermont, Northampton et l'Ulster.

-Laurent Sempéré de retour. "Je vais bien, merci", réponse du talonneur parisien, victime d'un retournement dangereux de la part du deuxième ligne du Munster Mark Chilsholm, le 9 janvier dernier. Il pourra tenir sa place dimanche face à Leicester.

-Tous à Jean-Bouin. Plusieurs joueurs ont appelé à la mobilisation pour ce match décisif de Coupe d'Europe. Pour le moment, entre 14.000 et 15.000 spectateurs sont attendus. Il reste des places pour assister à la rencontre à partir de 13 euros.

-Sylvain Nicolas a prolongé. Comme France Bleu 107.1 vous l'annonçait il y a quinze jours, le troisième ligne Sylvain Nicolas sera encore parisien la saison prochaine. Il vient de signer un contrat de deux années supplémentaires.

-Un match à vivre aussi sur France Bleu 107.1. Stade Français/Leicester, comme toutes les rencontres des Parisiens cette saison, est à vivre en direct et en intégralité sur France Bleu 107.1, dimanche, à partir de 14 heures.