Rugby

Stade Français | Julien Dupuy : "c'est important d'avoir aussi des joueurs de caractère".

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris Région jeudi 15 octobre 2015 à 21:00 Mis à jour le vendredi 16 octobre 2015 à 2:22

Julien Dupuy, indéboulonnable demi de mêlée du Stade Français Paris
Julien Dupuy, indéboulonnable demi de mêlée du Stade Français Paris © Radio France

Invité de Stade Français & Co ce jeudi, sur France Bleu 107.1, un joueur qui, à bientôt 32 ans, a mûri comme il le dit en souriant mais qui a aussi conservé tout son franc-parler. Une franchise voire un côté râleur dont le club de rugby parisien a fortement besoin aujourd'hui pour se relancer.

Il est l'une des pierres angulaires du Stade Français Paris. Depuis son arrivée au club, en 2009, il prend de plus en plus d'importance dans une équipe avec laquelle il a tout connu : la galère, les années noires, les tensions, le renouveau et enfin le titre de champion, lui qui a toujours gagné dans les clubs par lesquels il était passé. Stade Français and Co recevait ce jeudi le demi de mêlée parisien Julien Dupuy. Un joueur aussi attachant que talentueux, qui, à bientôt 32 ans, n'a sans doute pas eu la carrière qu'il méritait. Extraits. 

"En trois mois, on est passé des plus beaux, des plus forts, aux plus mauvais"

*La difficile reprise du club? __ _**"Pour y avoir réfléchi, je pense que l'on s'est tous dit que ça allait être compliqué et on a laissé les choses se faire comme il nous manquait du monde. Mais si on s'attend à ce que cela se fasse d'un claquement de doigt, on va se tromper. Il faut vraiment prendre conscience que le championnat est dur et se remettre la tête à l'endroit tout de suite. On sait très bien qu'on n'est pas à la place où on voudrait être, pas au niveau où l'on devrait être". _*

Les critiques? **"Il faut laisser les gens parler. Moi, cela ne me touche pas. Ce n'est pas important. Il y a toujours des donneurs de leçons. En trois mois, on est passé des plus beaux, des plus forts, aux plus mauvais." 

"C'était important pour moi de gagner quelque chose avec ce club. C'était une forme de libération"

Le titre?  "_J'avais déjà connu cela mais il m'a apporté une forme de libération. Quand le Stade Français a été champion, c'était toujours avec de grands demi de mêlée, Fillol, Pichot, Laussucq. Alors, je ne me compare pas à eux mais ça fait du bien. Les gens comparent toujours avec ce qu'il y a eu avant alors...C'était important pour moi de gagner quelque chose avec ce club_."**

Le capitanat? "_J'en avais parlé avec Gonza mais je pense que c'est à d'autres de prendre le relais. Moi, je suis demi de mêlée, je parle déjà beaucoup. Et il nous reste deux-trois années et c'est à d'autres de prendre le relais pour quand on ne sera plus là. Après quand j'ai quelque chose à dire, je continuerai à le dire. Etre un leader, ce n'est pas juste sur le papier. On en a parlé avec Sergio et Pascal, il faut que les autres passent devant**. J'espère que cela va se faire en douceur_".**

La suite? "Franchement, c'est en cours et en bonne voie. Encore envie de jouer. On s'entend bien. Mais je ne veux pas tricher avec le club, ce sera des contrats courts. Pour moi, cela a toujours été une passion. Je me dis qu'il faut profiter de ces moments-là car ça s'arrête vite**."

Entraîneur ? J'ai déjà deux-trois idées de ce que je veux faire

*Futur entraîneur? ___"Cela se passe plutôt bien. J'ai deux-trois idées de ce que je veux faire. J'ai lu qu'avant de passer entraîneur, il fallait échanger, discuter avec des anciens entraîneurs de leur philosophie donc c'est ce que je commence à faire. Le côté humain, c'est le plus important. J*'ai toujours pensé qu'un groupe qui vivait bien ensemble était capable de faire de grandes choses. C'est le plus dur à mettre en place. Moi ce que je veux, c'est être sur le terrain, clairement_."

La France ne sera pas championne du monde en jouant au rugby. On le sait

La France à la Coupe du monde de rugby? "Le message est clair : l'équipe de France ne sera pas championne du monde en jouant au rugby. Voilà. Elle s'appuie sur une grosse défense, une belle conquête, un Fred Michalak au top et après sur la puissance de ses joueurs. Donc à un moment donné, la critique, il faut la cesser puisque la France ne gagnera pas en jouant, on le sait. Il faut maintenant aider l'équipe de France et la supporter puisque je ne vois pas pourquoi Philippe Saint-André changerait son fusil d'épaule en pleine Coupe du monde."

Après, je ne sais pas si je m'y serais amusé dans cette équipe de France...

L'équipe de France? "Le sélectionneur a pris trois demis de mêlée et...je pense ne pas être trop bête et donc depuis un petit moment, j'avais compris donc voilà. C'est passé en fait, je n'ai pas eu de problèmes par rapport à cela. Vraiment pas. Je ne suis pas aigri par rapport à eux. Et puis, il y a plein de choses qui entrent en compte. Je sais que j'ai un caractère pas facile et dans un groupe, peut-être que cela peut effrayer. Les demis de mêlée qui y sont en plus sont très bons, il n'y a pas de souci donc. Et puis, je ne sais pas si je m'y serais amusé dans cette équipe de France..."

Je ferai tout pour être champion d'Europe, cela c'est certain

Son caractère? "Il y a des entraîneurs qui disaient que j'étais casse-couille. Aujourd'hui, je ne me suis jamais aussi bien entendu avec mon manager, Gonzalo Quesada. Gonzalo a su gérer cela. Je pense que c'est important aussi d'avoir des gens de caractère. C'est important pour les phases finales; On ne peut pas se passer de joueurs à fort caractère".**

Ses ambitions? "Que l'on continue à prendre du plaisir, que le club continue de grandir. Il y a de très belles choses qui se mettent en place dans toute l'association. Et puis, c'est certain, je ferai tout pour être champion d'Europe".

Retrouvez l'intégralité de notre interview avec Julien Dupuy, ce jeudi dans Stade Français & Co.**

L'intégralité de notre entretien avec Julien Dupuy au micro de France Bleu 107.1